Sommaire
27ème semaine 2006
  Les auteurs réunis
     
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi

 

LE COQ DES BRUYERES lundi 10 juillet

 

APRES LA COUPE…

Pour résumer, Zidane a commencé sa carrière par un coup de pied, et l’a achevée par un coup de tête. La boucle est bouclée, ON a perdu, d’après ce que j’entends, reste à savoir qui est ce ON. En tout cas c’est pas moi, ni la plupart des copains qui ont regardé « Seule dans la nuit » avec Audrey Hepburn, ce qui tendrait à prouver qu’il y a en France de gens qui se démarquent des ON.
En quelque sorte, de mauvais Français.
Moi, en tout cas, je me suis demandé ce matin avec une angoisse éphémère si je n’étais pas un mauvais Français.
Puis je me suis souvenu que ma fibre patriotique m’avait abandonné à l’aube de mes douze ans lorsque, sous la forme d’un ver solitaire, elle allait rejoindre les chiottes dans un tourbillon définitif. De nationalisme furieux je passai au stade de « citoyen du monde » pour faire comme papa, qui disait en fin de repas, le dimanche, entre le gigot à l’ail et les hôtes renfrognés :
-Remarquez, les frontières sont des saloperies tout juste bonnes à permettre aux imbéciles de s’entretuer, mais elles ont du bon, car elles permettent aux imbéciles de s’entretuer ».
Là, généralement, trois à quatre convives se levaient et nous quittaient, l’œil confit. On ne les revoyait jamais, et c’est ainsi que peu à peu, mes parents firent le vide autour du gigot à l’ail du dimanche midi. Je pense que mes parents étaient mal élevés, mais qu’ils le disaient bien.
Plutôt que de devenir supporter, papa choisit d’être sportif. Il jouait au foot, au tennis, se déplaçait sur patins à roulettes, vélo, patins à glace, et, constatant que j’avais horreur des brutes affairées sur le stade autour du ballon, m’initia au ping-pong. Jamais, jamais, je ne l’entendis murmurer : « ON a gagné ! ». Lorsque survint la drôle de guerre, il ne dit à personne : « ON va leur foutre la raclée », mais « ON va se faire enculer en deux mois, montre en mains ». Ainsi fit-il le vide autour de lui, on le traita d’étranger, d’Espagnol, de déserteur, mais ce qui lui importait, c’était qu’on le traite de vivant.
Ainsi va-t-il de soi que papa m’inculqua, sans discours superflu, le dégoût de la foule qui pense unique, et se dirige vers le même idéal. Il ne disait pas drapeau, mais crachoir. Lorsqu’en I961 j’ai évité l’Algérie en me faisant honteusement réformer, il acheta deux bouteilles de Gewurtztraminer et nous nous saoûlâmes la gueule proprement, entre hommes, entre potes.
Je pense que papa était un anarchiste.
La preuve : il n’a jamais dit qu’il l’était.
Arriba !


 
  début de page  

 
MERCI LES BLEUS D’AVOIR PERDU !!!
 
 

 

Adieu les bleus !


C’est pathétique de regarder l’engouement et l’enjeu politique d’un simple match de ballon. Comment peut-on accorder une quelconque confiance à un homme politique qui mélange le sort dérisoire d’une équipe de foot à celui d’un pays entier ? En quoi la défaite ou la victoire de l’équipe de France bouleverse notre quotidien ?
Après la séparation entre l’église et l’Etat, il va falloir œuvrer pour la séparation entre le sport et l’Etat. Les sportifs ne représentent qu’eux même et certes, ils ne sont pas responsables du trône où les placent nos politiciens et nos journaleux. D’accord ils ne sont pas responsables de l’abrutissement qu’ils engendrent mais je suis du genre à mettre les bouffons du roi ou du président dans le même sac à merde que leur roi ou leur président. Un sac à merde aux couleurs Bleu Blanc Rouge pour que ça fasse ton sur ton bien entendu. Accusez moi d’être un anti-patriote et vous aurez raison ; mais la loi qui privent de sa carte de séjour l’étranger qui outrage publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore ne me concerne pas ! C’est donc avec le privilège d’être né en France que je souille le joli drapeau !
Zidane c’est l’Ulysse des temps modernes avec Thierry Roland dans le rôle d’Homère.
Demain ou après-demain, la France se réveillera avec la statue de Zidane à coté de celle du soldat inconnu, un square Prévert sera remplacé par le square Zidane… puis dans 20 ans, après avoir traîné dans des affaires douteuses, Zidane aussi sera amnistié comme Guy Drut !

