PLUS TARD JE SERAS JEUNE.

 

Traduisez par « plus tard, je serai comme papa », traduisez par « plus tard, je serai alcoolique ». Donc jeune. Car, et l’on s’en émeut périodiquement comme de sa première socquette, les jeunes Français boivent moins, mais plus. Moins quotidiennement, mais plus au cours des week-ends, où les bringues font rage au lieu de regarder sagement la télévision pour devenir un électeur docile. Le samedi soir, on se grise, avec des alcools qui n’en sont pas mais qui en sont quand même parce qu’ils en contiennent sans en contenir. Tout est affaire d’étiquettes, et les alcooliers savent y faire, avec la complicité du Parlement qui compte pas mal d’alcooliers dans ses relations. Rien n’est simple.
Voici que s’avance à l’horizon des études une nouvelle race de lycéens : ceux qui entrent en classe totalement bourrés. Après avoir monté les escaliers dans le sens contraire d’une banane diesel, après avoir visé l’entrée de la porte et s’être murgé la gueule dans les portemanteaux, après avoir repéré à la boussole à huile leur pupitre habituel, ils sombrent, flafff, tête la première sur leurs classeurs jusqu’à la fin des cours. On imagine le dialogue entre le prof qui enseigne et l’élève qui ronfle. Difficile pour le prof d’élever la moindre protestation, sous peine de recevoir une visite inopinée de la famille qui te transforme un agrégé en conglomérat.
-Vous faites quoi, dans la vie, comme métier ?
-Conglomérat de maths au lycée Cateur.
C’est le binge drinking. Qui consiste à boire beaucoup en très peu de temps, sans être capable de s’arrêter. Bien que nous autres français ayons une certaine aversion pour tout ce qui cause angliche, il nous sied mieux de dire que nos jeunes se livrent au binge drinking plutôt que de dire :
-Vous savez, tous les lundis Charles Hector est bourré comme une queue de pelle ! Hu ! hu !
Queue de pelle, ça fait ouvrier, donc vulgaire, donc alcoolique. Tandis que binge drinking, ça voudrait plutôt dire « amateur de vodka », ce qui plante pieux le fiston dans le décor tartuffesque de la famille.

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE serait en partie causé par la consommation aérienne à base de tourisme. L’avion serait l’ennemi du climat, on le sait depuis longtemps mais ça se confirme quand on sait que ladite consommation a été multipliée par 3,5 en France depuis 1973. J’ajouterai d’un point de vue personnel qu’il n’y a pas que la consommation de kérozène qui soit en jeu : moi, comme j’ai peur de l’avion, je bois plein de whsiky avant, pendant et après le vol. Et je ne suis pas seul dans ce cas. On peut en déduire que l’usage de l’avion réchauffe le climat et le foie, deux raisons de partir à pied à travers le monde, c’est moins con qu’en avion ! Certes, on n’a pas dans le collimateur les fesses et les nichons des hôtesses, mais le long des chemins du monde, au hasard des sous-bois et des boulevards des villes, il y a certainement moyen de croiser mille et une beautés qui aiment l’odeur de transpiration du marcheur qui pue. Car les odeurs corporelles excitent les sens, il n’est que d’observer les chiens quand ils font connaissance : leur premier soin est de se planter mutuellement la truffe dans le cul. Avouez que le réchauffement climatique de la planète se trouverait minimisé si, entre humains, nous en faisions autant !

TEMPETE SUR LA FRANCE.
Ouah, ça a bien soufflé, chez nous en montagne les arbres protestaient contre un vent d’enfer, on s’attendait à ce que l’un d’eux se brise, les longs nuages noirs rampaient sur les toits comme des escadrilles de bombardiers, et la pluie sondait les toits à coups de lancettes meurtrières, boufre, que c’était beau !
Mais toute merdaille à son pervers, voilà qu’un Parisien est mort d’avoir reçu un panneau publicitaire sur la tronche…Quand je me tue à vous dire que la pub est un fléau. Voilà maintenant qu’elle s’affale sur les pauvres gens. Imaginez un vaste panneau vantant les avantages d’un week-end à Ibiza, s’écroulant sur une classe de maternelle…Après ça, le maître aura beau dire que la pub est nécessaire pour subventionner les émissions de télé, je doute que les élèves survivants adhèrent au discours magistral. Bizarre, la presse ne nous dit pas quelle marque ce panneau proposait à nos regards de consommateurs abrutis. Mais bon, elle nous le dira, la presse, quand elle aura pour mission d’informer.

SI L’ON EN CROIT LE CARDINAL brésilien Claudio Hummes, archevêque de Sao Paulo, le célibat des prêtres pourrait bien recommencer à battre de l’aile. Depuis des lustres, on reparle de ce thème dont la caractéristique essentielle est de n’avoir aucun intérêt, mais tout de même, papotons. Je viens d’apprendre qu’en 325, le concile de Nicée autorise les prêtres mariés avant leur ordination à conserver leur épouse. Seule contrainte : éviter les rapports sexuels la veille d’une messe. Ben oui, à une époque où l’on se lavait les mains une fois par an, il eut été malséant de distribuer aux fidèles des hosties qui sentent la moule ! Car l’hostie doit sentir la foi, l’espérance et la charité, nom de Dieu !
Mais, me direz-vous, la foi ça sent quoi ? Eh bien la foi sent le clou de girofle mais seulement si vous y croyez.
L’espérance sent le Viroflet, qui est une variété de Sasgon des marais.

Et la charité sent le poil de gouine relevé au miel de jusquame, que l’on roule sous l’aisselle pour donner les délicieuse moules de gomme, vendues communément en pharmacie. Faut tout vous dire, mécréants !

VOUS AVEZ VU MISS BOURGOGNE ? Ouah…Dans son maillot de bain bleu ciel à deux pièces. Ah oui, je vous entends d’ici gueuler comme des ambulances à l’encontre de Miss France et de son cortège de pétasses, mais bon, si l’élection de MISS France n’existait pas, on n’aurait pas le plaisir suave de les voir toutes en maillot de bain deux-pièces sur les pages des journaux les plus sérieux ! Et croyez-moi, le portait de Miss Bourgogne parmi le fatras d’infos dont je n’ai rien à foutre, eh ben ça fait du bien où je pense, c’est-à-dire là où vous pensez. Bien sûr, bien sûr, ces expositions de belles filles à demi-nues ont mille fois lieu d’âtre contestées, ne serait-ce que par leur aspect bêta, mais enfin, quand je tombe sur les portaits de Michèle Alliot-Marie, Bernadette Chirac, Marie-George Buffet, A LONGUEUR D’ANNEE, ben je m’excuse, je m’excuse, voilà ça fait deux fois que je m’excuse, et qu’en fin d’article j’ose vous dire vivent les miss, tout simplement parce quelles me font bander. Et pis oilà et pis c’est tout !

Patrick Font

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