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28ème semaine 2006 |
Les auteurs réunis | |||
LE COQ DES BRUYERES lundi 17 juillet
Pour en finir avec le foot C’est agréable d’écrire sur l’actualité, des sujets brûlants sur lesquels il faut porter une réflexion, plus ou moins inspirée, mais toujours avec la volonté d’analyser correctement une situation avec une sensibilité qui n’engage que sa pomme. Je vais pourtant m’offrir le plaisir de vous reparler du foot. Je sais, le foot on en a ras le bol et maintenant que la coupe fut attribuée aux italiens, on a plus besoin d’en causer. Mais voyez-vous, j’ai oublié de parler de quelques détails et je veux me rattraper. Le huitième art ? Cette appellation part d’une méprise : on a tendance à confondre la virtuosité avec l’art. Que les spécialistes parlent de Zidane comme d’un virtuose du ballon, je l’accepte. Disons qu’il est bon dans son boulot. Mozart est aussi un virtuose mais à la différence du sport, l’art n’est pas un jeu et surtout il n’a pas de règle, il n’a pas de fin, il n’a pas d’arbitre… La musique peut-être ludique mais elle fonctionne sur un partage entre l’artiste et le spectateur. Chaque spectateur est acteur de l’œuvre, Marcel Duchamp disait approximativement qu’une œuvre d’art n’existait que dans l’œil de celui qui la regardait. Le sport est un défouloir, il s’adresse à tout ce qu’il y a de pire en nous : l’envie de battre l’adversaire, de conquérir, de vaincre. Pour continuer avec le cinéma, le chapitre « Croissance et éducation » du film des Monty python « Le sens de la vie », regorge de métaphores pertinentes sur les méthodes d’apprentissage dont le sport fait parti et voici ma favorite : Zidane ce héros. Le sport n’est pas un vecteur de fraternité et d’amitié. Dans un match la règle est simple et elle se résume ainsi : Que le meilleur gagne ! Il n’y a de place que pour le vainqueur, le sport n’est qu’une ritualisation humaine du principe darwinien de la sélection naturelle (le fort bouffe le faible). Et si une "équipe d’amis", aborde le sport dans une optique de "combat" à la recherche d’une performance, c’est que le sport n’est plus un loisir mais une règle de vie inspirant les moeurs de cette "bande d’amis". Les sportifs professionnels s’en accommodent : c’est leur boulot. Personnellement, je trouve l’intention douteuse, surtout quand elle est politique en utilisant le sport comme un vecteur d’intégration : la municipalité n’a pas assez de fric pour vous acheter un livre chacun… vous aurez donc un ballon pour 22 ! Et un et deux et trois neurones ! En conclusion, on entend souvent dire que le foot est fédérateur, qu’il rassemble et ceci et cela… mais c’est ainsi, j’ai horreur des choses qui fédèrent ! Je ne suis qu’un honnête misanthrope hautain, moqueur, égoïste… un artiste qui ne joue que pour la seule cause humanitaire qui lui tient à cœur : son portefeuille ! En plus, j’ai le mépris facile et le dédain tenace et quand je vois du foot à la télé, je me tire avec l’envie de vomir ! « Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier à trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football. (Desproges) » Anthony CASANOVA |
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LE COQ DES BRUYERES mardi 18 juillet
VU DE CORSE 1. Dimanche soir, rendez-vous à Valence avec Thierry Rocher et son fils Lucas, pour descendre sur Nice où le bateau nous attend. Ile Rousse. Anthony nous accueille en un point imaginaire qu’il a fixé après une lecture de Tintin au Congo, de sorte qu’on met 30 minutes pour le trouver. Le soir, dîner dans la vieille ville de Corte, pléonasme, tout y est bellement ancien, taillé dans le XVII° siècle, avec des couleurs à l’italienne, accueil fraternel de deux femmes inventée par le créateur du sourire, mais là encore je me tais, c’est trop bon, ce serait méchant de ma part que de vous mêler à cet antichambre du paradis. De jeunes ilotes chantent, à trois ou quatre vois, puis Anthony entonne « Le premier de la classe » devant un couple d’Allemands qui n’y bitent rien mais sourient avec indulgence, Lucas essaie « Soyez pédé » sur un rythme très éloigné de l’original, j’entonne « Canoë » avec Therry, et sur une dernière liqueur de châtaigne, on va prendre nos lits en marche. Contents. Patrick FONT |
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LE COQ DES BRUYERES mercredi 19 juillet