A ce propos, notre Président, le grand Jacques Chirac, a fait un discours retransmis à la télévision moins de 24 heures après la défaite des « bleus ». Nous ne pouvons qu’admirer sa vitesse de réaction, son envie de participer à tous les temps forts de la nation : quel homme ce Chirac !
Nous aurions peut-être aimé qu’il réagisse aussi vite lors des émeutes dans les banlieues, de la déconvenue du CPE ou du désaveu de l’affaire Clearstream, mais il y a des priorités dans la vie de notre chef de l’Etat et, à l’analyse de la rapidité de ses prises de parole, la politique n’en fait pas partie.
Mais, je ne boude pas ma joie ! Oui, je suis heureux du malheur de l’équipe de France. Quel plaisir de voir la déconvenue d’un pays entier : regarder le « héros national » Zidane partir la tête basse, la déception des journalistes qui, malgré la défaite, continuent à consacrer la totalité de leurs journaux à un match de football.
J’aurai voulu être sur les Champs-Élysées ou sur la Canebière, ce dimanche 9 juillet 2006, pour savourer la tristesse de mes contemporains. Je m’imagine marchant lentement au milieu des drapeaux en berne, sourire à ceux qui à genoux se lamentaient de la cruauté du destin et surtout, voir les couleurs tricolores sur les visages de nos braves supporters s’effacer sous le flux de leurs larmes. O délice du sadisme et amour de la misanthropie.

Finalement, j’ai tout particulièrement une pensé pour l’italien que le foot et le patriotisme dégoûtent. Je pense à lui, seul dans un pays qu’il méprise, essayant d’échapper au monde en écoutant de l’opéra, ne pouvant marcher dans la rue sans croiser un mammifère qui lui rappelle la manière qu’ont les nationalistes d’arriver au pouvoir. A toi, l’italien qui souhaitait la victoire de l’équipe de France pour les mêmes raisons que j’espérais celle de l’Italie, à toi l’ami je te dis : courage !
Alors mon pote, pour te saluer, je relis les aventures d’Alceste et je pense à cette rage qui te ronge les tripes car tu sais que tu vas devoir supporter l’invivable : le bonheur absolu des imbéciles heureux d’être nés quelque part.

 
  début de page  

 

LE COQ DES BRUYERES mercredi 12 juillet

 

L’AVENTURE C’EST LA CONFITURE .

Le fils d’un des auteurs réunis, Lucas, 17 ans, bachelier nouveau, si bien ancré sur sa guitare qu’on ne s’inquiète pas trop pour son avenir, vient de nous faire son petit reportage sur les élus du bac.

Et moi, le vieux résigné à tout voir en gris, surtout l’avenir, eh ben me revoilà feugeant de la taupine, remonté à 1OO° comme une onde bouillante rugissant dans une urne pétillante d’optmisme si vous voyez l’image, j’ai toujours eu de mauvaises notes en rédaction, je forçais le trait jusqu’à provoquer chez le prof un eczéma myrteux qui le contraignait à m’expédier vers la porte, avec force noms d’oiseaux dont le plus fréquent fut : « Ouste ! ».
Me voilà donc ce matin ondulant tel un champ de blé sous les aurores qui sucent, pour parodier Zidane face à Bernadette Chirac, juste avant la coupe de champagne dont les bulles claquent encore dans nos esprits patriotes.

Bref, Lucas nous fit part, en quelques mots, de l’état d’esprit régnant dans la sphère triompante des bacheliers nouveaux.

