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30ème semaine 2006
  Les auteurs réunis
     
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LE COQ DES BRUYERES lundi 31 juillet

VU DE CORSE 5.

Je voulais vous causer des fromages corses, mais c’est inutile, on ne les trouve pas, ou presque pas, sur le continent. Tout se passe comme si cette île restait frappée d’ostracisme, et donc, pas étonnant si parfois des bombes explosent. Un conseiller municipal m’a dit hier soir que la Corse n’était prise en compte financièrement que depuis 15 ans par notre gouvrenement de Paris. Rappelons que la Corse est « française » depuis I765, ce qui aurait pu laisser du temps à nos princes pour se pencher sur l’île.
Le personnage historique le plus aimé de la population corse est Pascal PAOLI, farouche défenseur des droits des insulaires. Sans vous faire un cours d’histoire, je vous dirai que Napoléon n’est apprécié qu’à Ajaccio, où il est né. Moi qui pensais que tous les Corses étaient bonapartistes, ben voilà qui me rassure, car, entre nous, je n’ai jamais beaucoup aimé le Boucher de l’Europe, à contrario de quelques historiens farouchement attachés à cet épigone du pouvoir absolu. Oh, pas question de juger, on ne juge pas l’histoire, mais il est permis d’estimer que cet homme aurait pu se passer du titre d’empereur, à plus forte raison quand on est issu de la République, non ? Ah mais en France, on adore les poignes de fer, et je connais quelques « démocrates » dans mon entourage dont la pensée, secrètement, défile au pas de l’oie. Z’aiment le peuple, mais ne le fréquentent pas. Notez que, pour être franc, en ce qui me concerne j’aime le peuple parce que ses filles coûtent moins cher que les pétasses de la haute. On peut les emmener bouffer au Macdo sans qu’elles rictussent.
Votre argent ne les éblouit pas, car elles ne savent pas trop ce que c’est. Ici, je pense un peu aux Annéciennes, fausses blondes et vraies connes à manteau noir, qui ne te jaugent qu’à l’aune de la marque de ta bagnole, et je n’invente rien, hélas, car les paysages seraient plus sereins s’ils n’étaient pas habités, petit clin d’œil à Brassens. Par bonheur, il se glisse naturellement, dans le troupeau des maquillées à outrance, quelques bonnes femmes, ou plutôt quelques femmes bonnes, qui vous aident un peu à occulter les pouffes du tour du Lac.
Si l’on excepte quelques villes côtières frappées par le tourisme, on peut avancer sans trop se gourrer que la Corse n’est pas riche. Egoïstement, j’allais dire tant mieux. Elle rappelle l’Italie par maints endroits, surtout par l’architecture et par la relative qualité des routes. Je l’ai déjà dit, mais je le redis car hier, on est allé jouer à MOLTIFAO, village accroché à la montagne, comme on en voit plein les cartes postales. 5OO habitants. Eh bien, et Thierry Rocher m’en faisait la remarque, « on ne se croirait pas en France ». C’est vrai qu’on était dépaysés. Si j’ajoute l’accueil qui nous fut réservé, le repas d’avant spectacle, le vin rouge à saoûler tout un couvent de nonnes abstinentes, l’eau de vie qui te propulse sur la scène à la vitesse d’un pet de cochon, la gentillesse d’un public peu habitué aux soirées satiriques, le pot de l’adieu devant un groupe brésilien, eh bien oui, c’est vrai, on ne se croirait pas en France.
Et là, je tiens à m’élever avec véhémence contre une rumeur furieusement enracinée dans nos esprits de Français supérieurs en tout sauf en football : cette rumeur qui affirme ceci :les Corses ont si peu d’humour que nos spectacles ne marcheraient pas chez eux. Sont tellement attachés à leur terroir que nos chansons les rebutent, sans parler de nos plaisanteries. C’est totalement faux ! Et je peux le dire pour l’avoir vécu, nos gugusseries et chansonnettes fonctionnent ici aussi bien que là-bas, et pas devant un public d’initiés, mais face à des villageois qui ne vont pas tous les soirs au Zénith. Qui a donc semé un jour cette réputation lamentable ? A mon avis, les organisateurs de spectacles se trompent lourdement en estimant que la population ne serait pas apte à comprendre. J’ai entendu dire ça en Suisse allemande et en Belgique à propos de Font et Val : « Le public n’est pas assez informé ». C’est idiot et puis, qu’est-ce que c’est que ces manières de se prendre pour les gens ? En Belgique comme en Suisse, ça s’est très bien passé, même que ça riait plus fort, sauf la presse. Celle-là, si tu te fais connaître sans son secours, elle te toise, te méprise, te conchie. Et ce n’est pas l’EST REPUBLICAIN qui me dira le contraire, ce papier qui nous traînait dans la merde chaque année, à l’occasion de nos passages à Nancy. Cela dit, on ne constata jamais de défaillance côté fréquentation, à croire que notre public de l’Est était plus républicain que son journal. Tout ça pour vous dire, saltimbanques de tout poil, que vous pouvez sans crainte aller vous produire sur les estrades corses.Et n’écoutez pas les bruits de mauvais augure.
Voyez plutôt : on est déjà pressentis pour revenir cet hiver tant à Bastia qu’à Corte. Alors, hein.
Le séjour touche à sa fin, le temps a couru très vite, y’avait rien à jeter.

