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TOUJOURS DANS LE NOUVEL OBS de cette semaine, deux articles qui m’ont bien plu : l’un sur la canicule et ses conséquences écologique, l’autre sur l’un de mes acteurs préférés : Michel Serraut. J’ignorais qu’il était très croyant, et que durant le tournage de LA CAGE AUX FOLLES en Italie, il allait tous les jours à la messe à Rome. Croyant, mon acteur culte ? Ah ben, me voilà déculpabilisé de considérer Jésus comme une espèce de pote. Jésus seul, hein, pas le sombre sillage qu’entraîna son passage en Galilée pour aboutir à l’horreur vaticane.

A PROPOS DE VATICAN…
J’entends ici et là des athées convaincus reprocher au pape Benoît XVI de s’être fait embrigader dans les Jeunesses hitlériennes. Allons donc, mes bons ! Comment peut-on reprocher à un ado d’être fasciné par un mouvement de jeunesse, une religion, une idéologie, ou même une secte ?
C’est vraiment chercher des poux dans la tonsure ! Hé les mecs, êtes- vous sûrs de votre comportement si vous aviez eu 18 piges en 1940 ? Auriez-vous tous rallié de Gaulle à Londres ? Auriez-vous instantanément pris le maquis ? Allez, un peu d’humilité, putain, c’est facile de juger l’histoire, et voyez-vous, personnellement je ne reproche pas à l’adolescent Benoît d’avoir défilé dans les Jeunesses hitlériennes. Par contre, je reproche à l’adulte Benoît XVI d’être pape.

UN FILM FRANÇAIS.
En noir et blanc. Un vieux film, qu’est resté jeune, comme tout ce qui est de qualité. Avec Gérard Philippe, Madeleine Robinson, Jean Servais, Julien Carette, ça se passe sous la pluie tambourinante au bord de la Manche, en hiver. C’est lourd de spleen, douloureux à souhait, triste comme un ballon d’enfant perdu dans le sable, et ça s’intitule UNE SI JOLIE PETITE PLAGE… Vu à Paris, évidemment, au studio Logos, quartier Saint Michel, là où tu peux voir et revoir des choses qui te font du bien, même si c’est parfois tristounet. Il ya des larmes qui te nettoient de l’intérieur, quand elles coulent bien, n’est-ce pas. Le merveilleux, avec un tel cinéma, c’est qu’on en vient à aimer la pluie.

UN FILM CHINOIS.
Heu, c’est richement kitch, ça vient de sortir, c’est des combats dans la Chine d’il y a longtemps, ça s’appelle LES 14 AMAZONES, ya beaucoup de sang, de karaté au sabre, de pirouettes, mais bon, ya aussi 14 nanas d’enfer, d’une beauté à t’inscrire dans l’armée de l’empereur en tant qu’infirmier-masseur-guérisseur. Ouaf. En sortant du studio Galande, mon instinct pervers ne fit qu’un tour et j’entendis une petite voix maligne qui me souffla : « Si les 14 sucent aussi bien qu’elles se battent… » Mais faites pas gaffe, je suis con lorsqu’il s’agit de cul. Et ce qui me rassure, c’est que je suis le seul.

UN LIVRE.
Si vous arrivez à le trouver…C’est LA France DE PETAIN ET SON CINEMA, de Jacques Siclier, editions Henri Veyrier. C’est Thierry Rocher, auteur, comédien, et futur chanteur, qui me l’a confié, le temps que je le lise, et ça va être long, vu qu’il fait 457 pages. Il est dit en substance dans ce livre que ni les Allemands ni les autorités de Vichy n’ont lourdement pesé sur la liberté des réalisateurs, et qu’ainsi le cinéma français, avec 22O films tournés en quatre ans, peut se flatter d’avoir traversé une période riche en talents. D’ailleurs, s’il n’y avait eu que LES VISITEURS DU SOIR, on aurait déjà tout lieu d’être contents. Attention, il ne s’agit point ici de minimiser les horreurs de l’Occupation ( pourquoi met-on une majuscule à ce mot ?) mais de mettre un bémol aux criailleries des champions de l’épuration qui n’ont pas tous été monsieur Propre, et balancèrent pêle-mêle dans la charrette tous les artistes qui s’étaient permis de travailler pendant la guerre. Certains de ces justiciers n’avaient pas besoin de bosser pour bouffer, puisqu’ils rackettaient la populace du bout de leurs mitrailleuses. Résistants de la dernière heure. Combien de Tractions avant ai-je vu repeintes aux couleurs FFI en 1945 ! Hé oui, je m’en souviens, ya des images qui marquent à vie. Et puis des chansons :
- Ploum-ploum tralala
- Robin des bois
- Je chante !
- Un rien me fait chanter
- Tout va très bien madame la marquise
- Domino
- La petite diligence
- Couchés dans le foin
- Perrine était servante
- Viens poupoule !
- J’ai deux amours
- Le roi a fait battre tambour
- Ne pleure pas Jeannette
- A la claire fontaine
- Le vieux chalet
- La marche des jeunes
- Nous irons pendre le linge sur la Ligne Siegfried
- Maréchal, nous voilà !
- Horst Vessel Lied
- Lily Marlène
- Sombreros et mantilles
- Caminito
- Marinella
- Adios muchachos
- Le plus beau de tous les tangos du monde
- Etc…
Bon, il va de soi que certains titres ne sont plus à l’honneur dans ma guitare, mais c’est pour vous dire que les chansons, à l’époque, ça nous faisait un joli coin de ciel bleu dans les cumulo-nimbus, n’en déplaise aux imbéciles qui trépignaient face à des talents qu’ils n’ont jamais eus. La jalousie engendre la haine, mes frères, et la haine provoque la guerre.

 

Patrick FONT

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