Pierre Laval

Entretiens d’Outre-tombe

 

Avant-propos
Chers lecteurs, le Coq des bruyères est un journal satirique mais en aucun cas il ne souhaite dormir sur les lauriers qu’à juste titre vous lui dressez. Il faut le dire sans fausse modestie, la modestie est d’ailleurs toujours un peu douteuse, le Coq repousse pour vous les limites du journalisme d’investigation en donnant une leçon à ses Messieurs du Figaro, Télérama et autre Télé 7 jours. C’est ainsi que le Coq a décidé de remplir ses devoirs de journalisme en vous offrant de grands entretiens que lui seul peut obtenir.
Partant du principe élémentaire que c’est en comprenant le passé qu’on obtient une meilleure analyse du présent, voire du futur, le Coq donne, toutes les semaines, la parole aux grands personnages morts de l’Histoire de l’Humanité avec toute la déontologie qui fait défaut aux autres journaux.
Le Coq remercie tout particulièrement Joseph Allan Kok pour son dévouement et son courage.

Les Entretiens d’outre-tombe de Joseph Allan Kok
Il fallait fêter l’anniversaire de la mort d’un homme qui a représenté la France et sa complexité. Au moment où la droite la plus dure revient à la mode dans toute l’Europe, j’ai souhaité m’entretenir avec Monsieur Pierre Laval. J’ai obtenu cet entretien assez facilement puisque Laval ne refuse jamais qu’on parle de lui. Je l’ai rencontré le 8 octobre à 19H24 heure d’Anvers. Assis dans un fauteuil rouge et noir, il me dit qu’il est débordé par les préparatifs de son anniversaire, mais puisqu’on lui a dit le plus grand bien de moi, il sera heureux de répondre à mes questions. Je m’installe, nous commençons.

Pierre Laval en quelques dates
1883 le 28 juin : Pierre vient au monde un peu en retard, il était prévu le 18 juin.
1923: Il est élu maire d’Aubervilliers avec le slogan : Même à l’envers on lit Laval.
1940 le 22 octobre : il rencontre Hitler et joue à qui pisse le plus loin, match nul, ils s’urinent tous les deux sur les chaussures.
1942 en mai : Il demande à la police d’arrêter les juifs pour les déporter et comme c’est un homme tatillon, il insiste pour qu’on attrape aussi les enfants.
1943 janvier : Pierre crée la Milice française et recrute 35 000 patriotes en moins de 6 mois.
1945 le 15 octobre : Pierre Laval meurt de rire avant d’être fusillé en regardant To be or not to be (jeu dangereux) de Lubitsch.

