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25ème semaine 2006
  Les auteurs réunis
     
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LE COQ DES BRUYERES lundi 26 juin

 

GROSSIR, C’EST POSSIBLE !

Mesdames, tout d’abord un compliment : vous êtes parvenues à maigrir au cours de ce mois de juin, telle par exemple cette lectrice du Tarn, Lucette Foideukatorze, qui, dit-elle, a perdu six kilos en huit minutes grâce aux re cettes du professeur Jérôme Couillon, interne des Hôpitaux de Disneyland, et qui tient une chaire de fellation appliquée à l’école primaire Godemichet de Carpentras- sud.
Vous êtes parvenues à perdre de la charge pondérale, c’est-à-dire de la graisse-qui-schlingue, à force de ténacité, de renoncement de soi, de gymnastique ardéchoise, de refus des pâtisseries industrielles, en buvant 175 litres d’eau par jour, et en recrachant le sperme des Routiers qui, comme le dit le docteur Mabuse, contient trop de glucides et pas assez de sels minéraux, si j’en crois l’excellente Arielle Dombasle qui chante si bien et parle 45 langues dont la mienne.
Vous avez donc maigri, c’est bien, c’est très bien.
Mais, mesdames, si l’été est là, l’hiver n’est pas loin, et il faut d’ores et déjà songer à grossir. C’est la dure loi de l’esthétique de gauche et de l’Ecologie du bon goût, comme dit Dominique Voynet qui, à force de donner dans les choses de la nature, finit par avoir des règles vertes.
C’est bien.
Mesdames, Grossir, c’est possible !!!
Je dirai même mieux : grossir en neuf mois, c’est à la portée de n’importe quelle salope !
Oui, prendre de trois à quatre kilos en neuf mois, c’est facile, comme dit Eddy Mitchell dans la sono des magasins Champion. Au fait, avez-vousla carte Champion ? Sachez qu’avec 3700 points, nous obtenez gratuitement une pince à escargots, quelle économie ! Surtout que la pince à escargots permet aux porteurs de petites bites de se branler sans se salir les doigts, si j’en crois Anthony Casanova, le seul corse macho à pouvoir sodomiser les horodateurs de Bastia-nord.

Pour prendre 4 kilos en neuf mois, procurez-vous un pénis adulte, que vous trouverez facilement dans n’importe quel slip de maître-nageur, lequel se reconnaît facilement au fait qu’il ne nage pas, mais reste assis sur un pliant à regarder la ligne bleue des Vosges par laquelle arrivera le général Grouchy afin de soutenir le flanc droit des armées impériales… Profitez de son inaction pour l’aborder par ces mots : « Bonjour maître, voulez-vous m’aider à grossir ? » Il va vous dire « Bien sûr madame, mais commenque ? »
Là, vous employez le vocable de madame de Fontenay en vacances à Ibiza, et lui dites : « Viens dans ma cabine, baisse ton bénard, fous-moi ton arbalète dans la bouche que je t’avale le gland, puis tu me fourres ton grouillot dans la chattière, tu t’agites pendant que je lis le Catalogue des 3 Suisses, tu me tartines le col de l’utérus avec ta Mayonnaise Maille, et c’est joué. »
Cela suppose bien sûr d’apprendre cette phrase par cœur, mais votre époux peut vous aider à la réciter, ce qui lui évitera de s’abrutir devant la Nouvelle star.
Bien vite, vous verrez enfler votre bide, chère madame, et quelques mois plus tard, à l’occasion d’une écographie, vous découvrirez dans vos entrailles une charmante tête de con comme on en voit partout l’été sur la Côte d’Azur. Vous aurez gagné quatre kilos, et peut-être davantage s’il arrive au monde avec son caméscope numérique.
Merci le Coq des bruyères, quelle économie !


 
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LE COQ DES BRUYERES mardi 27 juin

 

BRONZEZ MALIN !

