Anthony : illusions, désillusions et mauvaise foi
Hexagone
Nous allons fêter le 9 décembre prochain les 101 ans de la séparation de l’église et de l’Etat. C’est pas beau un tel événement ? le 9 décembre mériterait d’être un beau jour férié ! Imaginer les couples, ou les trios pour les veinards, se demander ce qu’ils vont faire pour le week-end de la laïcité… ce serait une manière de préparer les cadeaux pour Noël et de décider de ce qu’on va faire pour le réveillon… et les gens, même involontairement, se rappelleraient de cette date et de cet évènement qu’ils ont tendance à oublier ; parce que la laïcité, c’est pas une petite merde anodine comme le 15 août, même si ça fait toujours plaisir de ne pas bosser quelque soit la raison, la laïcité c’est le passage de la France dans la modernité, dans le XXème siècle avec tous les espoirs de liberté que ce siècle promettait. Chacun fête le 9 décembre comme il peut, il y a ceux qui savent même pas que si les femmes peuvent griller une cigarette, coucher avec qui elles veulent et vivre une vie épanouie sans ce faire traiter de putain et faire pénitence, c’est parce entre autre le 9/12 à eu lieu.
Mais la plus jolie des manières de saluer le 9/12, c’est dans un trou perdu de la Bretagne que ça se passe. Le maire d’un patelin nommé Plöermel, pour fêter la loi laïque va faire dresser sur la place publique de son village un statue de… Jaurès ? Non. Briand ? Non. Combes ? Non plus. Alors vous ne trouvez pas ? c’est facile et c’est logique ! Jean Paul II voyons ! Comment ça c’est pas logique, vous alors, vous êtes vraiment terre-à-terre. Donc le maire du trou du cul de la Bretagne, qui n’est autre qu’un proche de Chirac, Paul Anselin, va rendre hommage à : « un homme d'ouverture, un géant du XXe siècle » cette statue offerte par un sculpteur Russe proche de Poutine, Zurab Tsereteli, est un monumental ensemble de neuf mètres de haut représentant Jean Paul II sous une arche surmontée d'une croix ; le cadeau du sculpteur est certes gratuit, mais il va générer quelques modestes frais, comme le socle en béton recouvert de granit qui attend le monument et qui coûtera la ridicule somme de 100 000 euros. Comment ça vous trouvez ça choquant ! Pourquoi ? Jean-Paul II n’était-il pas un « homme d’ouverture » ? Bien sûr que oui, c’était un homme d’ouverture, il a d’ailleurs permis en prenant position contre les moyens de contraception à ce que le Sida s’ouvre au plus grand nombre, si ça c’est pas de l’ouverture.
Sans frontière
Au Pakistan, les cas de viol et d'adultère étaient jugés selon les lois « islamiques » Hudood. Imposées en 1979 par le dictateur Zia Ul-Haq, elles réclamaient qu'une femme violée présente quatre témoins oculaires pour prouver le crime. Sinon, la femme se retrouvait en prison pour adultère, puisqu'elle avait d'elle-même avoué une relation sexuelle hors mariage.
Récemment, les députés pakistanais, puis les sénateurs, ont enfin présenté des amendements aux lois Hudood qui permettront de punir les violeurs et non plus les victimes. Appelé « projet de loi pour la protection des femmes », le texte doit encore être signé par le Président, le général Musharraf. Les affaires de viol pourront désormais être jugées par les cours civiles, dans lesquelles les quatre témoins ne sont plus nécessaires. Les leaders religieux, principaux opposants à la nouvelle loi, ont menacé de démissionner et crient au sacrilège, espérant capitaliser le ressentiment contre le gouvernement. Zubaida Khatoon, députée provinciale du Jamaat-e-Islami, premier parti religieux du Pakistan, est en colère : « Cette loi va répandre la luxure dans notre pays, l'adultère est quasiment légalisé, Maintenant, il est presque impossible de traîner en prison les fornicateurs. Cette loi est contre le Coran […] Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont félicité notre gouvernement pour avoir passé cette loi, on voit bien qui sont ses vrais maîtres ! » C’est une belle leçon pour tous les niais qui pensent que la lutte des intégristes se focalisent contre l’impérialisme européen et étasuniens, la seule chose que l’Occident représente pour les hommes barbus et les femmes habillées avec un sac-poubelle comme Zubaida Khatoon, c’est : « la luxure » et « les fornicateurs ». N’est-ce pas beau, que nous démocrates, nous puissions nous battre pour la luxure et la fornication universelle ! Pour fêter ça, se soir je vais dans un club échangiste.
Médias
N’oubliez pas l’excellent Didier Porte du lundi au vendredi vers midi et l’émission de José Artur et David Glaser, Inoxydable, tous les vendredis de 16H30 à 18H30, le tout sur France Inter.
Une émission consacré au chanteur Renaud, Thé ou café, m’a donné l’occasion de mépriser un peu plus cette tête pleine d’eau. Renaud a un moyen merveilleux de savoir si la presse est de qualité ou non. Comment ? Y a pas plus simple, Libé et l’Obs n’ont pas encensé les derniers gargarismes du chanteur chiant, résultat : « Libération qu’il crève ! » par contre l’amicale des cocos, l’Humanité, reste un journal « de qualité, toujours révolutionnaire » puisque le journal a fait une double page dithyrambique sur le rebelle de pacotille.
« Libé cherche des fonds ? Il n’ont qu’à trouver des lecteurs ! » affirme t-il avec le sourire des imbéciles qui pensent avoir fait un bon mot. Les journalistes de l’huma, à force d’écouter les discours de Marie Georges Buffet, ont tellement de merde dans les oreilles qu’ils arrivent à aimer Renaud le démago… à moins que le journal sachant bien qu’un article sur le chanteur anti-bobos fait vendre, en a profité pour essayer de rentabiliser pour une fois son journal… mais n’allait pas dire à Renaud que l’Huma est aussi en crise, vous risqueriez de lui donner ce regard d’ahurie qui fait rire les bobos.
Nombril
Samedi soir, le 1er décembre, je joue dans Cyrano de Bergerac à Toulon, juste après nous partons dans la nuit avec Martial retrouvez Patrick, Denis, Romain… en Hte Savoie, encore de belles engueulades en perspective, du plaisir, du bon vin et des rires… pourquoi je vous parle de ça ? Parce que pour affronter les cons du quotidien qui nous font chier (Kok vous en parlera mieux que moi) rien ne vaut de belles amitiés.
Anthony Casanova
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