Vous êtes assis ?
S’agissant de leurs études universitaires, la plupart des élus entendent se propulser dans ce qu’ils appellent la « Compta-gestion ».
Vous avez bien lu.
Je ne vous explique pas ce que c’est, même le moins matheux d’entre nous, c’est-à-dire moi, comprend de quoi il retourne.
Compta-gestion.
Depuis la marche des chercheurs d’or en 185O vers le Sacramento, à travers six mille kilomètres d’embûches, d’insolations, d’attaques indiennes, de mariages romantiques sur les rives du Missouri, de square dance autour du feu de camp près des chariots en cercle, nous n’avions connu de tel séisme. Le plus clair de notre jeunesse, tu entends Jack London ? va bientôt affréter ses radeaux et boats voilés sur les rapides de la compta-gestion. J’en pleure d’émotion, et je compte, depuis hier soir, le nombre de fois où Fenimore Cooper s’est retourné dans sa tombe d’Athabaska. J’espère que cette jeunesse aux yeux bridés par le vent de l’audace prendra les précautions nécessaires pour :
-ne pas prendre froid dans les travées des salles de compta.
-se procurer assez de légumes frais pour ne pas mourir du scorbut après deux mois de croisière en Gestion.
-s’armer suffisamment afin de résister aux attaques récurrentes de l’Ours-des-Facs, qui s’en prend à tous les trappeurs de la Compta-Gestion, cette merveilleuse équipée rompue au coude-à-coude dans les canyons grimeux du Strand Maharivelend, bien connu des Vèches.

Merci Lucas pour cette précieuse info, je ne savais pas quoi écrire ces temps-ci, tant j’étais abasourdi par la fin de la moupe du conde, et si t’en as d’autres n’hésite pas. Soit dit en ce qui concerne, good luck sur la grande Prairie du spectacle, c’est pas facile mais c’est chouette.


 
  début de page  

 

LE COQ DES BRUYERES jeudi 13 juillet

 

Les jeudis d’Anthony


Hexagone

Je ne sais pas vous, mais j’ai très peu de souvenir de mon enfance. Quand je dis enfance, je parle, disons, de mes huit premières années. J’ai des images qui me reviennent parfois, mais je pense que j’imagine plus que je ne me souviens.
Je me rappelle par exemple avoir assisté à un spectacle de Guignol, vous savez ce petit personnage lyonnais armé d’un bâton qui matraque un flic, un méchant et un peu tout le monde finalement. Ce petit personnage punit les autres et provoque l’hilarité des gamins. Je me rappelle avoir vu ce spectacle à l’école et m’y être emmerdé. Guignol tape généralement les "forts" et c’est pour cette raison, je pense, qu’il est aimé par les parents qui disent à leur gosse qu’il a de la chance d’aller voir demain après-midi Guignol, même si le gosse préfèrerait un jeu vidéo, mais bon…

Sarkozy est un Guignol mutant, c'est-à-dire qu’en tant que chef de la police il est armé, mais au lieu de frapper les forts, il s’acharne à dégommer les faibles ! Curieusement, Sarkozy risque de devenir notre président de la République. Les artistes savent très bien s’adapter au goût du public et j’imagine déjà les nouveaux spectacles de Guignol : Guignol serait habillé en gendarme et il cognerait sur des professeurs de littérature, des vilains journalistes et des familles de noirs qui auraient l’accent de Michel Leeb ! J’entends très bien le petit Sarkognol dire : « Méchants professeurs fainéants ! Immondes journalistes curieux ! Foutez le camps bande de nègres qui mangeaient les sous des Français ! » Dans l’épilogue Sarkognol inaugurerait un charter en chantant la Marseillaise. Vivement 2007 !