NB. Denis m’apprend qu’en juillet, on aurait eu 36OO visites sur le site !…Et 16OO en juin…Bon, ben, bienvenue aux nouveaux, et, pardon de me répéter, n’oubliez pas le festival du BAR DES VIEUX CONS du 1° au 7 septembre à Paris ! Spectacles avec buffet savoyard, parce que nous aussi, on a un terroir, et même un terroir-caisse, pour paraphraser Martial Paoli, notre concepteur en calembours à la con.

Patrick FONT

 
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LE COQ DES BRUYERES mardi 1er août

 

VU DE CORSE 6.

Voilà, c’est fini, c’était court mais c’était pas long. La nuit était belle, de l’île rousse jusqu’à Nice, avec une houle assez nerveuse, des étoiles partout, et des lumières de bateaux vite évanouis dans la nuit chaude. Vous connaissez tous ce genre de mélancolie qui sent déjà la nostalgie, et qui vous conseille par tous les pores de ne pas revenir chez vous, parce que votre cœur a déménagé ailleurs. Si nous avions l’âme nomade, nous serions descendus en Sardaigne, pour rallier l’Italie et s’en aller tout doucement, sur la pointe des tongues, vers l’Egypte ou quelque chose comme ça, en vue d’aller faire le Tour du Monde sur les traces de Philéas Fogg…Si nous étions aventuriers, nous n’aurions pas les soucis récurrents du sédentaire, toujours enquiquiné par les mêmes préoccupations petites-bourgeoises qui, accumulées, vous poussent insensiblement vers l’horreur de la maison de retraite. Mais voilà, on est enracinés, et la vie passe sans qu’on ait pris le temps de faire plusieurs fois le tour du monde, et ça, je dois dire que ça m’énerve, et qu’il m’arrive de me traiter de vieille carotte fixée dans son terreau jusqu’au dernier rot.

Merci à Martial et Anthony de nous avoir déroulé le tapis rouge qui nous a menés jusqu’à Antonia, la jolie serveuse de « La rivière des vins », et pas que jolie, avec en plus de sa grâce naturelle une infinie gentillesse qui n’avait rien de commercial. Merci de nous avoir mis en contact avec la grande Céline, stagiaire à Corse-Matin, et pour qui, réchauffé par l’inspiration érotique, je me suis mis à chanter en fin de bouteille :
Céline, Céline,
Fruit de la belle saison
Tes deux clémentines
M’ont fait perdre la raison.

