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UN COURS DE JOURNALISME.
Assseyez-vous.
Nous étudierons aujourd’hui la couverture de l’hebdomadaire VSD, la couverture seulement, car on ne peut pas l’ouvrir sans masque à gaz.
Que dit cette couverture ?
LE 27 JUILLET 2003, IL FRAPPAIT A MORT MARIE TRINTIGNANT.
BERTRAND CANTAT.
SA VIE EN PRISON.
C’est, voyez-vous, ce qu’on appelle la « réinsertion des détenus dans la société ». Bertrand Cantat a fait ce qu’il a fait, a été jugé, purge, comme on dit, sa peine, mais aux yeux d’une certaine presse, la punition est insuffisante.
Cela dit, l’expression « purger sa peine « est une aberration. Sa peine, on la porte jusqu’au dernier souffle, elle vous pèse dessus toute la vie, et ne sort pas de vous quand vous sortez de taule. Rien de plus fidèle que cette douleur récurrente, lancinante, qui marine au tréfonds de vous. Mais ne demandez pas à une certaine presse de prendre ceci en compte, au contraire ! Cette peine, on la supporte ( pas tous ) parce qu’on la mérite, mais on aimerait tout de même que les médias se montrent discrets, voire humains.
On peut rêver.
Donc, trois ans après les faits, on ressert une louchée :IL FRAPPAIT A MORT MARIE TRINTIGNANT, à la une de l’hebdo.
Au vu de ce titre, mon instinct meurtrier se réveille, et ma libido malade s’émoustille. Sang et sexe. Le duo qui fascine les foules. Rien de plus con qu’une foule, le problème c’est que j’en fais partie. Sang et sexe. Shooté par ces deux pulsions, j’achète VSD.
SA VIE EN PRISON.
Prison.
Volupté de la punition. Punir, c’est jouir. Pendant longtemps, l’échafaud, dressé en place de Grève à Paris, était ouvert au public qui s’amoncelait les jours d’exécution. Punir, c’est jouir. Même si je suis capable de commettre le même crime, je jouis de la punition du coupable. N’ayant pas commis son crime, je m’arroge le droit de lui écraser la tête du pied. C’est Monsieur Sale, je suis Monsieur Propre. Et je suis aidé dans cette entreprise de démolition par une certaine presse.
La réinsertion des détenus consiste à leur tendre la main pour qu’ils ne récidivent pas. Il ne s’agit pas de pardonner, mais d’aider à ne pas recommencer. Si on lui tend la main, l’ex-détenu se sent protégé, entouré, conseillé, et jamais SEUL. Seul, on rumine, on se démolit. Avec la compagnie des potes, on se reconstruit. Bref, tendre la main à un ex-détenu, c’est protéger la société, c’est protéger ses proches et soi-même.
Seulement voilà, il faut vendre.
Toujours sur la couve de VSD :
JEAN-PIERRE PERNAUT PRET A TOUT POUR DEFENDRE SON COUPLE.
« JE VEUX QU’ON NOUS FICHE LA PAIX » confie-t-il à VSD.
Avec une grande photo à l’appui.
Si JPP s’est fait prendre en photo par surprise, je ferme ma gueule. Mais s’il a posé, sachant qu’il paraîtrait en couve, pour demander qu’on lui fiche la paix, je l’ouvre.
Et me permets de lui dire « Ohé coco, tu nous emmerdes avec ta vie privée, que tu veux défendre en t’étalant, hé, ce genre de pub on la connaît, c’est toujours pareil, les stars s’indignent d’être jetées en pâture aux foules, alors qu’elles se jettent elles-mêmes dans la fosse aux voyeurs ! On n’a pas assez de ta tronche au JT, faut encore que tu nous la tartines dans la presse, merde, et en plus avec ta grosse en encart, tout ça pour qu’on te fiche la paix ! »
Non, ne prenez pas de notes mes enfants, c’est juste un coup de colère, et je suis bien bête de m’énerver. Mais tout de même, c’est énervant, non ?
Voilà, c’était une leçon de journalisme. Rangez vos affaires, nous allons sortir en récré, on l’a bien méritée, putain !
Message personnel : oui.
CYCLISME : LE MAILLOT RIT JAUNE.
Alors comme ça, on se dope pour gagner ? Ben, ça me rappelle que moi, pour monter sur scène en pleine forme, je me dope au Bordeaux et au whisky. J’ai beau le clamer partout, on n’en tient pas compte. Tout un chacun sait que la plupart des gugusses de scène sont des ivrognes, mais on n’en fait pas cas. C’est injuste. Qu’on se flanque une cirrhose, soit, mais si ça doit passer sous silence et nous priver de pub gratuite, zut ! Y’en a que pour le foot et le vélo. Au nom de tous les artistes de scène frappés d’alcoolémie aggravée, je proteste et je dis bien haut :MENS SANA IN CORPORA PERO !
Patrick FONT |