Comme Sarkozy ne sait pas quoi foutre de son été, il a choisi de passer ses vacances à expulser des enfants. Vous me direz que c’est une activité comme une autre et qu’en réfléchissant bien on va tout de même pas expulser les parents sans leurs rats ! Vous avez raison, mais les enfants provoquent des réactions bizarres : ils attendrissent le "bon peuple" ! Et voilà notre Sarko qui essaye de faire comprendre qu’il n’est pas inhumain aux humanistes et en même temps qu’il faut virer les clandestins aux xénophobes. C’est tout un art la démagogie.
J’ai toujours pensé qu’à la tête d’un pays il valait mieux un philosophe, un écrivain, un journaliste, un professeur d’université qu’un flic, mais la France n’a pas l’air de mon avis. Car Sarkozy est un flic ! Ce n’est pas péjoratif, c’est un constat. Sarkozy est homme d’action, un homme de terrain, un mec qui n’a pas peur de chasser l’électeur du FN ; Sarkozy sait que les étrangers ne votent pas, alors il s’en fiche de leur taper dessus, car le franchouillard calfeutré derrière sa télé : il vote. Mais le franchouillard aime les enfants, même les enfants des noirs et tout à coup, il trouve Sarkozy méchant et il appelle Ségognole à la rescousse, car elle ne chasse pas les enfants, elle, elle mettra les petits noirs au garde-à-vous dans des écoles spécialisées avec des professeurs galonnés. C’est ce qu’on appelle « l’ordre juste » et Sarkozy, c’est l’ordre injuste comme nous le laisse entendre Ségolène… l’important, c’est que tout reste en ordre et que nos marionnettes politiques punissent ceux qui nous font peur, non ?

Sans frontière

Certains dirigeants ne servent à rien et ils le vivent mal. Les dictateurs de l’Iran et de la Corée du nord sont de cela. Vous connaissez la Corée du Nord ? C’est un pays qui ressemble à une petite crotte que nous offrirait la Chine. Donc, comme le chef de la Corée du nord ne sert à rien, il a décidé d’exister internationalement en menaçant tout le monde. Le chef de la Corée du nord, Kim Jong-il, a lancé sept missiles pour voir un peu ce que ça faisait, tandis qu’au même moment le nabot iranien Mahmoud Ahmadinejad refusait de cesser les recherches sur le nucléaire.
Le japon qui se trouve à très peu de bornes de la Corée du nord, parle d’envoyer sur son voisin une bombe s’il continue de faire joujou avec des missiles. Mais la constitution du Japon interdit au pays d’user de frappes préventives même en cas de danger. C’est bien simple, la constitution japonaise ôte tout bonnement le droit de guerre au pays. Les pauvres japonais commencent à s’angoisser et je les comprends surtout que la Chine se place en soutient de la Corée du nord et aussi, précisons-le, de l’Iran.
Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Israël vient de bombarder le Liban pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas faire joujou avec le Hezbollah et L’inde, a reçu la visite de quelques terroristes histoire de dire bonjour. Pour résumer, de l’ouest avec Israël à l’est avec le Japon, en passant par le centre avec l’Inde, l’Asie commence l’été en réchauffant les têtes pour mieux se foutre sur la gueule en plein été. Car il n’y a pas à tortiller, une bonne guerre en pleine canicule reste toujours le meilleur moyen pour se refroidir (l’esprit).

Soufflons les bougies

Il y en 100 ans Dreyfus fut réhabilité. Dreyfus, le symbole de l’antisémitisme français, reste toujours un problème pour l’armée. Chirac lors du discours prononcé à l’Ecole militaire, à une fois n’est pas coutume, donné une belle image de sa fonction. Mais le problème de Chirac, c’est que les actions ne suivent pas. En effet, la statue de Dreyfus restera dans un square donnant sur le boulevard Raspail à Paris et ne n’ira pas au sein de l’Ecole militaire. Pourquoi ? Parce que les cons galonnés n’en veulent pas ! Bel exemple d’ouverture d’esprit, Ségolène a vraiment raison de vouloir leur confier des jeunes en difficultés. Mais nous vivons dans un pays où les juifs courent toujours et l’armée ne peut avouer ses relents d’antisémitisme donc, elle justifie sa position par son chef d’état-major, le général Henri Bentégeat qui déclare : « il n'y a pas de demande, au sein des armées, pour de nouvelles cérémonies (…) dans les armées, on n'a pas l'habitude de célébrer ses erreurs. On célèbre d'abord ses victoires ». Tout ça, me rappelle une petite devinette pour enfant : Connaissez vous la plus petite unité de grandeur ? Le millimètre. La petite unité de poids ? Le milligramme. Et la plus petite unité d’intelligence sur terre ? Le militaire ! C’est mignon n’est-ce pas ?