…Sur la musique de « Grenade, Grenade », de Guy Béart.
Oui, clémentines, car l’histoire retiendra la discrète petitesse de ses nichonnets, mais comme disait ma belle-mère : « Du moment que ça remplit les mains d’un honnête homme… » N’étant pas honnête, je n’ai pu vérifier l’authenticité de cette appréciation. Elle nous a fait un super article dans le journal, et n’a pas négligé de venir quelquefois partager nos bouteilles, nos figatellus et nos patatines. On dira ce qu’on voudra, mais des vacances sans nanas, c’est nul. Il faut, je crois, ajouter de la beauté à la beauté, vu que la beauté appelle la beauté, je m’exprime comme une cloche à fromage, mais n’ai pas eu le temps de vous peaufiner une belle phrase bien dodue. Et ce que je dis est naturellement valable pour les filles, qui ne crachent pas sur le beau mec vu qu’en vacances, elles n’ont pas que les vitrines à lécher, les salopes. Bref, tout ça pour dire, comme chante le poète myope :
A quoi servent les voyages
Si t’as pas dans tes bagages
La promesse d’un baiser
Ou d’un corps à contempler

La promesse, car seuls nos yeux ont touché, c’est con mais c’est pas triste, va. On en gardera des chansonnettes, ces bluettes que l’on n’écrit que si l’on n’a pas couché. Rien de tel pour chanter la belle amour que de rester puceau. Saviez-vous que Victor Hugo avait fait venir chez lui, place des Vosges, 2OOO hétaïres, rien que pour coçntempler leur pubis ? Vous allez me dire que je m’éloigne de la Corse, mais non, car tout est dans tout, et réciproquement.
Merci également aux parents de Martial et Anthony, qui nous reçurent un soir sous la tonnelle bastiaise avec une espèce d’affection qui nous a désarçonnés, vu qu’en France, on ignore l’ampleur de cette fournaise qui naît dans le cœur. Anthony me traitera de romantique, ce qui me permettra de lui dire : « Suce ».
Et puis il faudrait dire merci aussi à tous ces gens, inconnus, qui te sourient, on ne sait pas trop pourquoi, dans les ruelles et sur les trottoirs, peut-être parce qu’on essaie de leur faire bonne figure, et surtout, de ne pas passer à leurs yeux pour des Parisiens dédaigneux, hautains, conquérants, colonisateurs, comme c’est souvent le cas, hélas. Merci au petit grillon qui, toujours planqué à la même place dans un jardin, nous a interprété sa musiquette avec une touchante application.
Et merci aux orages, dont les gouttes obèses nous ont bien rafraîchi la couenne, merci au soleil qui, l’espace de quelques rayons, sécha mes slips, mes chemises et mes maillots, si bien qu’on avait tant de linge propre à notre disposition qu’on se croyait mariés, merci à la petite brise de l’île de beauté, qui nous a caressés jour et nuit, voyez-vous, je suis maintenant obsédé par le doux grondement d’un gros bateau qui, je l’espère, reviendra me charmer les trompes quand la chance nous reprendra par la main pour nous héler jusque vers les calanques et les pots de confiture de figue.

Adieu les grands oiseaux planant dans le ciel, comme d’immenses et larges sourires éternellement recommencés.
Pardon pour cette chroniquette à l’eau de rose, mais était-ce vraiment de l’eau ?

Mardi I° août, Corbeil-Essonne.

Patrick FONT

 
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LE COQ DES BRUYERES mercredi 2 août

CUBA LIBRE !

