SCANDALE.

 

Je ne sais pas si vous vous rendez compte, vous les malades, les grabataires, les cancéreux en phase terminale, les sclérosés en plaques, les leucémiques de huit ans, les myopathes, les malformés rénaux placés sous dyalise, les paralysés de toutes catégories, je ne sais pas si vous pesez l’ampleur du scandale, mais sachez que, sur nos plages de France, LA SURFACE DES PLAGES PRIVEES EST RAMENEE DE 3O A 2O%…
Par décret gouvernemental, du 26 mai dernier.

Premiers concernés, les professionnels de la Côte d’Azur. Non seulement ces pauvres gens étaient riches, mais ils vont devenir un peu moins riches, ce qui est une insulte à la pauvreté, moi je dis, Liliane ! Car, privés de riches, les pauvres n’auraient plus le plaisir de mendier, or la France a besoin de mendiants, comme à Paris par exemple où les tentes des campeurs SDF ont tenu la vedette dans toute la presse. Le pauvre fait partie de notre folklore, on l’expose dans des vernissages-photos, on le fixe sur la toile, on l’exhibe en cartes postales, et on en fait des chansons. On aime les pauvres parce qu’ils ont un cœur, et les riches parce qu’ils ont de l’argent. Tout est en ordre.
Mais cet ordre, il a fallu qu’un gouvernement de droite vienne le perturber, chère Liliane !
En réduisant la surface des plages privées, le peuple mal argenté va occuper 1O% de sable en plus, au détriment des gros culs friqués. Les professionnels du tourisme, en Français les margoulins de merde, vont louer moins de chaises longues !!! Non mais, les mourants, vous vous rendez compte ? Moins de chaises longues, évidemment vous vous en foutez, égoistes, salauds de malades, vous qui bénéficiez à plein temps d’un plumard d’hostau payé par la communauté. Moins de chaises longues sur la Côte d’Azur, Liliane, va falloir s’allonger par terre, comme des scouts, et encore, les scouts fabriquent des hamacs pour les fixer entre deux pins des Landes, mais des pins des Landes à Nice, à Cannes, à Antibes, c’est aussi rare qu’une lueur d’intelligence dans la gueule d’Artur !…Quel séisme ! Et puis, comme le dit un professionnel du tourisme, en Japonais Vatfairenkulé, « nous allons réduire la qualité du service ! ». Obligés d’embaucher des nègres analphabètes et sans-papiers, pour déplier les chaises longues, beuark, des nègres, comme si y’en avait pas assez au Sénégal !
Quand vous demanderez un Coca avec deux glaçons, Liliane, le Camerounais de service vous l’apportera dans un gobelet cartonné recyclé en papier Lotus, que vous en aurez plein les doigts, que ça va poisser, que vous devrez vous rincer dans l’eau de mer, qui poisse aussi, VIVEMENT LA GUERRE !!!
Epicépatout…
Que nous dit la presse indignée ?
« Enfin, la clientèle estivale ne cache pas non plus son incompréhension. « Cela fait plus de vingt ans que je viens à Nice, observe Marie, originaire de Saint Quentin, dans les Yvelines. J’apprécie beaucoup le confort et la sécurité des plages privées, je trouve qu’elles apportent une valeur ajoutée à la Côte d’Azur sans pour autant défigurer son littoral ».
J’aimerais connaître cette Marie, pour l’épouser, et pouvoir ainsi la battre avec un ventilateur branché. Valeur ajoutée. Je t’ajouterais mon pied aux citrouilles, connasse, pour oublier que la plupart des vacanciers ne peuvent pas claquer les 1O euros quotidiens que réclament les professionnels du tourisme !
-Ah mais je vous demande pardon mon cher, quand il s’agit de s’offrir l’apéritif et les cigarettes, ils trouvent l’argent ! Nin !
Autrement dit, le vacancier pas trop friqué devrait se priver de son apéro et de ses clopes pour accéder à la chaise longue.
Moi je dis, parce que c’est moi qui le dis alors je le dis, tout le monde devrait avoir accès gratuitement au littoral comme à toutes les rives des lacs et des rivières. Parce ce que l’eau appartient à tout le monde, au même titre que l’air. Non ? Oh mais, que je suis bête, ignare, inconscient : cette phrase, je l’ai déjà entendue, depuis que j’ai l’âge d’entendre, depuis 1943…Je l’ai entendue, mais jamais, jamais, elle ne trouva d’écho en haut lieu. Sauf, un chouilla, le 26 mai dernier.
Mais ne vous en faites pas, les professionnels du spectacle, vous recouvrerez vos privilèges quand la gauche reviendra au pouvoir !