Médias

Sous l’impulsion du réalisateur du Bar des vieux cons qui se trouve aussi être le maquettiste et le directeur de publication du Coq des bruyères, Denis Zavarise, le Coq devient un hebdo. Je salue donc l’arrivé de ce nouvel hebdo et les efforts de Denis qui reste notre grand chef d’orchestre.

Nombril

J’ai et je le regrette, souvent parlé des prouesses de Denis, oubliant la règle élémentaire et primordiale dans toute bonne amitié : la discrétion. J’espère que les lectrices du Coq me pardonneront l’aveu qui va suivre :
Mesdames, Denis est un homme comme les autres avec ses qualités et ses qualités. Mesdames, cette démystification me coûte, mais je me dois d’interrompre l’harcèlement quotidien par la gente féminine dont est victime notre pauvre Denis. Mesdames, Denis de source sûre, lors d’une nuit galante, subit une baisse de régime vers les six heures du matin ! Il est vrai qu’elle ne dure que dix minutes, mais ça le rend humain ! C’est un homme comme les autres même s’il a la particularité de lire l’avenir dans les poils pubiens mais ça, c’est un secret.

Les auditeurs du Bar des vieux cons ont le privilège d’entendre une chanson inédite de Patrick Font qui s’appelle Les amoureux du quai de la gare de Lyon. C’est une jolie chanson tendre comme Patrick sait les écrire, mais celle-ci est particulière car c’est un duo avec la sirène des Auteurs réunis : Béatrice Darmon. En musique, je suis assez misogyne. Je n’apprécie les voix féminines que dans le jazz et en chanson française, je ne supporte que Patachou quand elle chante Brassens, le reste me fatigue… ça manque de consistance, de charisme. Mais quand Béatrice chante on retrouve la sensualité et la grâce d’une voix souriante et disons-le simplement : on est bien ! Téléchargez au plus vite cette chanson, c’est un petit bijou.


 
  début de page  

 

LE COQ DES BRUYERES vendredi 14 juillet

 

ZIDANE !

Le monde du foot est foutu à cause du fric, soit ! Mais les opposants au foot ont été pathétiques. Ils veulent supprimer le foot comme Pol Pot a voulu interdire le piano sous prétexte que c'était « un instrument bourgeois ». Ben ouais ! Ils se sont gourés de combat, les gauchos de salon. Je ne suis pas un anti-foot, bien au contraire. Tout gamin, j'ai fait du foot avec les Arabes de mon patelin, ils représentaient 75 % de la gloire de mon club. Ils jouaient comme des dieux, Pourquoi ? C'est très simple : en bas des HLM de Chassieu (4 Km de Vaulx en Velin ), aucune aire de jeux n' existait  ! Alors pensez donc ! Un ballon, quel rêve !!! Zizou a eu un coup de bol incroyable, il a eu une famille d'accueil à Cannes qui a cru en lui parce qu'un entraîneur y a cru aussi ! Et voilà, c'était parti ! Moi, je peux vous dire que j'ai côtoyé des Zizou qui m'ont fait rêver et qui m'ont mieux appris le foot que n'importe quel entraîneur ! Ils s'appelaient Abdel Tébouhrski , Belcassem Boudouha , Ali Kisrane etc ...Tous des copains de classe, en plus ! Je les enviais, ils me faisaient rêver et ils m'avaient donné confiance en moi car ils ne s'étaient jamais foutu de ma gueule, vu que je jouais moins bien qu'eux...Après, j'ai arrêté le foot car je ne voulais plus devenir Rocheteau qui était mon idole mais Renaud, qui avec 2 accords de gratte, m'avait converti à la «  protest song made in France ». Bref...J'ai grandi avec le foot et je ne le regrette pas ! Surtout aujourd'hui ! D'ailleurs, j'ai replongé dedans car ce monde est passionnant, il suffit de le changer : Abolir la loi du fric et conchier le patriotisme, c'est tout ! Je voulais juste dire que les Zidane que j'ai connus sont devenus des OS, des chômeurs et des taulards car ils ont croisé, sur leur chemin, des conseillers d'orientation qui, drapés dans de grandes idées révolutionnaires de gauche, leur ont sorti la magnifique phrase de Jamel Debouze  : « Tu n'as aucune chance, alors saisis-là ! ». Mes Zizous que j'ai connus sont aujourd'hui des quadras qui rament. Leurs mioches font cramer des voitures. Mes élèves de ZEP adorent Zidane car sa réussite est la leur, en quelque sorte. Ils ne sont représentés dans aucun média, dans aucun parti politique. Le monde culturel est encore très franco-français et élitiste. Il ne reste, à ces mioches, que le sport ou les incendies de bagnoles pour faire parler d'eux.

