LE COQ DES BRUYERES vendredi 7 juillet
AVIGNON. Scandale l’an dernier dans la cité des pipes à cause que des comédiens se pavanaient nus sur scène…Moi qui suis passé par ce festival à deux reprises, je peux vous dire que je comprends fort bien ces saltimbanques, et pour deux raisons : Un artiste belge, Jean Fabre, va,dit-on, jusqu’à faire pipi sur scène. Je ne vois là rien de choquant, à plus forte raison s’il urine sur le crâne des critiques du premier rang. Qu’un critique de presse nage dans la pisse, c’est en quelque sorte un retour aux sources, non ? Bref, comme d’hab’ beaucoup de bruit pour rien, tempête dans un dé à coudre, acné journalistique, remplissage de feuilles de chou. Ce que j’admire dans la presse, c’est son étonnante faculté à remplir jusqu’à cinquante pages avec du texte, tous les jours. Même si le texte est creux comme un creux de vague sur le lac Léman, faut tout de même les aligner, les mots, en des phrases correctement syntaxées. Faut passer du temps sur le clavier, avoir l’énergie suffisante pour ne rien dire en l’écrivant ! Avignon ? On peut tout dire là-dessus, et moi je dis que l’important, c’est le plaisir qu’on y glane au hasard du in, du off, et des rues. C’est la possibilité de nouer des contacts avec des Norvégiennes qui sucent, et rien que cela vaut le déplacement. C’est pour nos dames, l’occasion d’égarer Un seul reproche, si je puis me permettre : je dirai ceci, comme le disait Philippe Noiret avant-hier : « Même si le bémol que je mettrrais à cet optimisme, ce sont les marchands. Ceux qui louent trois fois leur espace dans la journée, à des prix souvent prohibitifs, à des compagnies qui n’ont que deux malheureuses heures pour glisser leur spectacle entre deux autres représentations… » Bon juillet mes fines, et que vos seins charmants s’expriment au soleil des plages ! Rien de plus important à mes yeux pervers.
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