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LE COQ DES BRUYERES mercredi 28 juin
DRAGUER SUR LA PLAGE, UNE UTOPIE ?
On dit souvent qu’au retrour des vacances estivales, quand refleurissent les maillots de bains suggérant de folles conquêtes sous les pins des dunes, l’homme, c’est-à-dire le Français, consacre le plus clair de ses après-midi à emballer la gueuse.
Sympathique distraction, bien dans le droit-fil de la réputation du Français, c’est-à-dire de l’homme, qui est, comme on le dit partout sauf à l’étranger, un étalon de première bourre.
Je veux bien le croire, étant français moi aussi, et par conséquent voué à séduire la baigneuse dès que pointent les chauds rayons de Phoebus sur nos plages surbondées.
Or, il y a un hic…
Premièrement, aussi loin que remontent mes souvenirs de vacances, je n’ai jamais été foutu de provoquer le moindre cillement d’œil chez les naïades exposées sur le sable. J’avais beau passer et repasser devant elles, un peu comme Aldo Maccione mais en moins drôle, aucune ne me suivait du regard en tirant la langue et en humectant le sable à la hauteur de son sexe indifférent au mien. Echec total, et pourtant je suis pas mal foutu, bien des garagistes vous le diront, je m’entretiens chaque jour afin de conserver quelque allure propice à affamer les salopes, eh ben nibe !
Deuxièmement, je n’ai pas constaté chez les autres mâles ce succès dont on parle tant au bar de la plage, et qui se résume à ceci : « Celle-là, c’est comme si c’était fait ! »
Vu que le lendemain, alors que je posai la question au séducteur-né, j’obtenais une réponse évasive, teintée d’amertume.
Et j’en ai déduit que c’est la raison pour laquelle les hommes, les vrais, les Français, viennent en vacances avec leurs épouses. Là au moins, c’est comme si c’était fait, puisque c’est déjà fait. Non mais vous pensez bien que si la perspective de la plage nous autorisait à espérer des conquêtes faciles, pas une famille ne viendrait se baigner sur nos côtes !
Draguer sur la plage, une utopie, oui. Mais qu’ya-t-il de plus beau que l’utopie, qui nous évite les pensions alimentaires ?
Quelle économie !
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