|
Entretiens d’Outre-tombe
Avant-propos
Chers lecteurs, le Coq des bruyères est un journal satirique mais en aucun cas il ne souhaite dormir sur les lauriers qu’à juste titre vous lui tressez. Il faut le dire sans fausse modestie, la modestie est d’ailleurs toujours un peu douteuse, le Coq repousse pour vous les limites du journalisme d’investigation en donnant une leçon à ses Messieurs du Figaro, Télérama et autre Télé 7 jours. C’est ainsi que le Coq a décidé de remplir ses devoirs de journalisme en vous offrant de grands entretiens que lui seul peut obtenir.
Partant du principe élémentaire que c’est en comprenant le passé qu’on obtient une meilleure analyse du présent, voire du futur, le Coq donne, toutes les semaines, la parole aux grands personnages morts de l’Histoire de l’Humanité avec toute la déontologie qui fait défaut aux autres journaux.
Le Coq remercie tout particulièrement Joseph Allan Kok pour son dévouement et son courage.
Les Entretiens d’outre-tombe de Joseph Allan Kok
Il est courant dans chaque pays de voir de temps en temps surgir des affaires dites d’Etat impliquant les plus hauts responsables d’un gouvernement. Cette semaine fut marquée par les déclarations aux juges de Jean-Pierre Raffarin, ex-Premier ministre de la France, dans l’affaire Clearstream. C’est pour comprendre la manière dont se déroulent les grandes affaires que j’ai souhaité rencontrer Monsieur Nixon qui en son temps eut à faire, lui aussi, à la justice. Je me suis entretenu avec Richard Nixon le 21 octobre à 04H18, heure de Saigon. En arrivant sur le lieu du rendez-vous, j’aperçois Richard en survêtement installé dans un canapé en vieux cuir. Il me donne une chaleureuse poignée de mains puis nous commençons.
Richard Milhous Nixon en quelques dates
1913 le 09 janvier : Le petit Richard né avec un walkman.
1955 le 24 septembre : Il occupe la place d’Eisenhower pour la première fois, car celui-ci à tendance à faire du yo-yo avec ses battements de cœur.
1968 le 5 novembre : Richard remporte l’élection présidentielle très largement de 0,3 %.
1972 le 17 juin : Petite interpellation dans l’immeuble du Watergate de quelques hommes en noir.
1974 le 09 août : Il démissionne avant d’être destitué, avec le plaisir de rentrer dans l’histoire par la grande porte du scandale.
1994 le 22 avril : Richard Nixon meurt de rire en regardant Docteur Folamour de Stanley Kubrick.
Joseph Allan Kok : Hello, do you speak English ?
Richard Nixon : Je suis américain.
J.A.K. : Les vielles rivalités. Si nous parlions dans la langue de Charles de Gaulle ?
R. N. : Pourquoi pas ? C’est un homme qui me plaisait beaucoup.
Monsieur le président, avez-vous eu vent de l’affaire Clearstream ?
Oui, mais vous les français, vous savez être des gens civilisés. Aux USA, ils sont trop tatillons, ils auraient déjà demandé la démission ou la destitution de Dominique de Villepin.
Vous en savez quelque chose…
Un peu ! Tout ça pour une stupide affaire d’écoute de ces communistes de Démocrates ! Les enfants de race canine, rendez-vous compte, j’étais à la première année de mon second mandat et j’ai dû démissionner !
Mais Clearstream ?
On s’en fiche ! Tout le monde s’en fiche le haricot par dessus la jambe de bois de l’oncle de ma cousine Clara qui mangeait du poisson le dimanche près de la cheminée !
Je n’ai pas tout suivi…
Je suis un Quakers pratiquant.
C’est à dire.
C’est ma religion, je n’ai pas le droit de dire des gros mots ou même de me soûler la face.
Continuons…
Votre minable affaire de listing bidon, ça n’intéresse personne ! Ca ne m’intéresse même pas.
Peut-être…
Non, je m’en gratouille le slip pour qu’il danse le tango avec les jumelles du dessous !
Mais alors de quoi allons-nous parler, nous étions d’accord pour réfléchir ensemble à l’honnêteté dans la vie politique.
L’honnêteté, je la prend par sa vertu et je lui défrise le vice à l’aide de ma cane en boubou !
Toute votre vie, ou vous a appelé « Tricky Dick » (Richard le roublard).
C’est un vielle histoire. Comme j’étais connu pour être un grand anti-communiste, j’accusé mes adversaires d’avoir des relations avec l’URSS. J’ai battu Helen Cahagan aux sénatoriales de 1950 de cette manière et un journal m’a attribué ce sobriquet de déjection de pigeon grippé ! Inutile de préciser que ça ne ma pas servit lors du Watergatte de me faire appeler pendant 24 ans Richard le roublard !
Si nous parlions de Gorge profonde !
Quel encul… quel vilain fornicateur ! Quand je pense que c’est cette petite défécation bovine de W. Mark Felt, l'ancien directeur adjoint du FBI qui a informé ces mange-fumiers de journaliste ! J’avais pensé que c’était Kissinger ou le vieux Bush.
Pourquoi le surnom de gorge profonde ?
Là, je ne m’en remettrais jamais ! C’est le titre d’un film pornographique ! A moi, le bon croyant, m’assimiler dans l’histoire au titre d’un film de ce genre là !
C’est amusant…
Surtout que je sais même pas ce que c’est qu’une gorge profonde ! Vous savez, vous ?
C’est lors d’une fellation, votre partenaire doit avoir, à un moment, la totalité de votre pénis dans sa bouche…
C’est peut-être pour ça qu’ils ont accusé le vieux Bush ?
Pour l’homophonie ?
Oui ! Mais c’était l’autre fils de femme qui ne demande pas mieux qu’un petit billet pour jouer à la reproduction animale qui m’a balancé.
Pensez-vous que Clearstream va changer quoi que ce soit dans notre paysage politique ?
Non, rien du tout et c’est le signe que votre démocratie sent le sapin. Dès que le peuple est passif au grandes heures de l’Histoire, ce sont les extrémistes qui gagnent car eux, ils n’oublient jamais l’heure du rendez-vous.
Avant de se quitter Monsieur Nixon un petit questionnaire.
Votre couleur préférée ?
Bleu.
Votre film préféré ?
Nixon d’Oliver Stone.
Votre livre préféré ?
Journal d’un vieux dégueulasse de Charles Bukowski.
Votre chanson préférée ?
Back in USSR des Beatles.
Quand vous voyez Dieu que lui dites-vous ?
Restez poli, nom de vous !
Merci, ce fut un plaisir.
Joseph Allan Kok pour le Coq des Bruyères
retour
|