Ne lisant point l’avenir dans le marc de café ni dans le vomi de la presse, je m’abstiendrai d’évoquer l’état d’un pays où je n’ai jamais mis les pieds.
Mais j’ai envie de causer de Cuba, d’abord parce que ça me rapproche de mes racines espingouines, et ensuite parce que j’ai bien envie d’aller bourlinguer dans ces îles lointaines, depuis que j’ai mis les sandales en Corse, j’ai un de ces feux au cul, mes bonnes, tant que j’ai rêvé last night que je me déplaçais à la vitesse d’un suppositoire appartenant à Renée Zellwegger !
Bon. Donc je vous dirai Cuba en ratisssant ce que j’en ai entendu de la bouche de ceux de mes copains qui y sont allés. Ce qui donne une petite synthèse dont je ne vous garantit pas l’authenticité, hein, comme d’hab on déconne.
On y va, détachez vos ceintures et allumez vos cigares.

Ecoutons ce que nous dit mon cousin Bob, qui voyage volontiers partout où il ya des vagues et du sable, avec si possible des corps féminins exposés au soleil et à son regard de taupe vicieuse surmontée d’une élégante casquette jaune pisse, avec la visière inversée pour faire rap. Bob ne se déplace jamais sans son appareil-photo caméra, qu’il a gagné en prime suite à un abonnement de 5 mois à l’hebdo LE POINT. Ce complexe photo-film ne fonctionne pas, vu qu’il est « made in France », donc fabriqué par des ouvriers français salariés, en attendant d’être opérationnel, c’est à dire confectionné par des ouvriers chinois bénévoles. Chez nous, tout le monde est payé parce qu’on sait que l’argent ne fait pas le bonheur et que le bonheur, on n’aime pas. (cette dernière appréciation négative vient du fait que mon café matinal me donne des aigreurs, et que dans ces moments, je me crois philosophe).

Voici ce que nous rapporte mon cousin Bob :
-A Cuba, tu verrais, les filles sont superbes. La minijupe à ras la touffe, pour celle qui en ont une. T’as pas intérêt à y aller avec ta meuf, mon vieux, quand on va chez le charcutier on emporte pas ses boudins ! sic. Elles te jettent des regards vers la braguette, mon vieux, que même si tu les touches pas, tu feuges du figatellu que c’en est une honte surtout que ton short est si fin qu’on peut deviner tes pensées à cinq cents mètres par temps de brume. Ben tu vois, conseil d’ami, n’y vas pas avec ta meuf, sauf si elle est gouine, auquel cas ce serait pour elle un fameux cadeau de mariage, l’emmener en voyages de noces à Cuba pour qu’elle broute le soissonnais des îlotes, et pour pas cher, vu que là-bas, on sait que l’argent ne fait pas le bonheur.
A Cuba, l’accueil est foutral, cimiesque, ludicard, buf, mon vieux, quand tu longes les ruelles, caff, toutes les portes des huttes s’ouvrent à toi, mam, pour t’inviter à venir manger le chourraspif, la cornaille, le bichonnet, le tout arrosé d’une petite liqueur de susse, fabriquée en caissons d’argumes par les pénitenciers du Zeul. Cabef. Le Zeul est un désert où les cadavres jouent aux boules en criant « Vive Castro ! » toutes les demi-heures, jakko, comme quoi on n’a pas besoin de montre, c’est chiant pour les Cubains qui sont tous voleurs, lok, comme les Italiens et les Labradors. Ouais, c’est comme je te le dis, yakoul, l’accueil cubain est cubain. La maîtresse de maison te fait asseoir et s’agenouille pour te pomper la nouille avant même qu’elle se mue en spaghetti. Lhouksor.
Pendant ce temps, on te sert la salade de caque, un mélange de bouse de Fennec et de salive d’Angine.
Et le café ! alors là mes salauds, le café cubain, juvumusu, c’est pas l’ami du petit-déjeûner ! Moi, ce qui me botte dans le café cubain, c’est la tartine de crèche que j’y fais tremper, tu sais, gouille, la mouillette, la mouillette cubaine qui ressemble à nos mouillettes du Morbihan, le pain en moins. Là-bas, tu te beurres le doigt et tu le trempes dans la tasse, en prenant bien soin de ne pas croquer, sinon t’as plus rien à te mettre dans le nez quand la crotte demande à sortir, méqué !
A Cuba, ya du soleil mon vieux, on pourrait presque dire que c’est ensoleillé. Mate mon bronzage, nokia, ça vaut toutes les cassettes d’Antoine, tu sais Antoine, le meilleur caissier de Super U, le mec qui hurle « Atoll, les opticiens ! » chaque fois qu’il regarde sa bite, l’ex-anar, pléonasme.
Voilà, et j’en passe.
Filles, accueil, gastronomie, plages, soleil, sable, vagues…
C’est rien de le dire, mais Cuba, ça poivre !
Ah, j’oubliais : ya une misère terrible.

