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Avant-propos
Chers lecteurs, le Coq des bruyères est un journal satirique mais en aucun cas il ne souhaite dormir sur les lauriers qu’à juste titre vous lui dressez. Il faut le dire sans fausse modestie, la modestie est d’ailleurs toujours un peu douteuse, le Coq va repousser pour vous les limites du journalisme d’investigation en donnant une leçon à ses Messieurs du Figaro et de Télérama. C’est ainsi que le Coq a décidé de remplir ses devoirs de journalisme en vous offrant de grands entretiens que lui seul peut obtenir.
Partant du principe élémentaire que c’est en comprenant le passé qu’on obtient une meilleure analyse du présent, voire du futur, le Coq donnera la parole aux grands personnages morts de l’Histoire de l’Humanité avec toute la déontologie qui fait défaut aux autres journaux.
Le Coq remercie tout particulièrement Joseph Allan Kok pour son dévouement et son courage.
Les Entretiens d’outre-tombe de Joseph Allan Kok
Pour inaugurer cette série d’entretien, j’ai souhaité avoir pour parrain l’homme sans qui ces 2000 dernières années auraient été bien tranquilles. J’ai contacté Monsieur de Nazareth il y a environ un mois et nous nous sommes rencontré le dimanche 20 août 2006 à 13h13 heure australienne. C’est dans un appartement assez sombre qu’il m’a reçu en slip de bain, arborant une croix un peu vieillotte mais qui en jette toujours.
J. de Nazareth en quelques dates
An 0 : Jésus fait une surprise à sa maman en naissant le jour de Noël à Bethléem en Judée.
An 27 : Jésus invente les brassards pour les chevilles et marche sur l’eau.
An 33 : Les romains accrochent Jésus sur une croix mais par commodité on accuse les juifs.
An 33 : Jésus revient à la vie pour Pâques car il adore manger des œufs en chocolat.
An 33 : Invention du collier avec un crucifix.
An 33 (un jeudi) : 40 jours après sa résurrection Jésus invente l’ascenseur pour rejoindre son papa : c’est l’ascension.
Joseph Allan Kok : Hello, do you speak English ?
Jésus de Nazareth : non.
J.A.K. : Donc, nous entretiendrons en français ?
J.D.N. : Ca me va.
Comment allez-vous ?
On fait aller. J’ai eu une mauvaise grippe en juin, mais bon, rien qui mérite un nouvel évangile ! (Rire)
A ce propos, on a retrouvé de la paperasse ayant appartenu à Judas… vous l’auriez convaincu de vous trahir.
C’est plus compliqué que ça, disons qu’il vaut mieux ne pas trop picoler avec ses potes la veille de son procès. Il arrive qu’en fin de soirée on exagère et voilà… Judas c’est pas le mauvais bougre… et moi, je tiens pas la Sangria.
Un peu d’actu, la guerre au Liban ça vous chagrine ?
On peut parler franchement ?
Bien sûr !
C’est conviviale, mais ça manque de virilité.
Pardon ?
Il faut dire la vérité. Et vous avouerez que question vérité je m’y connais ! L’islam, c’est une mode, et les modes passent. Prenez John Lennon, il pensait être plus populaire que moi. Il avait sûrement raison, mais il est mort et j’ai repris ma place de numéro 1. Ce qui compte, ce n’est pas la performance de l’instant mais la durée de l’exploit ! Hitler a fait beaucoup de mort en une durée très courte, mais moi j’en ai fait plus sur la durée ! Tout ça pour dire que leur guéguerre ça ne vaut pas une seule de mes croisades ni la période bénie de l’inquisition ! Honnêtement, je suis le meilleur… Il est vrai que le coup des avions aux USA ça en jette. Disons que ma seule faute, c’est d’avoir accompli mes plus belles actions avant l’invention de la télé. Mais bon, je pense que cette guerre en annonce une bien plus drôle… va y avoir du sport !
Mais… et aimez-vous les uns les…
Il faut me lâcher avec ça ! C’était juste une phrase pour coincer Marie-Madelaine qui était aussi bandante que naïve.
Vous avez réussi ?
C’est un sujet délicat… c’était ma première fois et…
Oui…
Vous savez ce que c’est…
C'est-à-dire ?
Oh ! Y a prescription. Disons que lorsque j’ai voulu concrétiser la chose… j’ai joué plus vite que la musique…
Aie !
J’en suis pas fier, c’est un mauvais souvenir.
Passons. Le Liban, pour résumer, vous n’en pensez rien ?
Mais oui ! Vous ne comprenez pas, il faut que les religions prennent le pouvoir, ensuite elles se foutront sur la gueule et c’est à ce moment là que j’apparaîtrais comme le meilleur de tous ! Le danger c’est la démocratie. C’est une idée de salaud !
On peut dire qu’aujourd’hui rien ne vous inquiète ?
La seule chose qui me stress : c’est la rouille.
Quoi ?
C’est terrible la rouille, c’est le fléau de l’Humanité ! D’ailleurs, auriez-vous la gentillesse de me gratter sous le menton, car dans ma position…
Je comprends.
un peu à gauche… un peu à droite… un plus bas… merci, vous êtes bien urbain.
Avant de se quitter un petit questionnaire.
Votre couleur préférée ?
Le gris
Votre film préféré ?
Mon curé chez les nudistes
Votre livre préféré ?
Les communistes d’Aragon.
Votre chanson préféré ?
Petit papa noël
Quand vous voyez Dieu que lui dites-vous ?
Toujours la même chose.
Merci, ce fut un plaisir.
Mes amitiés à Patrick Font.
Pas de problème.
Joseph Allan Kok pour le Coq des Bruyères
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