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20ème semaine 2006
  Les auteurs réunis
     
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LE COQ DES BRUYERES lundi 22 mai

 

LA GROSSE VALSE.

 

Ils vont changer de chaînes à la rentrée ! Qui ?

Eh ben vos animateurs vedettes, tiens donc !

Je dis « vos » parce que ce ne sont pas les miens, j'ai pas la télé. Et depuis que je ne l'ai plus, je me sens comme en convalescence. Oh, je n'aurai pas l'outrecuidance de m'estimer plus intelligent que vous, prenant un air supérieur pour toiser les pauvres esclaves du petit écran que vous êtes, non, j'ai été comme vous, j'ai fumé comme vous, je bois comme vous, et ne suis en rien l'être supérieur, l'être suprême, qui plane au-dessus des masses en baissant les paupières pour ne vous entrevoir qu'à travers de brouillard du mépris…

Bon, j'ai plus la télé, la cause est entendue, mais j'ai la faiblesse d'acheter «  les journaux », vous voyez bien que je suis aussi con que vous !…

Et dans ces journaux, je lis ceci, à la une :

« Du jamais vu depuis 1985. la valses des stars du petit écran, animateurs comme journalistes, prend chaque jour des allures de foire d'empoigne. Castaldi, Ferrari, Fogiel, Bern, Lapix..Les vedettes sont très demandées par des chaînes qui se déchirent…. »

Vous avez bien lu : des chaînes qui se déchirent. Sous-entendu : des annonceurs publicitaires qui savent pertinemment que la vedette, de nos jours, c'est l'animateur.

Que cet animateur interviewe Ophélie Winter ou une boîte de cassoulet, on s'en fout. Seul compte l'animateur.( j'entends quelques mauvais esprits sussurer qu'ils préfèrent de beaucoup la boîte de cassoulet…Ouais ouais,je vous entends, quant à moi qui suis moins méchant que vous, je dirai que je n'ai point de préférence, ne saisissant pas la différnce entre ces deux boîtes…)

Donc, l'animateur. Si j'étais artiste, invité par l'un de ces animateurs, et constatant que j'ai moins d'importance que lui, je me montrerais grossier, vulgaire, odieux, j'étalerais ma queue sur la table, je chierais au plafond, afin d'attirer pour moi seul l'attention du téléspectateur. C'est ce que faisaient Gainsbourg et Choron, dont les ex-téléspectateurs de mon âge se souviennent avec un sourire au coin de la rate. Mais les temps ont changé. La plupart de ces « artistes » sont prêts à sucer les directeurs de chaînes pour pâlir à l'ombre de l'animateur. Il faut vendre du cd, du livre, du film, du théâtre, c'est télé-shopping à tous les étages, comme dit mon pote Daniel Gros qui ne vend que ses fesses, avec d'autant plus de courage qu'il sait fort bien que personne ne mettra un rotin dessus, vu qu'il n'a pas de fesses.

Ayant grandi dans un canon de fusil en Haute-Maurienne, Daniel Gros sait ce que c'est que la faim, la soif, et les gouines. Son talent, ami public, est tel qu 'il n'eût jamais recours à la salive des animateurs de télé pour se laver l'anus.

Gros tourne huit spectacles par an, il est partout, il ubiquite, il biloque, et jamais le petit écran n'y fut pour quelques chose.

Tout ça pour dire que la valses des animateurs, on s'en branle, mes sœurs, on s'en tape mes frères, peuvent bien valser tant qu'ils voudront de chaîne en chaîne, leur monde est à des années-lumières du nôtre, et, ô joie, commence à se lézarder sous les coups de boutoir d'Internet. Que personne ne me dise qu'on n'est rien sans la télé, regardez tous ces saltimbanques qui bourrent les salles sans le secours de l'aquarium à caque. Hein ? Thiéfaine, par exemple, et puis les Epis Noirs, et puis les Wriggles, et puis Fellag…La liste n'est pas exhaustive, mes enfants, alors si vous ébutez dans le métier de gugusse ou de poète de scène, ne désespérez jamais. Qu'elqu'un, un soir, tombera amoureux de vous, et ce sera le départ pour la route fleurie ! Bises. Pat.