Chaque année au retour des vacances estivales, les hôpitaux accueillent les victimes du bronzage intégral. Cancers de la peau eczémas, pelades, squames, démangeaisons intolérables, coups de soleil aggravés, insolations poussées, j’en passe et des plus fines.
En dépit des milliards de mises en garde dont les médecins nous gratifient, il se trouve encore des milliers de cons pour s’exposer au soleil sur toutes les tranches. Ce qui permet de les distinguer facilement dans la foule : les bronzés à outrance, les cuits et recuits de l’épiderme grillé, voilà les vrais cons. Ils savent qu’ils vont se déglinguer la santé, faire suer les médecins et les infirmières, creuser un peu plus le trou de la sécu, eh ben tant pis, y continuillent !
Les cons.
Hén la sécu, faut être étourdie pour rembourser les frais de soins aux ultra bronzés, non ?
Bref.
C’est donc à eux, les cons, que je m’adresse aujourd’hui, car j’aime les cons. Sans eux, je n’aurais rien à écrire. La connerie est le premier moteur de la création. Car, en plus des cons de toutes natures, il y a le con qui sommeille en moi et qui s’éveille parfois, et qui déconne, et qui finit par m’inspirer une chanson autocritique ; j’aime exposer mes travers en scène, je l’ai toujours fait, c’est une bonne thérapie et ça rapporte des droits d’auteur. Une chanson comme « La claque », par exemple, m’a rapporté plus de 10 000 euros en quinze ans. Et c’est pas fini, le disque se vend toujours…
Bon, alors les cons, écoutez mes conseils :
POUR BRONZER SANS DANGER, RESTEZ A L’OMBRE !
Vous ferez d’une pierre trois coups :
- vous ne subirez aucune atteinte due au soleil
- vous éviterez la torture aux 40000 rongeurs qui, chaque année, sont traités par les labos de produits solaires.
- Avec une peau colorée normalement, vous ne passerez plus pour un con.
…Et, sans rien débourser, vous resterez en bonne santé.
Merci docteur Suce, quelle économie !

UNE BREVE DE FRED PRADELLE :
« Je suis pour l’introduction de l’Ours dans le cul des chasseurs ! »
Je me disais, ya plus rien à dire là-dessus, eh ben si !Evidemment, c’est pas les médias qui vont s’emparer de ces grasses plaisanteries. Je vous dis ça, parce que je viens de lire dans un forum Font et Val que d’après quelques internautes, j’étais classé dans les « GRAS ». Enfin !Bon Dieu, ce qu’il faut de temps et de ténacité pour être reconnu à sa juste valeur !Un jour à la télé, un journaliste demande à Léo Ferré : «Qu’est-ce qui vous fait rire dans la vie ? » et Léo de répondre : l’humour quand il est gras ». Ce jour-là, je me suis dit : «Plus tard, je serai gras ou rien ».Voilà qui est fait, je peux mourir en paix..

Ohé les Marseillais ! Le 13 janvier, y’aura Daniel Gros, Marianne Sergent, Béatrice Darmon, et Font au théâtre Toursky. Or, c’est complet. Mais on peut se rabattre sur la veille.



 
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LE COQ DES BRUYERES mercredi 28 juin

 

DRAGUER SUR LA PLAGE, UNE UTOPIE ?

On dit souvent qu’au retrour des vacances estivales, quand refleurissent les maillots de bains suggérant de folles conquêtes sous les pins des dunes, l’homme, c’est-à-dire le Français, consacre le plus clair de ses après-midi à emballer la gueuse.
Sympathique distraction, bien dans le droit-fil de la réputation du Français, c’est-à-dire de l’homme, qui est, comme on le dit partout sauf à l’étranger, un étalon de première bourre.
Je veux bien le croire, étant français moi aussi, et par conséquent voué à séduire la baigneuse dès que pointent les chauds rayons de Phoebus sur nos plages surbondées.
Or, il y a un hic…
Premièrement, aussi loin que remontent mes souvenirs de vacances, je n’ai jamais été foutu de provoquer le moindre cillement d’œil chez les naïades exposées sur le sable. J’avais beau passer et repasser devant elles, un peu comme Aldo Maccione mais en moins drôle, aucune ne me suivait du regard en tirant la langue et en humectant le sable à la hauteur de son sexe indifférent au mien. Echec total, et pourtant je suis pas mal foutu, bien des garagistes vous le diront, je m’entretiens chaque jour afin de conserver quelque allure propice à affamer les salopes, eh ben nibe !

Deuxièmement, je n’ai pas constaté chez les autres mâles ce succès dont on parle tant au bar de la plage, et qui se résume à ceci : « Celle-là, c’est comme si c’était fait ! »
Vu que le lendemain, alors que je posai la question au séducteur-né, j’obtenais une réponse évasive, teintée d’amertume.
Et j’en ai déduit que c’est la raison pour laquelle les hommes, les vrais, les Français, viennent en vacances avec leurs épouses. Là au moins, c’est comme si c’était fait, puisque c’est déjà fait. Non mais vous pensez bien que si la perspective de la plage nous autorisait à espérer des conquêtes faciles, pas une famille ne viendrait se baigner sur nos côtes !
Draguer sur la plage, une utopie, oui. Mais qu’ya-t-il de plus beau que l’utopie, qui nous évite les pensions alimentaires ?
Quelle économie !