Joseph Allan Kok : Hello, do you speak English ?
Pierre Laval : Evidement non ! C’est de la provocation, je vous rappelle que je n’étais pas à Londres.
J.A.K. : Entretenons-nous en français, si cela ne vous dérange pas ?
P. L. : Je pense que ce sera le plus simple et le plus commode.
Cette semaine on célèbre deux dates importantes dans votre vie.
Oui, tout d’abord ma condamnation à mort le 9 octobre et mon exécution le 15.
61 ans déjà.
Ecoutez, c’est un chiffre qui me porte chance puisque, figurez-vous, vous allez rire, mais c’est à 61 ans que j’ai échappé à la mort lors de l’attentat des LVF !
LVF, c’est la légion des volontaires français contre le bolchevisme.
Oui, donc alors que je saluais ces braves, ce petit merdeux de Paul Colette m’a tiré dessus ! Mais j’ai survécu pour la France.
Que pensez-vous des élections en Belgique ou du retour des nazis en Allemagne ?
Ecoutez, c’est une bonne nouvelle pour les démocraties. Bien oui, ça veux dire qu’ils sont nombreux à ne plus en vouloir et je les comprends… personnellement, j’ai vécu une époque merveilleuse où les démocraties n’avaient pas le droit de dire : Bonjour
C'est-à-dire ?
Voyons mon cher Joseph Allan Kok, je vous rappelle que l’Europe et le monde n’avait pas la même couleur ! Salazar au Portugal, Franco en Espagne, Pétain en France, Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne, Staline en URSS, Hirohito au Japon… je vous assure la vie était meilleure !
Comment devient-on fasciste ?
C’est une très bonne question. Tout d’abord, il faut un ennemi. Juifs, communistes, athées, il y en a plein… ensuite, il faut penser qu’ils sont la cause des malheurs du monde et puis il faut vouloir les exterminer. C’est simple.
Je voulais dire intérieurement…
Ah. Il faut être frustré, complexé, avoir des soucis d’ordre sexuel, être souvent traité de petit con. Le fascisme est une pensée très proche de la défécation, c’est un sentiment d’humiliation et de dégoût de soi qui vous pousse à être une merde pour l’Humanité.
Le racisme c’est la même chose ?
Bien sûr, le racisme c’est un sentiment d’infériorité et d’insécurité que l’on ressent. Pour combattre cette peur, car le raciste est un trouillard, on se force à croire que c’est la race jugée comme menaçante qui est inférieure.
Vos relations avec la presse.
Ecoutez, je fus un homme de pouvoir et j’ai de suite compris l’importance des médias. Mes titres restent des exemples. Je peux vous citer Je suis partout, la Gerbe, Gringoire… des modèles.
Ont-ils une filiation avec les journaux d’extrême droite d’aujourd’hui ?
Une filiation faites par des hommes ! Lucien Rebatet, journaliste à Je suis partout qui a travaillé après la guerre dans Rivarol, tout comme le dessinateur Ralph Soupault qui travaillé aussi pour Gringoire et qui a ensuite dessiné dans Rivarol sous le nom de Leno !
Saviez-vous que Le Coq des bruyères est lu par des gens d’extrême droite ?
C’est une merveilleuse mauvaise nouvelle ! Il faut savoir que les fachos comme nous, sont plus pénibles que des fans. Ils bavent en attendant de voir que vous êtes aussi répugnants qu’ils le pensent et ne vous lâche jamais. Ce sont des morpions qui ne pensent qu’à vous, le jour et la nuit, et à vos perversions intellectuelles tout en se masturbant sur l’effigie de Jean Marie le Pen. C’est réellement dommage pour vous.
Quel est l’héritage que vous avez laissé aux Français ?
L’ignorance. Il ne faut pas croire ce que disent les politiciens. Un électeur du Front National est un dégénéré, une loque au service du chef, une épave puante au service d’un drapeau et c’est agréable de régner sur de tels gens car ils sont si serviles qu’on peut leur faire bouffer de la merde sans qu’ils ne perdent rien de leur béatitude !
Si vous pouviez voté en 2007…
Je sens la question. Et bien, je vais vous étonner mais je voterai pour Sarkozy.
Pourquoi ?
A la libération, j’ai compris mon erreur : j’étais trop tatillon ! J’ai fait trop de zèle, comprenez moi, j’étais certain de la victoire Allemande. Mais je suis devenu un symbole et ils m’ont eu ! Les symboles sont trop voyants, il faut être plus nuancé et Sarkozy me semble être un homme assez exécrable pour mériter mon vote.
Avez-vous un message à transmettre aux lecteurs qui partagent vos idées ?
Salut les petits gars de la collaboration ! J’ai un caprice à vous demander, offrez une étoile jaune à Anthony Casanova pour Noël, ça me ferait plaisir !
Avez-vous quelque chose à rajouter ?
Je vous souhaite une finale Sarkozy contre Le Pen !
Avant de se quitter Monsieur Laval un petit questionnaire.
Votre couleur préférée ?
Brun.
Votre film préféré ?
Le Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl
Votre livre préféré ?
Les Protocoles des sages de Sion.
Votre chanson préférée ?
Je suis pour de Sardou.
Quand vous voyez Dieu que lui dites-vous ?
Si seulement vous aviez été Allemand !
Merci, ce fut un plaisir.


Joseph Allan Kok pour le Coq des Bruyères

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