Sans frontière

 

L'activiste Chen Guangcheng qui luttait contre les avortements forcés, pratiqués par les fonctionnaires de sa région, a été condamné à quatre ans et trois mois de prison ferme, selon la décision du tribunal chinois de sa petite ville de Yinan, dans le Shandong. « Nous sommes révoltés par ce verdict car toute la procédure a été entachée d'irrégularités », s'est exclamé un de ses avocats Me Li Fangping. Car, c’est drôle et tellement digne de la tradition communiste, la police a empêché les avocats du bonhomme de se rendre au procès ! Les avocats, commis d'office par les autorités, n'ont, eux, formulé aucune objection aux accusations du tribunal. Ce qui est délectable, c’est le motif officiel de la condamnation de Chen : « troubles à l'ordre public, dégradation volontaire des biens de l'Etat et obstruction de voies de circulation » même si je suis plutôt favorable à la suppression de la natalité, vous pouvez d’ailleurs écouter sur ce site la chanson Génération sabbatique qui traite de ce sujet, je ne peux qu’être rassuré par la Chine, ce beau et noble pays que tous les gouvernements voudraient avoir comme meilleur ami. Ce qui m’épate, c’est qu’il y ait toujours des avocats en Chine ! Tous les procès sont truqués, à quoi peuvent-ils servir ? Si ce n’est à attendre le verdict devant le tribunal où ils ne sont pas conviés ! Un avocat en Chine c’est comme une chanson de Renaud, ça ne sert à rien.

Soufflons les bougies

Il y a dix les CRS expulsaient les sans-papiers qui occupaient l'église Saint-Bernard, à Paris. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, disait procéder « avec humanité et cœur ». Pour célébrer dignement cet anniversaire, les CRS ont procédé à l'expulsion des immigrés, la plupart des sans-papiers, qui vivaient dans le, paraît-il, plus grand squat de France à Cachan en banlieue parisienne. Le ministre de l'Intérieur a changé mais le vocabulaire est le même puisque l’infatigable Nicolas Sarkozy promet une politique d'immigration « ferme et humaine ». C’est foutrement humain de reconduire un être Humain à la frontière d’un pays qu’il a choisi sans y être né. C’était tout aussi Humain de reconduire les juifs à notre frontière. Je propose à notre ministre de l’Expulsion de coudre au veston des clandestins une étoile filante en papier, c’est joli et ça ne coûte rien. Du Charter au chemin de fer, il n’y a qu’une différence de modernité.

 

Anthony Casanova