Patrick FONT

 
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LE COQ DES BRUYERES jeudi 3 août

Les jeudis d’Anthony


Hexagone

Dans une France en vacance, il est rassurant de constater que les communistes ne changent pas, la preuve : ils stagnent. Dans les prochains jours, Marie-George Buffet va devoir déterminer la position du PCF pour les élections. Mais, la vieille Buffet se trouve dans une position délicate car les communistes ne regardent pas dans la même direction. Les uns comme le député de Seine-Saint-Denis, Patrick Braouezec, rêve d’une candidature de « la gauche de la gauche » avec José Bové comme messie et pour cela, Buffet doit troquer sa faucille et son marteau pour une paire de moustache et du roquefort. Puis il y a les autres, comme Hue qui veulent que la candidature de Buffet soit suivie d’une alliance avec le PS car il faut bien bouffer. Cruel dilemme ! Buffet va devoir choisir entre la démagogie et le renoncement. Pourtant, toute heureuse de voir la France dire NON à l’Europe, Buffet s’imaginait déjà en reine des démagos, de LO en passant par la LCR, puis des Verts jusqu’à Fabius en allant jusqu’au camarade Bové, elle pensait qu’ils se désisteraient tous pour ses beaux yeux dissimulés coquettement sous sa paire de lunette. Oui, tous ensemble contre les méchants capitalistes, ils pourraient renouer avec le pouvoir et en avant pour le recul !
Mais voilà, chaque artisan de la victoire du NON veut être le représentant de la victoire du NON. Et plouf les rêves des cocos. Qu’il y a-t-il de plus beau que les désillusions ? Mais je suis humain et la tristesse de Marie-George me touche, oui, je sais qu’elle n’est pas contre l’Europe, disons qu’elle voudrait que l’Europe soit fidèle à l’Europe de l’est… mais le problème des communistes, c’est qu’ils pensent que le peuple n’a jamais tort sauf quand les masses populaires pensent que les communistes se trompent ! Et là, c’est le bordel et on doit se coucher sous la papatte du PS pour survivre en cas de victoire. Car les communistes le savent, ils ne sont bons que dans l’opposition puisque ainsi, ils peuvent à volonté dire qu’une constitution européenne peut-être de d’extrême gauche puisque 23 pays sur 25 sont complètement à droite ! Je me répète mais honnêtement : qu’il y a-t-il de plus beau que les désillusions ?

Paris plage interdit les seins nus et les strings. Paris plage c’est un ersatz. Il n’y a pas de mer, dans les tentes il n’y a pas de campeur et les femmes n’ont même pas le droit de montrer leur poitrine. Les interdits touchent toujours le corps féminin, les hommes peuvent être torse nu, les femmes non. Que c’est risible et déprimant de voir la ville lumière mettre un peu d’ombre pour censurer les corps. On peut se réjouir du succès de la gay pride qui vante la liberté sexuelle, le succès du musée de l’érotisme qui reflète la victoire de l’art sur les tabous. Maintenant on pourra rêver en voyant les Parisiennes dans les mêmes tenues de plage que leurs arrières grand-mères lorsqu’elles découvraient les congés payés en 1936 en se baignant dans des sacs à patate. Ne t’inquiète pas ma petite Vénus, tu ne pers rien à ne pas de dévoiler à Paris puisque la Scène est beaucoup trop dégueulasse pour que tu t’y baignes, mais il reste des plages et des rivières où tes seins nus ne choquent que s’ils sont absents… de jolies fontaines qui te chantent « il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’... »