 

 

 
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LE COQ DES BRUYERES mardi 23 mai

 

CANNES !
Non, il serait trop facile de se moquer.
Trop fastoche d’avancer la carte du mépris envers ces stars que l’on aimerait tous côtoyer en tant que stars, mais oui, se voiler la face est d’une tartufferie sans nom ; qui n’a pas rêvé de planer au zénith de la gloire, qui n’a pas rêvé d’être riche un jour, et de s’offrir pour des sommes invraisemblables ces nanas de rêve que l’on voit onduler dans les magazines spécialisés ? Et qui plus est, sur le pont d’un de ces yachts toujours hantés par les nuits folles d’Eddie Barclay ?
Attention de ne point jalouser ces grandes figures de l’écran, mes bons, car, vous le savez comme moi, la jalousie engendre la haine, et la haine détruit celui qui la professe. Si nous sommes artistes, faisons gaffe à ne pas haïr les plus doués, plus fortunés, plus beaux que nous. Au contraire, disons-nous qu’un jour peut-être nous serons aussi beaux qu’eux, car on ne peut suivre un modèle s’il est derrière nous. J’ai l’air de donner des leçons, mais si je vous dis tout ça, c’est que je le dis d’abord à moi-même, qui ai tendance à jalouser. Stop !
La leçon, je l’ai reçue de Cyrano de Bergerac, qui disait qu’un vers réussi le payait assez pour ne point exiger plus.

Cela dit, j’aimerais voir ce festival mondialement connu voyager à travers le monde et, pourquoi pas, s’installer parfois dans une région économiquement défavorisée. Ce qui permetrrait à toutes les populations d’accéder aux merveilles du 7° art, à condition toutefois que les autochtones puisssent entrer dans les salles au même titre que les privilégiés bardés de badges qui snobent le peuple du haut des marches du Palais. Diable ! le cinéma est fait pour ceux qui y vont, non ?

Ah ! que j’aimerais, moi aussi, être interviewé dans le genre :

-Le succès de votre dernier film vous a fait plaisir ?
-Quand vous gagnez de l’argent, vous le dépensez ?
-Etes-vous heureux d’être content lorsque vous êtes satisfait ?

Ou encore, la question récurrente et mille fois posée :

- Passer du théâtre au cinéma, ça vous pose un problème ?

Oui, répondre aux questions de ces animateurs qui s’écoutent plutôt que de vous entendre…Qui lèchent leur timbre vocal et se gargarisent de leurs propre salive…Mettre en valeur ces nullités érigées à la hauteur d’une institution, et qu’on oubliera sitôt qu’ils auront quitté le devant du petit écran…
Le cinéma, aujourd’hui fait galoper tous les employés des médias, presse, radio, télé, au point qu’il est impossible, lorsque revient le Festival de Cannes, de ne pas subir les ragots mille fois re-pétés, c’est ce que disait en gros Jean-Pierre Mocky aujourd'hui à la radio. Mais Mocky, c’est aussi indécent qu’une bouse étalée sur le tapis vert d’un casino.
A vrai dire, si je voulais être franc, je dirais que j’aimerais coucher une nuit sur la plage, sous la lune chaude et jaune d’or vif, avec une de ces créatures qui hantent les hôtels de Cannes et qui font bander les quatre cinquièmes de la planète. Sous nos corps fiévreux et possédés par un rut de foire, s’étendrait une serviette de bain de chez Chanel, pour éviter les grains de sable dans le cul, car rien n’est plus désagréable que de se relever, causant de mille et une choses et minaudant sur le dernier film visionné, en se glissant un index dans les muqueuses anales pour en extraire le sable de la Croisette. Oui, c’est vulgaire, ce que je dis, mais ça fait partie des choses essentielles. Je le sais, je l’ai vécu, non pas en compagnie d’une nymphe cannoise, mais tout seul, ce qui ne redore pas mon blason.
Jaloux, vous dis-je, mais je me soigne, et, comme pour toutes les thérapies, c’est long.
Dernière minute : j’apprends par un copain sudiste que des escouades de policiers arpentent la Croisette pour surveiller les chiens qui caquent en faisant semblant de penser à autre chose. Là, le mauvais esprit qui dort au tréfonds de moi se réveille brusquement. J’ai comme l’envie de semer des boules puantes sur tous les trottoirs de Cannes. Faire chier les chiens en les empêchant de chier, non !