 
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LE COQ DES BRUYERES jeudi 29 juin

Les jeudis d’Anthony


Hexagone

Après Clearstream, EADS refait la une des gros titres de la presse nationale. Une seule question me traverse l’esprit : pourquoi tant de scepticisme ? Douter de l’honnête Arnaud Lagardère, ce n’est vraiment pas gentil ! Il est là le défaut des gauchistes, ils voient le mal partout. Pourquoi ne pas croire comme d’autres croient en la sainte bible que Messieurs Lagardère et Forgeard à la tête d’EADS ne savaient pas ce qu’il se passait dans leurs usines ? Tout avait si bien commencé avec Airbus, la fierté de notre président, qui avait raflé de très jolies commandes… mais vous savez ce que c’est, on dit je vous livre le bel avion dans l’après-midi et puis en définitive on livre l’oiseau l’année d’après.
EADS avait annoncé le 8 mars 2006 que son A380 aurait à peine six mois de retard sur la date prévu (été 2005) puis après que Forgerard et ses trois enfant aient vendu presque au double du prix d’achat leurs stock-options (mi-mars), Forgerard annonce le 13 juin que l’Airbus sera livré avec un an de retard. Les actions d’EADS chutes de 27 % le jour même et on accuse Forgerard d’avoir menti aux actionnaires et d’être coupable de délit d’initié ! Oui, je sais, vous vous dîtes que peut-être ils ne savaient rien, qu’ils n’ont pas fait exprès et que de toute manière Monsieur Lagardère dont le groupe Lagardère est le principal groupe de presse français ne peut dire de vilains mensonges ! Je vous comprends.
Monsieur Lagardère, que Dieu le bénisse, a déclaré : « j’ai fait le choix entre passé pour quelqu’un de malhonnête ou pour un incompétent qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. J’assume cette deuxième version. » Le boss qui dirige, entre autre, Europe 1, le Monde, le Parisien, la Tribune… serait un incompétent ! Il y a beaucoup mieux comme scoop, non ?

Chirac redonne sa confiance au grand Galouzeau de Villepin. Chirac est finalement un mec exceptionnel, un président grandiose ! Rendez-vous compte, il passe à la télé pour dire que tout va bien, que les français sont heureux, qu’il faut écouter les députés qui représentent selon lui : « la sagesse de l’opinion » ; Ces mêmes députés qui veulent virer (en très grande majorité) Villepin, mais Chirac ne se démonte pas et conclue qu’il félicite le premier ministre qui a « assuré avec succès » son rôle ! Si le rôle de Villepin était de ridiculiser la classe politique qui n’avait vraiment pas besoin de lui, de faire monter les extrêmes et donner une légitimité à Sarkozy –Nicolas se retrouve être le seul crédible à droite- alors, je me joints à notre président pour féliciter le bon soldat Galouzeau.

Sans frontière

« En prendre un pour taper sur l’autre », cette expression va comme un gant au conflit du proche orient. Elle paraît toujours très proche, on se dit qu’on voit la fin des hostilités et puis inlassablement, les israéliens et les palestiniens se foutent sur la gueule. On assiste aux questions de savoir qui a commencé ? Qui c’est le méchant ? Vous avez fait un attentat ? Alors on vous bombarde. Vous nous avez bombardé ? Alors on va vous faire un attentat… c’est sans fin ! Mais le conflit a des supporters, il passionne, il fait survire les guerres intestines de la presse internationale et il faut avouer qu’en cette période de coupe du monde compter les points est sport à part entière.