Sans frontière

Tous les regards se tournent vers le Liban, c’est logique c’est là-bas qu’il y a de l’action. On peut déplorer, à juste titre, les hésitations diplomatiques qui ont dirigé Israël vers une impasse. La communauté internationale qui voulait se débarrasser du Hezbollah regrette qu’Israël mette un peu trop de cœur à l’ouvrage. Pendant ce temps, les alliances contre nature se forme. Après le pacte de non-agression entre Staline et Hitler voici le pacte anti-américain entre Chávez et Ahmadinejad ! Ils ont tous deux des « points de vues communs » a déclaré le nain iranien. Chávez le gauchiste et Ahmadinejad le fanatique se donne la main pour lutter contre les monstres : les Américains ! J’ai beau être de gauche, plutôt hostile au capitalisme sauvage du gouvernement américain, mais voyez-vous je préfère tout de même les défauts des Etats-Unis à toutes les qualités du régime dictatorial iranien.
Chávez qui, je le rappelle, est le président Vénézuélien et l’idole du Monde diplomatique, a comparé l’offensive d’Israël au Liban aux « actes d’Hitler » puis, devant les étudiants iraniens (sic), il a parlé du « fascisme israélien » ; tandis qu’Ahmadinejad s’est contenté de comparer la politique Israélienne à la politique militaire de l’Allemagne nazie. Ce qui est constant avec le peuple juif, c’est la comparaison systématique avec leurs bourreaux. Il y en a eu des guerres depuis le commencement de l’humanité, mais Israël est toujours assimilé aux nazis. Les victimes mélangées aux bourreaux, ainsi les juifs n’ont plus le droit de se plaindre, ils ont égalisé comme diraient les amateurs de foot que sont Chávez et Ahmadinejad. Ce qui relie le gouvernement iranien et le gouvernement vénézuélien, c’est l’antisémitisme, la haine des vilains juifs et, naturellement, la haine des USA qui sont leurs amis. Pour l’Iran, les Etats-Unis ne représentent pas le méchant capitalisme mais le pays de la dépravation, de la liberté. En choisissant de soutenir l’Iran, « à tous moments et dans n’importe quelles circonstances » Chávez vient de se déclarer l’ennemi de toutes les démocraties, l’ennemi de la liberté de penser, de créer, de vivre ! On peut être très critique vis-à-vis de la politique de Bush, de Blair, de Chirac mais on ne doit, et je parle bien de devoir, on ne doit pas favoriser une dictature face à une démocratie et j’ai hâte de lire le Monde diplomatique pour voir quelles excuses ils vont trouver à Chávez. Que tous ceux qui comparent Israël à l’Allemagne nazie n’oublient jamais qu’ils ont avec les nazis des points de vues communs et qu’ils s’appellent antisémitisme et révisionnisme.

Nombril

Le Bar des vieux cons n° 9 sera bientôt disponible avec un nouvel intervenant : Lucas Rocher. Je vous conseille ce jeune auteur compositeur qui danse sur sa six cordes avec toute la passion qu’il faut pour swinguer (correctement) l’utopie. Ce Bar des vieux cons est différent des autres car le magicien Denis Zavarise n’a pu y participer, Denis qui reste le seul homme en combinaison de ski à faire rougir une femme si d’aventure elle regarde l’émotion du Zavarise au dessous de sa ceinture.