 

 
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LE COQ DES BRUYERES mercredi 24 mai

 

Les mercredis d’Anthony

Hexagone

L’actualité peut nous procurer divers sentiments. Il m’arrive souvent de pester en apprenant, en écoutant ou en lisant les informations. Ce qui me gêne, c’est l’impression d’être le seul à m’énerver face à l’actualité. Je vous épargnerai donc, cette semaine, le feuilleton Clearstream qui, il faut le dire s’enlise, tout en déplorant que notre premier ministre n’ait toujours pas donné sa démission. Les français se désintéressent de l’affaire, à moins qu’ils ne s’y soient jamais intéressés, ce qui voudrait dire que nous sommes arrivés à un tel dénigrement de la classe politique que nos chers représentants, peuvent aller de bassesses en bassesses sans que l’opinion ne réclame un peu de transparence. Si le prix de l’essence devient l’unique sujet qui échauffe les esprits, j’inaugure le nouveau slogan tricolore : Sous les pavés… la marée noire !

Le Mali et le Bénin ont reçu la visite de Nicolas Sarkozy. Nicolas, toujours partant pour la déconne, est allé dire à quel point sa loi sur l’immigration choisie est bonne, à des populations qui, c’est un euphémisme, l’ont accueilli froidement. En bon journaliste d’investigation je vous livre le discours de Nicolas :

« Salut les négros alors ça boum ? (Silence dans la salle) Bon… donc… oui, chers amis noirs, je suis ici pour vous dire que vous n’êtes pas les bienvenus chez nous. La France, pays des droits de l’Homme, ne peut vous accueillir, car après de récents sondages communiqués par Minute et National Hebdo, nous nous sommes aperçus que vous ne serviez à rien ! La France a beaucoup de problèmes et voyez-vous, les sondages montrent que vous en êtes responsable.
Mais amis (des sifflets timides se font entendre) est-ce de ma faute si vous êtes noirs et pauvres ? Non. C’est pour cette raison que j’ai décidé de ne prendre chez vous que les cerveaux, comme on ne prend que les corps aux Bois de Boulogne ! Comment ! Vous crevez la faim et il n’y a pas d’école au Mali ? Alors restez chez vous ! Nous ne voulons pas des réfugiés politiques, nous ne voulons pas des réfugiés économiques, nous ne voulons pas de vous… car vous êtes… noir ! Je suis désolé, mais il y a mieux pour passer inaperçu. Faites des efforts ! Je vais vous dire un secret (la foule insulte copieusement le petit Nicolas) j’aime l’Afrique, j’aime le tam-tam, les crocodiles, mais il faut l’accepter, la France aujourd’hui, ne peux s’encombrer d’autres noirs ! Vous allez dire que je suis raciste et je vous répondrai qu’en Afrique il fait chaud.
Chères négresses, chers négros, je ne vous traite pas différemment du restant de l’humanité, la preuve je vous traite comme de la merde. »

J’ai envie de dire aux africains de ne pas se plaindre, car s’ils n’ont eu droit à la sale gueule de Sarkozy que quelques jours, nous ça fait cinq ans qu’on en bouffe et en plus, on risque de l’avoir comme président. A ce propos, chers africains, si vous avez des cerveaux en trop prêtez-nous en ! Au moins pour les élections présidentielles, ce serait vraiment sympa.

Sans frontière

Les chinois ont construit un barrage gigantesque, 45 petits milliards d’investissements, 185 mètres de hauteur pour 2,3 Km de long. Ce barrage est une catastrophe pour les protecteurs de l’environnement, « le dauphin d’eau douce n’y survivra pas » se lamentent les associations de protection de la Nature. Braves écolos, le gouvernement chinois considère son peuple comme un accessoire que voulez-vous que l’écologie lui inspire ?

