Entretiens d’Outre-tombe
Avant-propos
Chers lecteurs, le Coq des bruyères est un journal satirique mais en aucun cas il ne souhaite dormir sur les lauriers qu’à juste titre vous lui dressez. Il faut le dire sans fausse modestie, la modestie est d’ailleurs toujours un peu douteuse, le Coq repousse pour vous les limites du journalisme d’investigation en donnant une leçon à ses Messieurs du Figaro, Télérama et autre Télé 7 jours. C’est ainsi que le Coq a décidé de remplir ses devoirs de journalisme en vous offrant de grands entretiens que lui seul peut obtenir.
Partant du principe élémentaire que c’est en comprenant le passé qu’on obtient une meilleure analyse du présent, voire du futur, le Coq donne, toutes les semaines, la parole aux grands personnages morts de l’Histoire de l’Humanité avec toute la déontologie qui fait défaut aux autres journaux.
Le Coq remercie tout particulièrement Joseph Allan Kok pour son dévouement et son courage.
Les Entretiens d’outre-tombe de Joseph Allan Kok
La campagne présidentielle de 2007 verra la dernière candidature d’une femme qui fut un peu la Lucie de la gauche, Madame Arlette Laguiller. C’est pour réfléchir à l’avenir de l’extrême gauche, mais aussi pour faire un bilan de Lutte Ouvrière, que j’ai voulu m’entretenir avec l’homme qui en est un peu le père, Monsieur Léon Trotski. Rencontrer Léon ne fut pas une mince affaire, mais j’y suis parvenu le samedi 14 octobre à 06H21, heure de Miami. En entrant, j’ai eu la surprise de m’essuyer les pieds sur un paillasson à l’effigie de Staline, d’éteindre mon cigare dans un cendrier à l’effigie de Staline et avant de partir d’uriner sur… vous avez devinez.
Léon Trotski en quelques dates
1876 le 26 octobre : Lev Davidovitch Bronstein est né en arborant une petite barbichette.
En 1912 : En attendant le grand soir, il donne un grand jour au journalisme en fondant la Pravda pour que s’expriment uniquement ceux qui le doivent.
De 1918 à 1924 : il est commissaire de la guerre et met sur pied l’Armée Rouge.
Du 19 août 1936 au 13 mars 1938 : Trotski oublie de se rendre à ses convocations pour les Procès de Moscou, il n’est pas le seul, même les avocats ont oublié de venir.
1938 le 3 septembre : Il déclare qu’un vrai communiste doit savoir chanter l’Internationale quatre fois d’affilée sans se tromper, d’où la création de la IVème internationale.
1940 le 20 août : Léon Trotski meurt de rire, avant d’être assassiné, en regardant Duck Soup (Soupe au canard) des Marx Brothers.
Joseph Allan Kok : Hello, do you speak English ?
Léon Trotski : Un Russe ne parle pas Anglais.
J.A.K. : Pourtant vous aviez vécu en Angleterre ?
P. T. : Contradiction ? Vous serez fusillé pour trahison !
En Français ! Ca vous va, en français ?
Oui, je veux bien, de plus c’est la France qui est l’objet de notre rencontre si je ne m’abuse.
Plus précisément une Française.
Ségolène a l’air de…
Arlette ! Vous confondez.
Arlette a l’air de… bon… qu’est-ce qu’elle a Arlette ?
Disons que c’est sa sixième et dernière danse présidentielle…
C’est une grande perte pour le combat contre le grand patronat, le grand capital, la grande bourgeoisie, le grand soir ! Arlette est la quintessence du trotskisme, toute la rigueur d’Arlette, son absence de doute dans la bagarre, c’est ça qui forge un esprit nourrit au marxisme-léninisme-troskisme. Je suis fier d’être le papa de ce genre de groupuscule comme Lutte Ouvrière ! Depuis 1974 qu’elle est porte-parole de LO, c’est vous dire comme la liberté règne chez les révolutionnaires.
Vous êtes sévère.
Mais non je suis heureux… puis-je vous poser une petite question ?
Oui.
Le Coq des Bruyères est un journal aussi libre que la Pravda ?
Peut-être…
Puis-je y faire une révélation ?
Vous êtes ici chez vous.
Arlette est ma fille.
Quoi !
J’étais en France en 1935 et… en mars, j’ai…
Mais Arlette est née en 1940 !
La semence des communistes Russes est glaciale donc, elle est un peu plus longue… voilà pourquoi le 18 mars 1940, ma petite Arlette est venue au monde pour le changer !
Vous avez d’autres scoops ?
Je suis aussi le papa de Ségolène Royal !
Bon, ça suffit les conneries, il ne faut pas prendre les lecteurs du Coq pour des gallinacés !
Pardon. Mais j’en ai marre de perdre, je suis l’éternel second ! Il y a eu Leningrad, Stalingrad, j’aurai rêvé d’un Troskigrad ! Pourquoi je n’ai pas eu de ville à mon nom ? Personne n’a voulu de moi et ma seule fille légitime, ma petite Arlette, en additionnant tous ses scores aux présidentielles, on n’arrive même pas à un bon score de premier tour ! J’ai été contraint à l’exil sept fois et ma petite s’arrête au numéro six, je suis encore une fois déçu !
Mais la gauche de la gauche peut se rassembler !
Plus personne ne veut de la dictature du prolétariat ! Il ne restait plus qu’Arlette ! Mon bonheur c’était de regarder sa volonté. Quand je vois ce que sont devenus les communistes et ceux qui se disent trotskistes, j’ai envie de vomir, je veux voir du sang ! Du sang nom de Marx ! Les bourgeois doivent payer et moi, seul face aux vicissitudes de ce monde qui part en quenouille, je déplore qu’il existe encore des nantis, des privilégiés, des snobs qui regardent la… attendez, vous désirez un autre cigare parce que je vais m’en prendre un ?
Avec plaisir…
Tenez… donc, j’en était où ?
Aux privilégiés et aux snobs qui…
Ah, oui ! Donc tous ces hommes vénaux qui dégustent des grands vins pendant que d’autre non même pas d’eau potable !
Vous pensez qu’on a besoin d’eau si on peut boire des grands vins ?
Ah ah ah, merde, vous ruinez mon petit effet ah ah ah… les grands vins ah ah ah ! Putain, ça fait du bien de déconner. Tout ça pour dire que Staline : quel con ! Rendez-vous compte, qu’avec mes projets je ah ah ah, non le coup de l’eau potable je vais le sortir à Lénine la prochaine fois qu’on se croise ah ah ah. Bon, à part ça… il va bien Patrick Font ?
Ca va… il va participer à un truc sur l’anarchie en janvier
Depuis quand il est anarchiste ? Depuis qu’il boit plus d’eau potable ? Ah ah ah ah ! Non, merde… c’est trop bon…
Avant de se quitter Monsieur Trotski un petit questionnaire.
Votre couleur préférée ?
Rouge comme le pinard ! Ah ah ah… non, sans déconner… rouge.
Votre film préféré ?
Je suis pas très cinéma… j’aime bien la série Dallas.
Votre livre préféré ?
Mon communisme d’Arlette laguiller.
Votre chanson préférée ?
Les anarchistes de Ferré, je l’écoute toujours en buvant un bon Bordeaux ! Ah ah ah….
Quand vous voyez Dieu que lui dites-vous ?
Tu seras assis à la gauche des prolétaires !
Merci, ce fut un plaisir.
Joseph Allan Kok pour le Coq des Bruyères
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