LE COQ DES BRUYERES jeudi 29 juin

Les jeudis d’Anthony


Hexagone

Après Clearstream, EADS refait la une des gros titres de la presse nationale. Une seule question me traverse l’esprit : pourquoi tant de scepticisme ? Douter de l’honnête Arnaud Lagardère, ce n’est vraiment pas gentil ! Il est là le défaut des gauchistes, ils voient le mal partout. Pourquoi ne pas croire comme d’autres croient en la sainte bible que Messieurs Lagardère et Forgeard à la tête d’EADS ne savaient pas ce qu’il se passait dans leurs usines ? Tout avait si bien commencé avec Airbus, la fierté de notre président, qui avait raflé de très jolies commandes… mais vous savez ce que c’est, on dit je vous livre le bel avion dans l’après-midi et puis en définitive on livre l’oiseau l’année d’après.
EADS avait annoncé le 8 mars 2006 que son A380 aurait à peine six mois de retard sur la date prévu (été 2005) puis après que Forgerard et ses trois enfant aient vendu presque au double du prix d’achat leurs stock-options (mi-mars), Forgerard annonce le 13 juin que l’Airbus sera livré avec un an de retard. Les actions d’EADS chutes de 27 % le jour même et on accuse Forgerard d’avoir menti aux actionnaires et d’être coupable de délit d’initié ! Oui, je sais, vous vous dîtes que peut-être ils ne savaient rien, qu’ils n’ont pas fait exprès et que de toute manière Monsieur Lagardère dont le groupe Lagardère est le principal groupe de presse français ne peut dire de vilains mensonges ! Je vous comprends.
Monsieur Lagardère, que Dieu le bénisse, a déclaré : « j’ai fait le choix entre passé pour quelqu’un de malhonnête ou pour un incompétent qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. J’assume cette deuxième version. » Le boss qui dirige, entre autre, Europe 1, le Monde, le Parisien, la Tribune… serait un incompétent ! Il y a beaucoup mieux comme scoop, non ?

Chirac redonne sa confiance au grand Galouzeau de Villepin. Chirac est finalement un mec exceptionnel, un président grandiose ! Rendez-vous compte, il passe à la télé pour dire que tout va bien, que les français sont heureux, qu’il faut écouter les députés qui représentent selon lui : « la sagesse de l’opinion » ; Ces mêmes députés qui veulent virer (en très grande majorité) Villepin, mais Chirac ne se démonte pas et conclue qu’il félicite le premier ministre qui a « assuré avec succès » son rôle ! Si le rôle de Villepin était de ridiculiser la classe politique qui n’avait vraiment pas besoin de lui, de faire monter les extrêmes et donner une légitimité à Sarkozy –Nicolas se retrouve être le seul crédible à droite- alors, je me joints à notre président pour féliciter le bon soldat Galouzeau.

Sans frontière

« En prendre un pour taper sur l’autre », cette expression va comme un gant au conflit du proche orient. Elle paraît toujours très proche, on se dit qu’on voit la fin des hostilités et puis inlassablement, les israéliens et les palestiniens se foutent sur la gueule. On assiste aux questions de savoir qui a commencé ? Qui c’est le méchant ? Vous avez fait un attentat ? Alors on vous bombarde. Vous nous avez bombardé ? Alors on va vous faire un attentat… c’est sans fin ! Mais le conflit a des supporters, il passionne, il fait survire les guerres intestines de la presse internationale et il faut avouer qu’en cette période de coupe du monde compter les points est sport à part entière.

Médias

La presse est-elle libre ? C’est une question qu’il faut sans cesse avoir à l’esprit lorsqu’on lit un journal. Lagardère (le Monde), Rothschild (Libération), Dassault (le Figaro) sont-ils à leur place à la tête des trois grands quotidiens français ? Si vous interrogez ces trois fils à papa et grand-papa, ils vous assureront de l’intégrité du journal et que c’est les insulter que de mettre en doute leur droiture !
Exemple de transparence et de respect du journalisme : François Pinault. L’histoire est belle comme un parfum de luxe. Le Nouvel Observateur dans un article du 13 avril intitulé : « Parfum de crise chez Saint Laurent » évoquait le malaise sociale au sein de l’entreprise dirigée par Chantal Roos. Yves Saint Laurent, il faut le préciser, est une filiale de Gucci qui appartient à Pinault. L’article n’a pas enchanté la Chantal que l’Obs comparé à une : « diva fantasque et excentrique » ; Résultat, Pinault annule plusieurs publicités qui devaient paraître dans l’hebdo qui par conséquent se trouve avec une perte de 300 000 euros. L’article ne visait même pas Pinault mais la directrice d’une de ses filiales et pour punir les vilains journalistes, on attaque le portefeuille. Les journaux sont aux mains des requins de la finance et avec la crise que subit la presse écrite, la liberté et l’indépendance des journalistes s’amincissent dangereusement ! Donc, pour soutenir la liberté de la presse achetez le Canard enchaîné et Charlie Hebdo, journaux sans publicité et 3.20 par semaine ce n’est pas grand-chose et puis c’est tellement utile.