Anthony Casanova

 
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LE COQ DES BRUYERES vendredi 4 août

SCANDALE.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte, vous les malades, les grabataires, les cancéreux en phase terminale, les sclérosés en plaques, les leucémiques de huit ans, les myopathes, les malformés rénaux placés sous dyalise, les paralysés de toutes catégories, je ne sais pas si vous pesez l’ampleur du scandale, mais sachez que, sur nos plages de France, LA SURFACE DES PLAGES PRIVEES EST RAMENEE DE 3O A 2O%…
Par décret gouvernemental, du 26 mai dernier.

Premiers concernés, les professionnels de la Côte d’Azur. Non seulement ces pauvres gens étaient riches, mais ils vont devenir un peu moins riches, ce qui est une insulte à la pauvreté, moi je dis, Liliane ! Car, privés de riches, les pauvres n’auraient plus le plaisir de mendier, or la France a besoin de mendiants, comme à Paris par exemple où les tentes des campeurs SDF ont tenu la vedette dans toute la presse. Le pauvre fait partie de notre folklore, on l’expose dans des vernissages-photos, on le fixe sur la toile, on l’exhibe en cartes postales, et on en fait des chansons. On aime les pauvres parce qu’ils ont un cœur, et les riches parce qu’ils ont de l’argent. Tout est en ordre.
Mais cet ordre, il a fallu qu’un gouvernement de droite vienne le perturber, chère Liliane !
En réduisant la surface des plages privées, le peuple mal argenté va occuper 1O% de sable en plus, au détriment des gros culs friqués. Les professionnels du tourisme, en Français les margoulins de merde, vont louer moins de chaises longues !!! Non mais, les mourants, vous vous rendez compte ? Moins de chaises longues, évidemment vous vous en foutez, égoistes, salauds de malades, vous qui bénéficiez à plein temps d’un plumard d’hostau payé par la communauté. Moins de chaises longues sur la Côte d’Azur, Liliane, va falloir s’allonger par terre, comme des scouts, et encore, les scouts fabriquent des hamacs pour les fixer entre deux pins des Landes, mais des pins des Landes à Nice, à Cannes, à Antibes, c’est aussi rare qu’une lueur d’intelligence dans la gueule d’Artur !…Quel séisme ! Et puis, comme le dit un professionnel du tourisme, en Japonais Vatfairenkulé, « nous allons réduire la qualité du service ! ». Obligés d’embaucher des nègres analphabètes et sans-papiers, pour déplier les chaises longues, beuark, des nègres, comme si y’en avait pas assez au Sénégal !
Quand vous demanderez un Coca avec deux glaçons, Liliane, le Camerounais de service vous l’apportera dans un gobelet cartonné recyclé en papier Lotus, que vous en aurez plein les doigts, que ça va poisser, que vous devrez vous rincer dans l’eau de mer, qui poisse aussi, VIVEMENT LA GUERRE !!!
Epicépatout…
Que nous dit la presse indignée ?
« Enfin, la clientèle estivale ne cache pas non plus son incompréhension. « Cela fait plus de vingt ans que je viens à Nice, observe Marie, originaire de Saint Quentin, dans les Yvelines. J’apprécie beaucoup le confort et la sécurité des plages privées, je trouve qu’elles apportent une valeur ajoutée à la Côte d’Azur sans pour autant défigurer son littoral ».
J’aimerais connaître cette Marie, pour l’épouser, et pouvoir ainsi la battre avec un ventilateur branché. Valeur ajoutée. Je t’ajouterais mon pied aux citrouilles, connasse, pour oublier que la plupart des vacanciers ne peuvent pas claquer les 1O euros quotidiens que réclament les professionnels du tourisme !
-Ah mais je vous demande pardon mon cher, quand il s’agit de s’offrir l’apéritif et les cigarettes, ils trouvent l’argent ! Nin !
Autrement dit, le vacancier pas trop friqué devrait se priver de son apéro et de ses clopes pour accéder à la chaise longue.
Moi je dis, parce que c’est moi qui le dis alors je le dis, tout le monde devrait avoir accès gratuitement au littoral comme à toutes les rives des lacs et des rivières. Parce ce que l’eau appartient à tout le monde, au même titre que l’air. Non ? Oh mais, que je suis bête, ignare, inconscient : cette phrase, je l’ai déjà entendue, depuis que j’ai l’âge d’entendre, depuis 1943…Je l’ai entendue, mais jamais, jamais, elle ne trouva d’écho en haut lieu. Sauf, un chouilla, le 26 mai dernier.
Mais ne vous en faites pas, les professionnels du spectacle, vous recouvrerez vos privilèges quand la gauche reviendra au pouvoir !

