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23ème semaine 2006 |
Les auteurs réunis | |||
LE COQ DES BRUYERES lundi 12 juin
Cannes, 10 juin. Ben oui, j’ai fini par y aller, sur la CROISETTE.
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LE COQ DES BRUYERES mardi 13 juin
C’EST TRES DROLE !!! BAC PHILO. « Vérité et bonheur. » FOOTBALL.
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LE COQ DES BRUYERES mercredi 14 juin
DES BUTS ! « Sir Elton John arrivera d’Angleterre cet après-midi en jet privé avec ses cinq musiciens et son mari David Furnish », peut-on lire dans LE PARISIEN d’aujourd’hui.
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LE COQ DES BRUYERES jeudi 15 juin
Les jeudis d’Anthony « Passe ton bac d’abord et après on verra ! » Merveilleuse phrase qui se transmet de génération en génération. Le baccalauréat c’est le passeport du lycéen. Cette semaine les fiers anciens combattants du CPE vont réfléchir, transpirer, copier… pour décrocher le bac et comme d’habitude, tout commence par la philosophie, cette année la vérité et le bonheur… Les futurs étudiants vont essayer d’avoir des diplômes de plus en plus prestigieux qui relègueront leur pauvre bac à l’obtention d’une carte jeune, puis ils partiront à la recherche d’un boulot, bonne nouvelle pour ces jeunes gens : l’armée et la police recrutent ! Ca c’est un boulot d’avenir, il était temps que le ministère de le Défense et celui de l’Intérieur écrasent l’Education nationale à qui on supprime 8 700 postes et c’est bien fait pour sa gueule. Un proche conseiller de notre cher premier ministre explique l’une des raisons de ces suppressions de postes « à elle seule, la baisse du nombre d'élèves liée à l'évolution démographique justifie 1 800 suppressions de postes » c’est beau, non ? L’évolution démographique ça laisse rêveur. Je les imagine à Matignon analysant scrupuleusement la démographie française pour conclure : Y’a trop de profs ! L’évolution démographique, pauvre ignorant que je suis, je n’y avais jamais pensé. Dire que je fustigeais les classes surchargées, le remplacement du prof de français par le prof de math, l’embauche dans les zones difficiles de "profs" non qualifiés et souvent incompétents tout ça, disais-je avant de connaître « l’évolution démographique », pour chaque année supprimer des postes au CAPES et couler le système éducatif. Je pensais qu’il n’y avait jamais assez de profs mais comme je le dis, j’ignorais « l’évolution démographique » et je m’en excuse platement… évidement « l’évolution démographique » n’obstrue en rien la création de postes au ministère de l’Intérieur qui bénéficie de la quasi-totalité des 4 000 créations de postes dans la fonction publique ; et notons que son budget est en hausse de 3,8 % après les hussards de la république voici le temps des hussards de la sécurité. Lycéen, à vos stylos, feu ! Le sauveur est arrivé ! Ouvrez les bras à José Bové il sera peut-être le candidat du PCF, de la LCR, d’une partie des Verts et des altermondialistes ! Je vais donc devoir voter PS au premier tour. Que le monde est beau, dommage qu’il soit peuplé de cons. Je vais tenter de prévoir l’actualité du monde de la semaine prochaine à la manière de l’AFP : Bush visite la prison de Guantanamo pour s’assurer de des bonnes conditions de détention. Nombreux attentats en Irak qui fragilisent encore plus le gouvernement. Au proche Orient, les affrontements entre le Hamas et les groupes et forces fidèles au président palestinien Mahmoud Abbas se multiplient, la guerre civile est à craindre. Nouvelles provocation de l’Iran, l’Europe cherche des solutions pour stopper la crise internationale. En Allemagne quelques problèmes avec les hooligans. Fidel Castro est mort (on peut rêver) les cons et les communistes le pleurent par centaines. Médias Libération va peut-être connaître le départ de Serge July. L’ancien maoïste July qui a fourgué son journal à Monsieur Edouard de Rothschild a reçu mardi 13 juin la proposition de quitter le journal. « Si mon départ peut favoriser le refinancement du journal [par l'actionnaire principal], je n'y ferai pas obstacle » a déclaré July. Evidement on a envie de dire à Serge July « bien fait pour ta gueule ! » mais, que va-t-il nous rester comme quotidien ? Le Monde ? Le Figaro ? L’Humanité ? Stop, je vais vomir. Libé, malgré de trop nombreux défauts reste le quotidien français de référence et la crise qu’il traverse ne peut qu’avoir des répercussions sur d’autres journaux. La liberté de la presse est mise à mal et même si je préfère de loin la lecture du Canard enchaîné et de Charlie Hebdo la France doit garder un quotidien de gauche indépendant. Bien sûr