NB. Que les gros culs ne se vexent pas, cete expression passe-partout ne signifie pas grand chose, et je dirai que, quant à moi, j’aime les larges fessiers et les poitrines ouvertes sur le monde, autant que les fines fleurs aux culs de cerises et aux mini-seins qui tiennent tout seuls. Mais, voyez-vous, on s’exprime souvent, par paresse, avec des expressions déjà mâchées, qui, à force d’être re-pétées, finissent par trahir notre paresse intellectuelle. Je n’aime pas me moquer du physique des gens, de crainte de m’entendre dire : « Commence par toi-même, gros con ! »

CON.
A propos de con, existe-t-il une vraie définition du con ? Qu’est-ce qu’un con ? Peut-on employer cette insulte à toute occasion ?
J’ai bien ma petite idée, elle vaut ce qu’elle vaut et réciproquement. Un con, c’est quelqu’un de désagréable. Là, on est tous d’accord. Un con, c’est quelqu’un que l’on évite. Là, on est tous d’accord. Un con, c’est quelqu’un qui fait chier le maximum de monde. Toujours d’accord ?
Un con, c’est le mec qui met sa sono à fond dans sa bagnole pour emmerder tout un quartier. Toujours ok ?
Un bémol, tout de même : untel pourra vous dire que, loin d’éviter les cons, il les recherche, afin d’essayer de les rendre moins cons. Mais là, nous frôlons la définition de l’amour…

DRAGUE.
J’ai enfin, enfin, trouvé la meilleure façon de draguer !…

Je croise une jolie femme sur le trottoir ou sur la plage.
Sachant que je n’ai aucun pouvoir de séduction instantané, j’évite de lui balancer mon regard pervers et sans lendemain. Au moment où je la croise, je crache par terre.
Splitt !…fait ma langue. Slach !….fait le crachat en touchant le sol. Vous suivez ?
Bon. Si elle m’a bien vu et bien entendu, elle se dit :
-C’est un pédé.
Le lendemain, m’efforçant de la retrouver sur le trottoir ou sur la plage, même cinéma. Splitt !….Slach !…
Là, elle se dit :
-Ce type est vraiment pédé jusqu’à l’os. A l’examen prénatal, quand elle a demandé à l’infirmière si c’était une fille ou un garçon, l’infirmière a répondu « c’est un phoque ! ».
Le lendemain, au lieu de cracher, je lui souris très imperceptiblement. Me sachant pédé, et donc incapable de lui léchouiller la hulotte, elle me sourit très imperceptiblement. Les femmes aiment les pédés, qui sont toujours courtois avec le beau sexe, et qui le demeurent à vie, puisqu’ils ne couchent pas. En effet, le coup de bite a pour effet de transformer le prince charmant en charretier de troisième zône, comme si notre galanterie foutait le camp avec le sperme.
Suivez toujours ?
Le lendemain, je la croise dignement, sans même sourire, avec si possible une démarche élégante, classe, j’ai lavé ma liquette et ciré mes tongues. Elle se retourne lègèrement sur mon passage, et là, hop, je me retourne franchement, et lui dis : « Belle journée, n’est-ce pas ? »
C’est gagné, sauf s’il fait un temps de merde.
Voilà.
Essayez, vous me raconterez !

Patrick FONT

 
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