Entretiens
d’Outre-tombe

L’actualité fait parfois ressortir l’horreur du quotidien. Alors que la télévision s’est penchée sur les raisons du meurtre du petit Grégory, un autre fait-divers a ému le monde c’est dernière semaine, il s’agit du drame de la famille Courjault. C’est pourquoi, j’ai tenu à rencontrer le vendredi 03 novembre bébé Courjault à 00H00, heure de Reykjavik. Bébé Courjault est un enfant tout bleu, il est assez gentil même s’il n’arrive pas a comprendre le but de ma visite, je m’assoie en face de lui et nous commençons l’entretien....Entretiens

PRISONS.

On va les plaindre ! Ils ont tué, violé, braqué, on va les plaindre ! Pauvres prisonniers dans leurs prisons quatre étoiles avec la télé, les journaux, la radio, les produits cantinables, les ateliers de travail, on va les plaindre.
La plupart sont mieux logés, mieux nourris, et en tout cas mille fois mieux soignés, gratis, que chez eux ! J’en connais un qui s’est fait refaire toutes les dents, tout ça remboursé par lez contribuable, on va les plaindre, ils ont des stades et des salles de gym, des profs de dessin, boxe, judo, tous les cours scolaires qu’ils désirent,, et on va les plaindre.....Suite

Magazine hebdomadaire d'actualité satirique
1e année N°19
Prochaine parution mardi 21novembre
Semaine 45 du 13 au 18 novembre

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édito
Chronique à Magnin
Studio Marie

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Mémoires de scènes

HIRONDELLE.

La première ligne de chemin de fer français fut inaugurée en 1847 et plaçait Saint-Germain-en-Laye à 3O minutes de Paris. Cette ligne existe toujours, et si vous passez d’aventure par la capîtale, je vous conseille d’aller vous balader vers Chatou, le Vésinet, St Germain, sur ces pelouses, sentiers, lacs et petites rivières où j’emmène toujours les gens que j’aime bien. On y discute loin des bruits de bagnoles et des sirènes de flics, on y respire un bon air venu des vents dominants de l’Ouest, et l’on s’y nettoie les yeux au spectacle des superbes maisons qui sentent le fric, puisque rien n’est parfait.
L’autre jour, afin de me reposer d’un super festival organisé à Paris avec six de nos spectacles, je prends le RER qui mène à St Germain, toujours imprégné de nostalgie, puisque de mon wagon je peux voir furtivement les endroits où je tombais amoureux entre cinq et douze ans. Un accordéonniste déploie son instrument sur fond de tango argentin, puis passe aux incontournables Amants de Saint Jean, pour finir sur une ritournelle dont j’oubliais vite le titre, occupé que j’étais à contempler, le plus discrètement possible, une beauté venue des sables nord-africains, aux yeux de roses noires, à la peau flattée par les effluves cuivrées du Hoggar, aux cheveux empruntés à la nuit noire, avec des filons d’or, le tout auréolant un visage doux et sévère à la fois, dont la bouche vous aspire tout entier, sans recracher les chaussures. Dire que je tombai désespérément amoureux serait un euphémisme, et, une fois de plus, je me demandai comment le racisme pouvait exister dans ce bas monde....suite

 

UN FILM.

Mais jusqu'où ira Clint Eastwood ? Cet homme n'en finit pas d'enfiler les chefs-d'œuvres, c'est très emmerdant pour les antiaméricains de base qui consacrent leur temps à chier sur les USA sans avoir pris soin d'y mettre les pieds, c'est assurément un défaut dans notre cuirasse des Français-les-meilleurs-du-monde, mais moi je me réjouis toujours de ce que j'ai vu au sortir d'un ciné donnant un film d'Eastwood. Outre les magnifiques westerns dans lesquels il a fait le coup de feu, ce géant mince ne cesse de me ravir, au point que j'éprouve du plaisir à vous le dire. Entendons-nous bien : militant pour la disparition totale de tous les critiques d'art, je ne dis pas que c'est bon, mais que ça me plaît, et si d'aventure un adjectif flatteur glisse de ma plume, veuillez m'en excuser. Le film dont je sors : « MEMOIRES DE NOS PERES », un réquisitoire saignant contre la guerre showbizness, contre la guerre tout court, et qui me fit me même effet que « Les sentiers de la gloire » de Kubrick ou « Le bal des maudits » de Dmytryk. Eastwood a co-réalisé ce film avec Steven Spielberg, ce qui aura pour avantage de faire ricaner les cons, mais le résultat fut déplorable pour les accoudoirs de fauteuil du ciné Max Linder où j'agrippai le velours à maintes reprises, comme un gamin épris de sensations fortes.

