L'ARENE DE FRANCE.
Une émission animée par Stéphane Bern, à laquelle sont conviés des gens opposés sur un sujet donné, deux avocats, et un public de crétins. A noter que dans tous les talk-show, le QI du public se rapproche moins du I que du Q. Forcément, pour se livrer à l'exercice de l'applaudissement dirigé, pour supporter les chorégraphies des animateurs, il est nécessaire d'avoir sous la tonsure un pois chiche aussi vide qu'une pensée de Jean-Pierre Pernault. Dans une des dernières émissions, il s'agissait de répondre par oui ou non à cette question mûrement réfléchie par les concepteurs de mes couilles :"LES VIEUX DOIVENT-ILS CEDER LA PLACE AUX JEUNES ?"
A cette question dont la profondeur sémantique n'échappera qu'aux Loutres de l'Asie septentrionale, 66% du public a répondu OUI.
Ce qui signifie en clair que les vieux, ne servant plus à rien, doivent céder la place, je suis bien d'accord, mais alors pourquoi ne pas fusiller tout le monde à partir de soixante ans, ne serait-ce que pour résoudre l'épineux problème des retraites? L'euthanasie obligatoire, pourquoi pas ? Certes, bien que d'accord avec cette solution, j'ose penser que je me munirais d'une mitrailleuse lourde et d'un tombereau de grenades pour flinguer les jeunes flingueurs, mais cela aurait pour avantage de recréer dans notre pays pacifiste un climat de guerre propice à en chasser l'ennui récurrent. Car il nous faudrait une bonne guerre, c'est ce que je répète à l'envi face à des auditoires indignés sous leur jouissance. Comme dit Cavanna, le Français aime tuer.
Les jeunes n'aiment pas les vieux qui ont gardé l'esprit assez jeune pour paraître plus jeunes qu'eux.
Car il y a de vieux jeunes, et des jeunes vieux, c'est connu, et comme dit Brassens, le temps ne fait rien à l'affaire.
Quand on est con, on est con.
Et quand on voit que l'animateur Cauet est l'animateurs préféré des 15-25 ans, on est bien forcé de dire qu'il y a davantage de jeunes cons que de vieux cons, bien que je m'insurge contre cette affirmation. Mais les chiffres parlent.
Bref, il y a donc dans cette émission deux clans qui s'opposent, bien, on est en démocratie ne ricanez pas, mais les participants sont trop nombreux pour avoir le temps de s'exprimer. Donc, ne peuvent exhaler que deux ou trois phrases, point barre. Donc, font office de potiches, point barre. Et donc, en définitive, la seule vedette, celui qui tire les marrons du feu, c'est l'animateur, cette virgule qui se prend pour un point d'exclamation. Il cause, s'énerve, interrompt ses invités, et donc mérite une bonne baffe dans la gueule. Or, il se trouve que chez les invités, pas un n'a osé le faire. Etonnant. Peur de déplaire à l'opinion ?
Je ne sais pas. Ce soir-là, il y avait Siné, et bien sûr on s'attendait à un feu roulant de grossièretés bien senties tombées ce canon à boulets rouges. Mais le temps ne lui a pas permis d'en balancer suffisamment, à moins qu'au montage, les ciseaux de Bern.... On n'ose l'imaginer.
Ce qui me désole, voyez-vous mes chéries, c'est que des personnalités littéraires, journalistiques, scientifiques, enseignantes, viennent sur un plateau se prêter à ce simulacre de débat. Et, donc, se ridiculisent, car rabaissées au rang de clowns pour Club Med. Et j'ose penser que si tous ces gens-là refusaient d'aller poser leur cul sur le formica de ces émissions dénoyautées, la télé ne s'en porterait que mieux, puisque les débats y gagneraient en qualité. On m'objectera qu'il ne faut pas confondre information et divertissement, à quoi je réponds, car j'ai toujours le dernier mot, que divertissement ne veut pas dire obligatoirement abêtissement. Et toc !
Et qu'enfin, on peut instruire en rigolant. Un exemple?
Que chantait Voltaire en revenant de Loire-Atlanique ?
-Zadig du cul, en revenant de Nantes,
Zadig du cul, en revenant de Nantes,
de Nantes à Montaigu,
Zadigue zadigue,
de Nantes à Montaigu,
Zadig du cul.
Hein ? Ben.
Patrick FONT
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