Médias

La presse est-elle libre ? C’est une question qu’il faut sans cesse avoir à l’esprit lorsqu’on lit un journal. Lagardère (le Monde), Rothschild (Libération), Dassault (le Figaro) sont-ils à leur place à la tête des trois grands quotidiens français ? Si vous interrogez ces trois fils à papa et grand-papa, ils vous assureront de l’intégrité du journal et que c’est les insulter que de mettre en doute leur droiture !
Exemple de transparence et de respect du journalisme : François Pinault. L’histoire est belle comme un parfum de luxe. Le Nouvel Observateur dans un article du 13 avril intitulé : « Parfum de crise chez Saint Laurent » évoquait le malaise sociale au sein de l’entreprise dirigée par Chantal Roos. Yves Saint Laurent, il faut le préciser, est une filiale de Gucci qui appartient à Pinault. L’article n’a pas enchanté la Chantal que l’Obs comparé à une : « diva fantasque et excentrique » ; Résultat, Pinault annule plusieurs publicités qui devaient paraître dans l’hebdo qui par conséquent se trouve avec une perte de 300 000 euros. L’article ne visait même pas Pinault mais la directrice d’une de ses filiales et pour punir les vilains journalistes, on attaque le portefeuille. Les journaux sont aux mains des requins de la finance et avec la crise que subit la presse écrite, la liberté et l’indépendance des journalistes s’amincissent dangereusement ! Donc, pour soutenir la liberté de la presse achetez le Canard enchaîné et Charlie Hebdo, journaux sans publicité et 3.20 par semaine ce n’est pas grand-chose et puis c’est tellement utile.

Culture

Se balader un mercredi après-midi dans Aix-en-Provence au mois de juin est un plaisir et ce n’est ni mon ami le socialiste Patrick Font ni le surfeur des sécrétions vaginales Denis Zavarise qui vous diront le contraire. Ce mercredi 28 juin en plus de mes flâneries habituelles, je suis allé voir le dernier film de Terry Gilliam « Tideland ». Voici un petit résumé de cette histoire qui se déroule en plein automne au Canada :

La petite Jeliza Rose, fillette de 11 ans, part après le décès de sa mère en compagnie de son paternel, un junkie interprété par Jeff Bridges, dans la maison de sa grand-mère. La vie de Jeliza Rose est loin d’être de tout repos, c’est elle qui prépare les seringues du papa qui lui dit « je pars en vacance » à chaque piqûre. La fillette a pour meilleure amie une tête de poupée Barbie qu’elle appelle Mystique et elle la place tout le temps sur son index avant de partir dans des aventures qui la rendront heureuse ou qui la terroriseront.

C’est la seconde fois que Gilliam donne le rôle principal à un enfant. La première fois c’était dans Time bandits qui racontait l’histoire d’un petit garçon qui voyageait à travers le temps avec pour compagnons des nains qui voulaient devenir riches en pillant les grands noms de l’histoire.
Tideland est une fable noire, c’est Alice aux pays des merveilles qui survit à l’enfer que par son imagination. L’imaginaire c’est notre porte de secours semble vouloir nous dire Gilliam dans ce chef d’œuvre qui dérange et qui bouscule les tabous. Car la petite Jeliza Rose tombe amoureuse d’un handicapé mental qu’elle embrasse, elle voit mourir son père sans comprendre qu’il est mort et s’endort dans ses bras… et je ne vous dis pas tout pour ne pas gâcher votre plaisir !
Ce film montre merveilleusement tous les aspects de l’enfance : l’innocence, la cruauté, la curiosité et surtout l’amoralité ! Car l’enfance n’est pas immorale, elle ne connaît que les limites instinctives (la peur, la joie, la faim…). Le spectateur se retrouve dans la peau d’une gamine perdu et seule et il s’angoisse pour elle à chacune de ses virées.
Gilliam filme les scènes en inclinant la caméra de quelques degrés ce qui nous donne l’impression que la vie de Jeliza Rose peut basculer d’un moment à l’autre dans le sordide ou dans l’horreur. Gilliam a une nouvelle fois réalisé un film pour enfant qui leur sera interdit. Mais bon, est-ce le genre de film que veulent voir les enfants ? Il serait plus juste de dire que Gilliam a réalisé un film pour adulte dont le personnage principal est un enfant.

Si vous voulez vivre deux heures de poésie cinématographique, allez voir se film qui n’est finalement et c’est déjà beaucoup, qu’un chant d’amour à l’imagination, à la rêverie, à la féerie ou tout simplement à l’Art avec le « A » majuscule qui fait défaut à la soupe dont on nous gave généralement.
Je dois préciser que la toute jeune actrice Jodelle Farland est époustouflante ! Espérons que de nombreuses actrices, comme au hasard Mathilde S. héroïne du navet Camping, en voyant ce film arrêteront le cinéma en réalisant que le seul rôle où elles peuvent briller est celui d’une chèvre morte.

