Entretiens d’Outre-tombe

Avant-propos
Chers lecteurs, le Coq des bruyères est un journal satirique mais en aucun cas il ne souhaite dormir sur les lauriers qu’à juste titre vous lui dressez. Il faut le dire sans fausse modestie, la modestie est d’ailleurs toujours un peu douteuse, le Coq va repousser pour vous les limites du journalisme d’investigation en donnant une leçon à ses Messieurs du Figaro et de Télérama. C’est ainsi que le Coq a décidé de remplir ses devoirs de journalisme en vous offrant de grands entretiens que lui seul peut obtenir.
Partant du principe élémentaire que c’est en comprenant le passé qu’on obtient une meilleure analyse du présent, voire du futur, le Coq donnera la parole aux grands personnages morts de l’Histoire de l’Humanité avec toute la déontologie qui fait défaut aux autres journaux.
Le Coq remercie tout particulièrement Joseph Allan Kok pour son dévouement et son courage.
Les Entretiens d’outre-tombe de Joseph Allan Kok
Il y a des jours où le métier de journalisme prend tout son sens. Je tiens à dire que j’organise et prépare cet entretien depuis plus d’un mois, car les contacts furent très difficiles à prendre. C’est pour comprendre la Chine d’aujourd’hui qu’à l’occasion des trente ans de sa mort, j’ai rencontré Mao Zedong le 15 septembre à 23h02 heure de Cuba. Mao, assis sur une pile d’invendu du Petit Livre rouge, m’attend vêtu d’en peignoir rose qui laisse entrevoir que le grand timonier a oublié de se mettre un slip. Dès mon entrée dans son lieu de repos, il me demande s’il y a des opposants à son œuvre au sein du Coq des bruyères. Je sens le piège et je lui assure que nous l’aimons tous, surtout Anthony Casanova qui ne peut s’empêcher de le citer en exemple. Il sourit, récite un poème et me dit que l’entretien peut commencer.
Mao Zedong en quelques dates
1893 le 26 décembre : Mao né à Shaoshan en présence de quelques rois mages venus pour l’occasion.
D’octobre 1934 au 19 octobre 1935 : Mao, pour se dégourdir les gambettes, fait une Longue marche à travers le pays.
1949 le 1er octobre : Place Tienanmen, Mao invente sa République Populaire face à des chinois hilares.
1957 de frévrier à juin : Mao donne cents fleurs à celui qui le critique, mais devant la masse de reproches, il préfère distribuer une balle pour tout le monde que la famille doit rembourser.
1966 le 16 mai : Mao a son apogée lance la révolution culturelle. Les jeunes connus pour leur dynamisme et leur pureté se font le plaisir de massacrer tout le monde.
1976 le 09 septembre : Mao meurt de rire devant le film Les chinois à Paris de Jean Yanne.
Joseph Allan Kok : Hello, do you speak English ?
Mao Zedong : Moi, pas parler langue capitaliste.
J.A.K. : Que dites-vous du Français ? On peut la faire dans la langue de Georges Marchais ?
M. Z. : Hi hi hi, vous drôle ! Je veux bien, faire en Français.
Cela fait trente ans que vous êtes parti au paradis des tortionnaires…
Trente ans déjà ! Ca ne me rajeunit pas hi hi hi ! Mais, je reste le plus grand des dictateurs, et c’est bon à savoir.
Le plus grand, pourquoi le plus grand ?
Je suis le seul qu’on célèbre dans son pays ! Personne, il célèbre Franco, Salazar, Pinochet, Hitler ou Staline ! Moi on continue à m’aimer !
Pourquoi selon vous ?
Parce que comme je suis le plus fort ! La dictature a continué après moi hi hi hi. Les autres, leur œuvre est morte avec eux ! Moi, le plus grand !
Quel regard portez-vous sur la Chine d’aujourd’hui ?
Un regard rouge hi hi hi ! Plaisanterie. La Chine doit écraser tout le monde, c’est sa destiné !
Mais de nos jours, la Chine n’est communiste qu’en apparence et…
La Chine c’est comme le journal Libération ! Ca commence avec Mao et ça fini avec dollars hi hi hi l’importance c’est de faire croire qu’on est à gauche !
Que pensez-vous de la France
La France n’existe pas ! USA et Chine, le reste des parasites qui comblent les vides.
Sans vous manquer de respect, vous êtes à l’origine de combien de mort ?
Des millions hi hi hi mais des millions de parasites, n’est-ce pas ?
Quand vous avez… ?
Vous pas répondre à ma question ?
Comment ?
Millions de parasites, n’est-ce pas ? Vous d’accord ?
En tant que journaliste, je ne dois pas prendre position, je dois informer.
Si toi pas répondre, moi pas continuer entretien !
Mais je crains que la vérité ne vous déplaise…
La vérité hi hi hi je me fiche de la vérité ! Je veux aimer ce que j’entends !
C’était certainement des parasites pour le pouvoir chinois…
Réponse ambiguë ! Mais on peut continuer.
Parlons un peu de la campagne des Cents fleurs.
Bêtise ! C’était après le « Grand bon en avant » qui devait en un temps records rattraper sur l’agriculture et l’Industrie les Britanniques et les USA. Pour cela, il fallait travailler 20 heures par jours. Mais ça a fait grande famine !
Il y eu 30 millions de mort…
Au minimum hi hi hi !
Heureux que ça vous… ça amuse…
Oui beaucoup… donc, le « Grand bon » désastre, alors j’ai pensé faire un peu de calme. En lançant « les Cents fleurs ».
Le but était…
Prouver que tout le monde était libre de critiquer en Chine le gouvernement.
Continuez…
Ils ont tous critiqué les imbéciles ! Il a fallu les faire taire, en les envoyant dans des camps.
Et puis, il y eu la Révolution Culturelle.
Mon chef d’œuvre ! J’étais critiqué par le parti alors j’ai fais appelle à la jeunesse. Tous ces jeunes gens brandissant mon Livre ! Torturant, massacrant, brûlant des livres… c’était sublime !
Cher Mao que pensez-vous des communistes français ?
Il faut leur dire que le pouvoir ne se prend qu’avec les armes ! Le peuple ne sait pas que nous sommes la meilleure chose pour eux et c’est trop long de les convaincre.
On parle aussi des femmes et fillettes que vous avez…
Quand on est un Dieu, on fait ce qu’on veut !
Avant de se quitter un petit questionnaire.
Votre couleur préférée ?
Le vert ! Hi hi hi je plaisante, le rouge !
Votre film préféré ?
Mes films de propagande !
Votre livre préféré ?
Le meilleur, le Petit Livre Rouge, un succès planétaire presque à ma hauteur !
Votre chanson préférée ?
Toutes les chansons à ma gloire.
Quand vous voyez Dieu que lui dites-vous ?
Je te bénie mon fils hi hi hi
Merci, ce fut un plaisir.
Joseph Allan Kok pour le Coq des Bruyères
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