J'ai fait, en gros, une centaine de concerts de soutien au profit de mouvements comme Ras l'Front, la CNT,la FA, les objecteurs de conscience, les « sans-papiers », les Verts, Attac , la Conf ', etc ...Et toujours ce truc fédérateur : le foot ! Tous avaient à cœur de transformer ce sport pour en faire un mouvement festif capable d'unir des individus de tous horizons. Dans les réseaux alternatifs, le mot d'ordre était : « Plus on organise de tournois, moins y a de gens devant la télé ! » Le but était de faire des fêtes « Foot - musique », histoire de faire rentrer la culture dans les banlieues. En Jamaïque, les Rastas s'amusent à jongler sur du reggae. Le résultat artistique est aussi beau que le break des rappeurs. Entre parenthèse, les chroniqueurs anti-télé qu'on entend un peu partout, sont ceux qui la regardent le plus !

Moi qui fréquente régulièrement les bistrots, ça m'amuse d'entendre des piliers dire : « Vive Zizou  ! », alors qu'ils votent Front National. Thierry Roland qui est un ancien de l'OAS, adule les « black blanc beur ». C'est rigolo non ? Moi, ce qui me broute, c'est d'entendre cette Marseillaise de merde, avant chaque rencontre. Je suis d'accord avec le président de la FIFA et Dany Cohn-Bendit qui réclament la suppression des hymnes nationaux dans les stades. Moi, ce n'est pas la France que je soutiens, c'est la bande à Zidane qui, pour moi, est une équipe d'artistes. Ces sportifs ont cette qualité qu'on ne perçoit que très rarement dans le monde du spectacle : la modestie et l'humilité. Dans certaines presses branchées, des trou - du - cul braillent contre le football et font l'apologie de la corrida qui, d' après eux, est une forme d'expression artistique et culturelle... Et que dire des braillards qui remplissent les arènes en gueulant « olé ! » ? Je ne vois personne manifester à Nîmes contre cette féria de merde qui ouvre sa boucherie tous les ans.

Pour terminer, le coup de tête de Zizou sur un joueur qui a comme copains, des footballeurs qui font le salut fasciste à la fin d'un match, ne me choque pas. Ce coup de tronche a pour moi une autre signification. Les supporters français ainsi que les journalistes sont versatiles : «  Zidane est un vieux », «  Doménech n'est pas dans le coup »... De plus, une bonne partie de ceux qui braillaient « Allez les bleus » avaient pour habitude de bouffer du Bougnoule. A mon avis, le Zizou , il a voulu leur dire ceci : « Moi et toute ma bande , nous sommes champions quoiqu'il arrive, nous sommes entrés dans la légende, alors votre trophée, vous pouvez vous le mettre où je pense ! J'ai vécu avec vous, vous allez crever avec moi ! » Chapeau, l'artiste ! Maintenant, il va prendre une licence d'amateur pour jouer dans le club de son quartier de la Castellane et ce milliardaire va se servir de son blé pour aider les gosses des quartiers défavorisés, alors que c'est à notre « cher Etat » de s'occuper de ces mômes !

Ze Fred

 
  début de page  
retour
Sommaire
Les auteurs réunis
semaine précédente
semaine suivante