LE COQ DES BRUYERES vendredi 30 juin

 

Anthony n’aime pas les gens


Il y a près de 13 semaines un journal que je ne nommerai pas m’a demandé d’écrire une chronique hebdomadaire intitulée Les jeudis d’Anthony. Ces chroniques m’ont valu plusieurs insultes de lecteurs mécontents. Les insultes écrites par des braves gens trop pressés pour signer se résumaient souvent à : « Sale Pédé de gauchiste de merde crève ! » ou « T’as pas de couille, t’es pas digne d’être Corse ». Si ce genre de message m’a souvent fait sourire, il n’empêche que ça m’a fait réfléchir sur la hiérarchie sexuelle dans l’inconscient de certains de mes contemporains.

Tout d’abord l’homosexualité. On entend souvent « pédé » comme une espèce d’adjectif pour désigner un manque de consistance, de force, de virilité… par exemple : « Ca, c’est un livre de pédé ! Il est bon ce pinard, ça c’est pas un vin de pédé ! T’as vu ce match de pédé ? » Etre un pédé ce serai donc se soumettre, ne pas être à la hauteur ou tout simplement se faire dominer. Pour ces gens qui parle de « pédé », la pénétration est une agression et non un partage. Quand un homme « baise une salope » il l’a domine, il lui impose sa puissance et surtout sa virilité. L’homme est donc naturellement sadique et la « chienne, pétasse, pute… » logiquement masochiste. L’homosexualité passe alors pour un rabaissement de la condition du « mâle dominant » car il se fait « enfiler » comme une femme ce qui est inacceptable et honteux pour ces hétéros de caniveau !
Ah, l’Homme ! Ce maître du monde, ce fils de Dieu dont la femme n’est crée qu’à partir d’une de ses côtelettes. Il est donc évident que l’homme qui se rabaisse à se faire pénétrer comme une vulgaire « pouffiasse » mérite les foudres de ces fiers mecs qui ont des « grosses couilles » !
L’homophobe n’est pas seulement le type qui veut agresser physiquement le « pédé » c’est aussi celui qui voit dans la sexualité une manière d’établir un pouvoir. Le type qui a « des couilles » n’aime ni les « pédés » ni les femmes car elles subissent le même traitement à savoir l’humiliation du « pénis tout puissant ».
Pour nos braves mecs avec des « grosses couilles », les testicules sont le symbole de cette virilité. Puisque les femmes n’ont pas de couilles c’est naturel qu’elles soient sous notre emprise, tandis qu’un homme qui a reçu « l’honneur » de porter des burnes ne peut se mettre dans la position d’une femelle.

Les couilles, c’est justement ce que l’on reproche aux hommes qui manquent à leurs devoirs. Par exemple, un homme qui n’a pas de couille ne peut être respecté car il manque de courage ou de volonté. Le ridicule de ces hommes avec des « couilles » c’est qu’ils dotent même les objets des petites baballes qu’ils ont entre les cuisses. Un exemple strictement au hasard, mais vraiment au hasard, un journal comme Charlie Hebdo peut ne pas avoir de couilles et c’est horrible pour un journal de ne pas « avoir de belles grosses couilles qui pendouillent ».

Les pauvres femmes qui doivent constater avec amertume qu’elles ne possèdent pas cet attribut viril entre leurs jambes ne peuvent que se résigner à être traitées comme des « sous-hommes ». Pauvres femmes incapables de faire un concours de branlettes ou de jouer à celui qui pisse le plus loin et à celui qui a « la » plus grosse ! Elles doivent être frustrées. Pour un homme viril les femmes sont des eunuques !


 
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