Sport

Si vous n’êtes pas au courant qu’à partir de juin jusqu’en juillet l’Allemagne organise la coupe du monde de football, c’est que vous êtes sur un île déserte et que vous sirotez un cocktail en compagnie de jeudi, la petite sœur de vendredi. Dans ce cas, amusez-vous bien, la chronique s’arrête là pour vous et c’est pour les autres que je continue.
Le foot est à l’honneur mais il se trouve qu’Egbert Krumeich est venu troubler la haute morale sportive en ouvrant Artemis, une maison close géante à Berlin. Indignation générale de la classe politique qui pense qu’Artemis est « indigne des belles idées de fraternité véhiculées par le sport ».
Alors là, je m’interroge sur la crédibilité de nos élus ! Le foot et le sport en général, ont des valeurs certes, mais en aucun cas celles de la fraternité ! Le sport de haut niveau, c’est la valorisation du plus fort et le lynchage du plus faible ! Gloire au premier et merde au dernier ! Voilà l’esprit du sportif, écraser l’autre, la victoire à tous prix. La coupe du monde c’est le retour des bonnes valeurs patriotiques, les supporters de tous pays rivalisant de bêtise pour aduler des idoles en short qui, entre deux matchs, font la promotion des macros de la publicité. Il n’y a aucune décence chez ces gladiateurs des temps moderne.
J’arrive à comprendre qu’un acteur qui n’arrive pas à trouver du boulot puisse associer sa gueule à un produit, mais quand la vitrine d’une marque est pleine de fric, je trouve ça détestable et humiliant. Comment, un type qui gagne des millions peut se servir de l’hypothétique influence qu’il exerce sur son public pour vendre une boisson, une paire de chaussure, un yogourt… ? Lilian Thuram, footballeur à la Juventus et dans l’équipe de France, prend position dans l’affaire de la maison close Artmis. Il trouve « inadmissible » ceci et « incroyable » cela. Gloire à l’honnête homme a-t-on envie de dire, mais je préfèrerais lui demander d’aller vendre ses yogourts et d’aller un peu se faire foutre ! Ce brave con vend son image et il trouve inadmissible que d’autres louent leur cul !
Mais mon brave, je suis d’accord que le marché humain est intolérable, mais n’y contribues-tu pas en t’associant à une marque qui se sert de ta tête de con pour que des gosses achètent le « yogourt des champions » ? Les femmes qui se prostituent si elles avaient ta fortune ne vendraient pas leur corps, j’en suis fort aise, mais toi qui t’oblige à te vendre ?

La prostitution existe c’est un fait. Les prostituées sont souvent malmenées, battues et bien pire. Comment stopper la prostitution ? Je ne sais pas. Par contre, je sais comment empêcher toutes les violences que subissent les filles de joie : il faut de la transparence ! Qu’elle travaille en toute tranquillité, avec des contrôles de l’Inspection du travail, qu’elles puissent porter plainte au prud’homme, qu’elles soient garanties du minimum d’hygiène et de dignité. Plus la prostitution est marginalisée plus on favorise les réseaux mafieux.
Je ne prends pas la défense d’Artemis ni de ceux qui iront se dégourdir la bite dans ce temple de la prostitution, mais j’affirme que plus les prostituées seront, comme en France, obligées de se cacher, plus elles courent de risque (maladies, viols, rackettes…) Ils faut donner la possibilité à ces femmes de se prostituer sans craindre de risque et ensuite essayer de les sortir de ce milieu si elle le désir. Je ne signerai donc pas la pétition « Acheter du sexe n’est pas un sport » mais je propose une autre pétition : « Le foot me broute ! »

Nombril

Il me faut vous parler de l’émission de radio : Le bar des vieux cons. Ce bar radiophonique est présenté par Patrick Font et réalisé par Denis Zavarise. Cette émission, à laquelle je participe depuis bientôt six mois avec mon complice Martial Paoli et le fabuleux comédien Daniel Gros, peut se télécharger sur ce site.
Le bar des vieux cons est une émission d’actualité enregistrée dans les conditions du direct. Cet espace de liberté, joyeusement anarchique et entrecoupé par nos petites chansons, ne connaît aucune censure pour la simple et bonne raison que ni Patrick ni Denis ne savent ce que ce mot veut dire. L’auditeur assiste alors à quelque chose de rare : une heure de liberté. L’émission qui n’est pas formatée laisse la part libre, souvent avec humour, à nos indignations ou tout simplement à nos questionnements. L’auditeur, propulsé dans nos discutions, se retrouve être notre complice puisqu’il découvre en même temps que nous le déroulement de l’émission. Ca pourrait être de l’improvisation si nous jouions un rôle, mais nous n’enfilons aucun costume. Il n’y a que cinq copains et parfois un invité qui s’échangent des idées en essayant de se faire rire parce qu’en rigolant même un petit vin de table à l’air de sortir des vignes de Dionysos.
Sur scène, à la radio ou dans un journal il est primordial que l’équipe se retrouve sur des points essentiels : la peine de mort, le racisme, les idées libertaires, où est-ce qu’on mange pour accompagner ce qu’on boit ? Enfin des trucs importants.
Patrick, Denis, Daniel, Martial et moi-même nous avons tous des sensibilités différentes et les débats qui n’en finissent plus égayent bien souvent nos retrouvailles, mais l’envie et surtout le plaisir d’être et de travailler ensemble font que l’émission de radio pourrait avoir comme sous-titre «Les copains d’abord» ou «suce ! » c’est selon l’humeur. Tout ça pour dire qu’aujourd’hui et de toute manière je ne chante qu’avec le Coq des bruyères dans un bar de vieux cons et l’air y est bien plus respirable… comprenne qui pourra.

 

 
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