NB. Que les gros culs ne se vexent pas, cete expression passe-partout ne signifie pas grand chose, et je dirai que, quant à moi, j’aime les larges fessiers et les poitrines ouvertes sur le monde, autant que les fines fleurs aux culs de cerises et aux mini-seins qui tiennent tout seuls. Mais, voyez-vous, on s’exprime souvent, par paresse, avec des expressions déjà mâchées, qui, à force d’être re-pétées, finissent par trahir notre paresse intellectuelle. Je n’aime pas me moquer du physique des gens, de crainte de m’entendre dire : « Commence par toi-même, gros con ! »

CON.
A propos de con, existe-t-il une vraie définition du con ? Qu’est-ce qu’un con ? Peut-on employer cette insulte à toute occasion ?
J’ai bien ma petite idée, elle vaut ce qu’elle vaut et réciproquement. Un con, c’est quelqu’un de désagréable. Là, on est tous d’accord. Un con, c’est quelqu’un que l’on évite. Là, on est tous d’accord. Un con, c’est quelqu’un qui fait chier le maximum de monde. Toujours d’accord ?
Un con, c’est le mec qui met sa sono à fond dans sa bagnole pour emmerder tout un quartier. Toujours ok ?
Un bémol, tout de même : untel pourra vous dire que, loin d’éviter les cons, il les recherche, afin d’essayer de les rendre moins cons. Mais là, nous frôlons la définition de l’amour…

DRAGUE.
J’ai enfin, enfin, trouvé la meilleure façon de draguer !…

Je croise une jolie femme sur le trottoir ou sur la plage.
Sachant que je n’ai aucun pouvoir de séduction instantané, j’évite de lui balancer mon regard pervers et sans lendemain. Au moment où je la croise, je crache par terre.
Splitt !…fait ma langue. Slach !….fait le crachat en touchant le sol. Vous suivez ?
Bon. Si elle m’a bien vu et bien entendu, elle se dit :
-C’est un pédé.
Le lendemain, m’efforçant de la retrouver sur le trottoir ou sur la plage, même cinéma. Splitt !….Slach !…
Là, elle se dit :
-Ce type est vraiment pédé jusqu’à l’os. A l’examen prénatal, quand elle a demandé à l’infirmière si c’était une fille ou un garçon, l’infirmière a répondu « c’est un phoque ! ».
Le lendemain, au lieu de cracher, je lui souris très imperceptiblement. Me sachant pédé, et donc incapable de lui léchouiller la hulotte, elle me sourit très imperceptiblement. Les femmes aiment les pédés, qui sont toujours courtois avec le beau sexe, et qui le demeurent à vie, puisqu’ils ne couchent pas. En effet, le coup de bite a pour effet de transformer le prince charmant en charretier de troisième zône, comme si notre galanterie foutait le camp avec le sperme.
Suivez toujours ?
Le lendemain, je la croise dignement, sans même sourire, avec si possible une démarche élégante, classe, j’ai lavé ma liquette et ciré mes tongues. Elle se retourne lègèrement sur mon passage, et là, hop, je me retourne franchement, et lui dis : « Belle journée, n’est-ce pas ? »
C’est gagné, sauf s’il fait un temps de merde.
Voilà.
Essayez, vous me raconterez !

Patrick FONT

 
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