Ouais ben mon pote, me dit mon petit doigt, ce que tu viens d'écrire-là, ça s'appelle de la critique.

Oui mais bon.

Au suivant
 

Le vieux Saddam Hussein vient d’être condamné à mort par le tribunal du nouvel Irak. Certes, il n’y a rien de nouveau à condamné à mort un type en Irak, mais cette fois c’est le chef qu’on va zigouiller, comme si nous remettions un Bourbon sur une estrade pour le raser de très près. Le peuple qui élimine son roi en voilà une belle image, non ? Cette condamnation gène tout le monde sauf Bush et ses amis belliqueux qui voient en la peine de mort la joie d’un Dieu. Je vais sans, que personne ne me le demande, répondre à deux questions, la première : « Pourquoi les dictatures redoutent un tel jugement ? »
La réponse est plus évidente que la graisse de Christine Bravo, c’est parce qu’ils redoutent qu’un jour ils ne fassent les frais d’un procès tout aussi absurde que ceux qu’ils accordent à leurs opposants politique. En Libye, on est entrain de laisser crever des infirmières qui sont accusées d’avoir inoculé le virus du Sida à des gosses. Le procès est une mascarade, les infirmières ont fait des aveux sous la torture mais clament leur innocence devant les médias et l’opinion internationale, tout ceci sous les yeux globuleux et suintant le foie gras, des diplomates qui peuvent se féliciter de la lenteur et de l’inutilité de leur prestation dans cette affaire. Donc, à l’intérieur de l’unique neurone de Kadhafi, on peut comprendre qu’il redoute ce genre de justice qui ne correspond à aucune de ses valeurs.

Seconde question : « Pourquoi les démocrates ne peuvent accepter ce jugement ? » Tout d’abord, il faut comprendre que mettre Saddam devant ses crimes est un pas en avant vers la démocratie, le lapider est un pas en arrière, ce qui revient à laisser l’Irak au même point qu’avant l’entrée des forces américaines. Ce qui fait de la guerre en Irak un échec total.

Que va apporter à l’Irak l’exécution de Saddam ? Rien, les Américains qui ont voulu rétablir « l’ordre » dans un pays qui n’était pas la seule dictature existante mais l’une des rare à ne plus avoir la Russie ou la Chine pour « comprendre » ses difficultés, comme elles peuvent comprendre la Corée du nord ou l’Iran par exemple. Les Irakiens sont embourbés dans des conflits ethniques qui, si on s’intéresse au nombre de morts hebdomadaire, n’ont pas l’air de tomber en désuétudes. On peut déjà parier que les religieux finiront pas prendre le pouvoir et qu’ils poseront d’autres problèmes dans un futur plus ou moins proche… mais on arrive à se demander si un chef d’Etat peut être jugé sans que ça ne tourne au règlement de compte ou à une grossière amnistie.

Notre Président, le vénéré Jacques Chirac, pourrait avoir à faire avec la justice, mais on entend partout, même chez certain de gauche, qu’il ne faut pas décrédibiliser la fonction « suprême » et qu’il faut avoir du respect pour celui qui a « dirigé » la France.
On se retrouve donc avec deux sortes de chef d’Etat, les intouchables, pendant le règne, dans les dictatures et les intouchables, après le règne, dans les démocraties. Ce qui est amusant c’est que les intouchables dictateurs n’ont que très rarement la retraite paisible qu’offre les démocraties ; c’est peut-être ce à quoi l’exécution de Saddam par son peuple en délire servira, montrer aux autres dictateurs que finalement expérimenter la démocratie pourrait leur sauver un jour la peau. Sinon, il faut malheureusement se rendre compte qu’un dictateur c’est comme une hydre, si vous lui coupez la tête il en repousse trois.

Anthony Casanova.