VU DE CORSE 2. Une famille de touristes demande les heures de métro pour Calvi. Authentique. Une autre demande à l’hôtel une chambre avec vue sur la mer. Nous sommes à Corte. C’est situé au centre nord de l’île. Ceci me rappelle ce couple de touristes qui, à Thônes, Hte Savoie, avait demandé les heures de dégagement du Mont-Blanc…Ya des touristes intéressants, ils ne sont pas tous effacés, et c’est tant mieux. Moi, ce qui me fascine le plus depuis des décennies, c’est l’ado, fille ou garçon, qui chemine derrière ses parents le long des trottoirs et qui, très visiblement, se fait chier pis qu’un UMP. Pardon, un rat mort. Le pauvre garçon, contraint d’admirer avec papa les panneaux de cartes postales, les expos de canifs ou les rayons de poterie régionale, songe à la petite copine qu’il a laissée à Aubervilliers, et qui passe ses vacances loin, le plus loin possible de son amoureux. Très visiblement, rien de ce qui intéresse papa-maman ne l’intéresse. Il en arrive à tenir en haine tout ce qui attire le regard des parents. S’il a la chance d’avoir un petit frère ou une petite sœur, il peut au moins se divertir en leur tapant dessus, ce qui a pour avantage d’engendrer les hurlements de ses inférieurs, et de provoquer les cris des parents qui finissent par baffer l’ado. Ambiance. Climat estival, jamais mis en lumière par Elle, Marie-Claire, VSD ou Paris-Match. Parce qu’on ne critique pas les vacances, même et surtout si elles sont propices à cet ennui majuscule qui fait les bons Français, au point que secrètement, on attend le jour de la rentrée pour enfin s’enivrer, loin de la famille, de liberté. Côté actu : A Marseille, une proprio loue ses caves 200 euros à des pauvres. Avignon fait tache d’huile. SPECTACLES : Le prochain BAR DES VIEUX CONS sera bientôt enregistré à Corte.
Patrick FONT |
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LE COQ DES BRUYERES jeudi 20 juillet Les jeudis d’Anthony Sarkozy a raté sa carrière d’écrivain ou de journaliste mondain. D’ailleurs, il devrait stopper la politique et prendre la place de Genestar qu’il a généreusement fait virer de Paris Match, parce qu’on est en démocratie et que c’est tout naturel qu’un ministre de l’Intérieur décide du limogeage d’un journaliste. Comme je disais, Sarkozy devrait se lancer dans la littérature tout en s’orientant légèrement vers le roman de station service car, il excellerait dans ce domaine. Si Chirac était encore en course pour les élections de 2007, je vous parlerais de son discours grotesque du 14 juillet, mais comme il n’attend plus que sa propre date de péremption pour nous faire des vacances, je m’intéresse principalement à ce que le plus que probable candidat de droite nous laisse comprendre de sa manière de gérer, tout en mélangeant ses histoires de misère sexuelle à la France et ceux qui la peuplent, son ascension à la tête de l’Etat. Sans frontière Le Hamas et le Hezbollah ont déclenché les hostilités. Israël puisqu’elle a commencé, souhaite maintenant éliminer ces deux empêcheurs de vivre en harmonie… souvenons-nous des poignets de mains des jolies histoires de paix et bien maintenant, ça sent le gaz ! Mais le Liban pour atténuer sa douleur à reçu la visite de notre Galouzeau de Villepin qui est allé dire en substance que la guerre c’est moche et qu’en plus ils nous gâchaient le tour de France. Si l’un se sert de sa femme pour gagner de nouveaux électeurs l’autre se sert d’une guerre pour redorer son blason… elle pas belle la droite française ? Soufflons les bougies Il y a 70 ans, Franco. Il existe des hommes dont la simple prononciation du nom glace encore les souvenirs même de ceux qui ne l’ont pas connu. Espérons que dans 70 ans personne n’écrira : « rappelez-vous, il y a 70 ans Sarko… mais comment ce genre d’homme arrive au pouvoir démocratiquement ? » Vous trouvez que c’est disproportionné, que j’exagère ? Pourtant, quelles que soient les raisons invoquées, c’est toujours par l’effacement d’un journaliste que ça commence. Nombril Lors d’un repas en plein soleil, une assez jolie femme d’une quarantaine d’année, d’origine slave, alors que nous regrettions l’absence d’un parasol me demanda la signification de ce mot. Après lui avoir expliqué la fonction de l’objet, elle ria en disant que dans sa région on appelle le parasol : Ein big Zavarise. N’en croyant pas mes oreilles, je lui ai demandé s’il y avait un rapport avec un musicien français ! Là, les larmes aux yeux et le désir naissant elle m’a dit d’une voix suave : « Toi connaître Denis Eros Zavarise ? » Depuis ce jour, elle me harcèle pour avoir son numéro de téléphone… Je n’ose imaginer la raison d’une métaphore qui bouleverse le vocabulaire !
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