ETHIQUE

 

Qui se lancera un jour à la découverte de ces inventeurs obscurs qui créent les histoires drôles ?
Hein ? Comme par exemple celle-ci, rapportée par André Gide :
Un coq fait les cent pas dans une maternité, fumant cigarettes sur cigarettes, visiblement anxieux, comme le sont les futurs pères.
Un infirmier ouvre la porte de la salle d’opération et lance :
-Monsieur Chanteclerc, c’est un œuf !
Qui a trouvé ça ? On ne le saura jamais, et c’est dommage, car ça dépasse de cent coudées les traits de nos comiques estampillés TFI…
Il en est de même à propos des concepteurs ( quel mot à la con !) de vocables nouveaux destinés à remplacer ceux qui n’avaient pas besoin de l’être. Exemple :
-Le facteur devenu « préposé ».
-L’instituteur devenu « maître des écoles ».
-L’élève de venu « apprenant ».
-Le cantonnier devenu « technicien de surface ».
Etc…
Pourquoi ces changements ?Moi, je n’ai qu’une réponse : pour bien montrer qu’il y a, quelque part dans les sphères évoluées, quelques imbéciles. Qui planchent sur le ravalement du vocabulaire. Pour rien. Ou plutôt pour justifier un salaire nourri par le cochon de contribuable.
-Monsieur le maître des écoles, combien avez-vous d’apprenants dans votre classe ?
-Deux fois onze.
Pourquoi deux fois onze ?
-Parce que ça fait 22.
Absurde ? Pas si sûr, patience, la bêtise ne capitule jamais. Elle a toujours quelque chose à ajouter. Et souvent, par la bouche de ces responsables préposés au maintien des nénuphars pédagogiques où coâssent les crapaudins de l’Enseignement moderne, toujours en quête d’une nouvelle connerie pour faire chier les apprenants. Voyez ce qui se passe au domaine de la lecture à l’école ! Pardon, on ne dit plus école, mais fabrique de crétins. Pardon aux instits obscurs et sans grades qui exercent admirablement leur métier, si parfaitement qu’on n’en parle jamais…
Bref, la bêtise, elle a trouvé ces derniers temps un nouveau truc : L’ETHIQUE.
ETHIQUE pour remplacer CENSURE.
Exemple : si, à la télé, vous vous moquez d’une femme célèbre, le réalisateur de l’émission vous dira : « sexisme ! »
Si vous chahutez un homosexuel célèbre sans même évoquer ses penchants, on vous dira « homophobie ».
Si vous racontez une histoire juive, dont la plupart sont inventées par des juifs, on vous dira « antisémitisme ».
Il n’est jamais, jamais question de censure dans la bouche de ceux qui vous censurent. Mais d’éthique.
Censure nous rappelle la Gestapo.
Ethique nous rappelle à l’ordre.
A terme, c’est la même chose, mais c’est plus élégant au niveau du concept.
Aussi, chers auteurs mes frères, quand un chef ou une cheftaine d’émission radio-télé opposera le mot « éthique » à vos propos, vous conseillerai-je de lui rétorquer gentiment :
-Ethique ? Or ça, chef, qu’avez-vous contre la censure ?
Enfin, si je peux me permettre une pierre à l’édifice de l’éthique, pourquoi ne pas remplacer le mot « démocratie » par « tartufferie » ?
Vous m’objecterez que le terme n’est pas nouveau.
Non, mais il est actuel.

C.F. Consulter à cet effet le BAR DES VIEUX CONS N° 12.

PUB. Toujours le festival théâtral du 1° au 7 novembre au GRENIER, à Paris. 06 83 58 67 57. Avec buffet savoyard.
LE CANDIDAT.
TEMPETE SUR L’ELYSEE.
ET ENCORE BRAVO !
NUAGES ROUGES SUR L’OREGON.
L’ECOLE DE SEDUCTION.
CABARET SATIRIQUE.

DIMANCHE 25 MARS : « SHERWOOD et Cie » au CAFE DE LA GARE,rue du Temple, Paris.

12 et 13 janvier : NUIT DE L’ANARCHIE au théâtre TOURSKY à Marseille, avec Daniel Gros, Marianne Sergent, Béatrice Darmon, P. Font, Martial Paoli.

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