l’indépendance de Libé a pris un coup depuis l’arrivé de Rothschild et bien avant cela de la publicité, mais Libé reste garant d’une certaine presse qui donne le peu de matière et d’info des journaux télévisés qui restent malheureusement le premier moyen d’information des français. Supprimons la télé certes, mais auparavant sauvons la lecture ! Nombril J’ai découvert Brassens, à l’âge où d’autres passent le bac. Je passais un diplôme pour être animateur dans des camps de vacance. En ce temps là, je jouais beaucoup de guitare et je connaissais assez d’accords pour faire sourire les jeunes filles en fleur. J’avais réussi assez vite, dès le premier jour, à séduire une jolie fille un peu plus âgée que moi qui passait ce même diplôme. Elle était un peu délurée, un petit peu provocante et en m’avouant qu’elle était un peu lesbienne, disons-le avec honnêteté, je tombais amoureux aussi sec. Eve, c’est son prénom, lors du troisième jour de notre romance me parla de ses goûts musicaux et en particulier d’une chanson de Brassens qu’elle plaçait au-dessus de tout : Pauvre Martin. Elle me lança ce genre de défit qui font que les hommes décrochent la lune, en m’assurant un très jolie cadeau si je parvenais à la lui jouer avant qu’on aille se coucher… A partir de cette nuit, j’ai aimé Georges Brassens avec frénésie et j’ai remercié ma guitare de m’offrir tant de bonheurs. Je suis rentré deux ans plus tard en faculté et étant très politisé, j’ai commencé à lire Charlie Hebdo toutes les semaines. J’ai découvert la pertinence et l’intelligence des éditos de Philippe Val et je languissais les mercredis pour retrouver mes "amis" de lecture. Cela faisait plusieurs mois que je dévorais Charlie et j’apprends un jour en ouvrant Charlie que Val chantera le mois suivant à Marseille. Je décide de partir le voir en concert, tant pis pour les cours, ils peuvent attendre ! Alors oui, je me permets de critiquer les soi-disant comiques qui vivent dans Télé 7 Jours, les films à la con qui polluent les cinémas, les chansons inaudibles des Raphaël, Pagny, Hallyday… et autres pompes à merde. J’aime la critique comme la tarte aux pommes… quand elle est bien faite. Le (bon) critique n’a qu’un défaut : la sincérité.
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LE COQ DES BRUYERES vendredi 16 juin
RAYMOND DEVOS a fait son dernier salut. Aux journalistes qui annoncent la mort de Raymond, je me permets de répondre qu’un artiste ne meurt jamais. Cel dit, la télé fera-t-elle revivre Devos autant de fois qu’elle exhume Claude François ? Vous me direz que Claude était plus drôle que Raymond. C’est vrai, son déhanchement m’a toujours fait hurler de rire, ainsi que les quatre radasses qui s’énervaient La croupe derrière lui. Mais ne soyons pas méchants : quand une chorégraphie parvient à faire oublier le texte de la chanson, c’est un moindre mal. POURQUOI les habitants des Pyrénées sont hostiles à l’ours. Parce qu’ils sont d’une génération qui, tous les soirs, regardait « Bonne nuit les petits » à la télé. Et Gros nounours, pour eux, ça voulait dire « va te coucher ». D’où le ressentiment à l’égard de l’ours. UN FILM ; « MARIE-ANTOINETTE ». Ben, si on avait une reine comme ça au lieu de ce qu’on a à l’Elysée, je ne risquerais pas d’être Sans-culotte, ou alors si, mais pas un sens révolutionnaire. Madame Kirsten Durst, vous êtes si jolie que j’ai eu envie de m’appeler Alex de Fersen pendant deux heures, et d’emménager à Versailles dans la chambre qui jouxtait la vôtre. Dans cet arc-en-ciel de féeries qui auréolait votre jeune beauté, ces torrents de pâtisseries et autres douceurs qui défilaient sous mon nez, je me disais tout de même qu’une grande partie du peuple courait après des croûtons rassis. Et je soupçonne Sofia Coppola d’avoir souligné la pauvreté du populo en forçant le trait sur l’opulence d’une royauté décadente. Tout ce sucre, toute cette chantilly, ça révolte. On ne refait pas l’histoire, majesté, mais si, du haut du balcon de Versailles, vous vous étiez plus souvent penchée sur les Misérables, peut-être que cette si jolie tête n’eût point valsé sous la guillotine…Un très beau film, à mon goût. Quant à la dernière image, elle résume à elle seule tout l’esprit de la Révolution. UN AUTRE FILM : « SENSO » de Luchino Visconti (1954) avec Farley Granger et Alida Valli. Difficile d’en causer, j’aurais l’iompression de bégayer au pied d’un génie. Voyez-vous, à regarder certains films, on est heureux d’être né. Bon, j’arrive pas à capter la réaction de J.Chirac après le départ de Raymond. Pour compenser, voici la réaction du président du Japon : « Ozo ? » A lundi, mes fines !
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