Culture

Se balader un mercredi après-midi dans Aix-en-Provence au mois de juin est un plaisir et ce n’est ni mon ami le socialiste Patrick Font ni le surfeur des sécrétions vaginales Denis Zavarise qui vous diront le contraire. Ce mercredi 28 juin en plus de mes flâneries habituelles, je suis allé voir le dernier film de Terry Gilliam « Tideland ». Voici un petit résumé de cette histoire qui se déroule en plein automne au Canada :

La petite Jeliza Rose, fillette de 11 ans, part après le décès de sa mère en compagnie de son paternel, un junkie interprété par Jeff Bridges, dans la maison de sa grand-mère. La vie de Jeliza Rose est loin d’être de tout repos, c’est elle qui prépare les seringues du papa qui lui dit « je pars en vacance » à chaque piqûre. La fillette a pour meilleure amie une tête de poupée Barbie qu’elle appelle Mystique et elle la place tout le temps sur son index avant de partir dans des aventures qui la rendront heureuse ou qui la terroriseront.

C’est la seconde fois que Gilliam donne le rôle principal à un enfant. La première fois c’était dans Time bandits qui racontait l’histoire d’un petit garçon qui voyageait à travers le temps avec pour compagnons des nains qui voulaient devenir riches en pillant les grands noms de l’histoire.
Tideland est une fable noire, c’est Alice aux pays des merveilles qui survit à l’enfer que par son imagination. L’imaginaire c’est notre porte de secours semble vouloir nous dire Gilliam dans ce chef d’œuvre qui dérange et qui bouscule les tabous. Car la petite Jeliza Rose tombe amoureuse d’un handicapé mental qu’elle embrasse, elle voit mourir son père sans comprendre qu’il est mort et s’endort dans ses bras… et je ne vous dis pas tout pour ne pas gâcher votre plaisir !
Ce film montre merveilleusement tous les aspects de l’enfance : l’innocence, la cruauté, la curiosité et surtout l’amoralité ! Car l’enfance n’est pas immorale, elle ne connaît que les limites instinctives (la peur, la joie, la faim…). Le spectateur se retrouve dans la peau d’une gamine perdu et seule et il s’angoisse pour elle à chacune de ses virées.
Gilliam filme les scènes en inclinant la caméra de quelques degrés ce qui nous donne l’impression que la vie de Jeliza Rose peut basculer d’un moment à l’autre dans le sordide ou dans l’horreur. Gilliam a une nouvelle fois réalisé un film pour enfant qui leur sera interdit. Mais bon, est-ce le genre de film que veulent voir les enfants ? Il serait plus juste de dire que Gilliam a réalisé un film pour adulte dont le personnage principal est un enfant.

Si vous voulez vivre deux heures de poésie cinématographique, allez voir se film qui n’est finalement et c’est déjà beaucoup, qu’un chant d’amour à l’imagination, à la rêverie, à la féerie ou tout simplement à l’Art avec le « A » majuscule qui fait défaut à la soupe dont on nous gave généralement.
Je dois préciser que la toute jeune actrice Jodelle Farland est époustouflante ! Espérons que de nombreuses actrices, comme au hasard Mathilde S. héroïne du navet Camping, en voyant ce film arrêteront le cinéma en réalisant que le seul rôle où elles peuvent briller est celui d’une chèvre morte.

Sport

« Les français doivent sans réserve soutenir l’équipe qui les représente », ces mots de notre président ne font que me conforter dans mon dégoût de l’équipe de France. A bien y réfléchir, je me fiche du sport ; d’ailleurs le jour de la victoire de la coupe du monde en 1998, j’ai passé la soirée puis la nuit avec une très jolie Tahitienne sans me soutier de l’équipe qui « me représentait ». Ce qui me fait horreur, ce n’est pas le sport mais l’humeur patriotique qui suit la victoire. Je le répète donc, l’équipe de France me fait chier et j’espère qu’elle perdra le plus tôt possible et même qu’elle perdra en se prenant en 5 à 0 qui humiliera tous les fervents supporters de cette équipe de merde !



 
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