Sport

« Les français doivent sans réserve soutenir l’équipe qui les représente », ces mots de notre président ne font que me conforter dans mon dégoût de l’équipe de France. A bien y réfléchir, je me fiche du sport ; d’ailleurs le jour de la victoire de la coupe du monde en 1998, j’ai passé la soirée puis la nuit avec une très jolie Tahitienne sans me soutier de l’équipe qui « me représentait ». Ce qui me fait horreur, ce n’est pas le sport mais l’humeur patriotique qui suit la victoire. Je le répète donc, l’équipe de France me fait chier et j’espère qu’elle perdra le plus tôt possible et même qu’elle perdra en se prenant en 5 à 0 qui humiliera tous les fervents supporters de cette équipe de merde !



 
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LE COQ DES BRUYERES vendredi 30 juin

 

Anthony n’aime pas les gens


Il y a près de 13 semaines un journal que je ne nommerai pas m’a demandé d’écrire une chronique hebdomadaire intitulée Les jeudis d’Anthony. Ces chroniques m’ont valu plusieurs insultes de lecteurs mécontents. Les insultes écrites par des braves gens trop pressés pour signer se résumaient souvent à : « Sale Pédé de gauchiste de merde crève ! » ou « T’as pas de couille, t’es pas digne d’être Corse ». Si ce genre de message m’a souvent fait sourire, il n’empêche que ça m’a fait réfléchir sur la hiérarchie sexuelle dans l’inconscient de certains de mes contemporains.

Tout d’abord l’homosexualité. On entend souvent « pédé » comme une espèce d’adjectif pour désigner un manque de consistance, de force, de virilité… par exemple : « Ca, c’est un livre de pédé ! Il est bon ce pinard, ça c’est pas un vin de pédé ! T’as vu ce match de pédé ? » Etre un pédé ce serai donc se soumettre, ne pas être à la hauteur ou tout simplement se faire dominer. Pour ces gens qui parle de « pédé », la pénétration est une agression et non un partage. Quand un homme « baise une salope » il l’a domine, il lui impose sa puissance et surtout sa virilité. L’homme est donc naturellement sadique et la « chienne, pétasse, pute… » logiquement masochiste. L’homosexualité passe alors pour un rabaissement de la condition du « mâle dominant » car il se fait « enfiler » comme une femme ce qui est inacceptable et honteux pour ces hétéros de caniveau !
Ah, l’Homme ! Ce maître du monde, ce fils de Dieu dont la femme n’est crée qu’à partir d’une de ses côtelettes. Il est donc évident que l’homme qui se rabaisse à se faire pénétrer comme une vulgaire « pouffiasse » mérite les foudres de ces fiers mecs qui ont des « grosses couilles » !
L’homophobe n’est pas seulement le type qui veut agresser physiquement le « pédé » c’est aussi celui qui voit dans la sexualité une manière d’établir un pouvoir. Le type qui a « des couilles » n’aime ni les « pédés » ni les femmes car elles subissent le même traitement à savoir l’humiliation du « pénis tout puissant ».
Pour nos braves mecs avec des « grosses couilles », les testicules sont le symbole de cette virilité. Puisque les femmes n’ont pas de couilles c’est naturel qu’elles soient sous notre emprise, tandis qu’un homme qui a reçu « l’honneur » de porter des burnes ne peut se mettre dans la position d’une femelle.

Les couilles, c’est justement ce que l’on reproche aux hommes qui manquent à leurs devoirs. Par exemple, un homme qui n’a pas de couille ne peut être respecté car il manque de courage ou de volonté. Le ridicule de ces hommes avec des « couilles » c’est qu’ils dotent même les objets des petites baballes qu’ils ont entre les cuisses. Un exemple strictement au hasard, mais vraiment au hasard, un journal comme Charlie Hebdo peut ne pas avoir de couilles et c’est horrible pour un journal de ne pas « avoir de belles grosses couilles qui pendouillent ».

Les pauvres femmes qui doivent constater avec amertume qu’elles ne possèdent pas cet attribut viril entre leurs jambes ne peuvent que se résigner à être traitées comme des « sous-hommes ». Pauvres femmes incapables de faire un concours de branlettes ou de jouer à celui qui pisse le plus loin et à celui qui a « la » plus grosse ! Elles doivent être frustrées. Pour un homme viril les femmes sont des eunuques !


 
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